jeudi 21 mai 2020

HISTOIRE VRAIE - DES SIÈCLES D'EMPOISONNEUSES



les empoisonneuses
L'affaire Lacoste -  Vergès







Chapitre 2

La foire de Riguepeu attirait beaucoup de monde, d’autant plus lorsque le temps était au beau, et ce fut le cas, ce jour-là, 16 mai  1843.

Le sieur Henry Lacoste, personnage important de la commune, serrait les mains, discutait et buvait aussi beaucoup. Peut-être, d’ailleurs, beaucoup trop. D’autant plus que depuis deux ou trois jours, il ne se sentait pas bien. Maux d’estomac. Maux de ventre.
Malaise passager, pensait-il.
Lorsque cela lui arrivait, en désignant son abdomen, il se plaisait à en plaisanter avec cette expression : « J’ai là mon petit verre de vin ! »
Oui, une phrase pour expliquer ses petits maux récurrents, comme ceux que lui occasionnait une hernie. Car, bien qu’alerte et en bonne santé générale, Henry Lacoste avait ses « vieilles douleurs ». Malgré tout, il « faisait avec » comme on disait alors, afin d’éviter de s’épancher un peu trop abondamment sur ses petits malheurs.

Vers midi, malgré ses problèmes digestifs, Lacoste déjeuna avec Joseph Navarre, le menuisier de Vic-Fezensac, d’une plâtrée de haricots, arrosée d’une mauvaise piquette, affirmant, tout en engloutissant son assiettée que cette nourriture lui ferait grand bien.
Dans l’après-midi, il mangea quelques gousses d’ail, avant de s’attabler à l’auberge Lescure pour y écluser quelques godets avec des amis.
En fin  d’après-midi, ne se sentant pas très bien, mais n’était-ce pas en raison de tout ce qu’il avait ingurgité, il rentra chez lui.
Aussitôt la porte de son domicile franchie, Lacoste se dirigea vers sa chambre et s’allongea sur son lit. Nauséeux, migraineux, il fut également pris de coliques.

Dans la nuit, vomissements et diarrhées se succédèrent.

Euphémie, devant l’état de son mari,  voulut faire venir le médecin. Henry Lacoste s’écria alors :
« Tu veux me faire mourir ! Le médecin ! Tous des charlatans ! J’ préfère de loin le vétérinaire ! »

Un malade pas facile du tout, le sieur Lacoste !

Il faut préciser que depuis bien des années, à vrai dire depuis six ans, Henry Lacoste prenait conseil auprès de M. Meilhan, son voisin.
Pourquoi ?
N’était-il pas instituteur, le sieur Meilhan ?
Alors que pouvait-il bien connaître de la médecine et des potions médicinales ?
Tout simplement parce que Joseph Meilhan avait exercé le métier d’apothicaire.
Joseph Meilhan, il fallait bien l’avouer, avait eu un parcours de vie atypique.
Ancien militaire, puis pharmacien, il avait accepté un poste d’instituteur à Riguepeu afin d’avoir un petit revenu. En effet, cet homme n’avait plus un sou vaillant, ayant tout dépensé dans l’éducation de son unique fils, diplômé en pharmacie, et à qui il avait cédé son officine à Vic-Fezensac, officine qu’il tenait lui-même de son père.
Joseph Meilhan avait donc, de ce fait, des notions médicales et connaissait un grand nombre de remèdes.
D’ailleurs, ne disait-on pas, qu’il avait fait boire à Henry Lacoste, en cet après-midi de foire, une mixture de sa composition qui devait soulager ses maux persistants dus à la présence de la hernie.

Mais revenons à la nuit du 16 au 17 mai, au cours de laquelle le malade n’eut aucun moment d’accalmie.
Le lendemain, Euphémie insista pour appeler un médecin.
Même réponse de son entêté de mari : « Tous des charlatans ! ».
Pourtant, le lundi soir, M. Roubée, médecin à Vic-Fezensac, se déplaça auprès du malade. Les médecines prescrites ne firent aucun effet.
Mardi soir, M. Lasmolles, chirurgien, posa des sangsues sur les bras et jambes de Henry Lacoste. Le résultat fut spectaculaire, Henry Lacoste s’affaiblit d’avantage.
Le docteur Lignac fut demandé le lendemain, mais il arriva trop tard.
Le sieur Henry Lacoste décéda le 23 mai 1843, laissant une jeune veuve, toute vêtue de noire, qui versa quelques larmes.
Une veuve qui, disait-on, oublia dans la quinzaine qui suivit qu’elle se devait, vu les circonstances, gardait la bienséance d’usage à cette époque.


Les mauvaises langues n’aimaient (n’aiment toujours pas) que les règles ne soient pas respectées et, bien évidemment, dans le cas présent, une veuve se devait de pleurer son regretté défunt et vivre en recluse.
Oui, mais Euphémie ne le voyait pas ainsi. A vingt-six ans, elle avait la fougue de la jeunesse et après ces quelques années de mariage vécues comme au bagne, elle désirait avant tout profiter de la vie et jouir de la fortune de feu son époux.



Et puis, il fallait bien l‘avouer, une jeune veuve, fortunée de surcroit, attirait l’attention soutenue des hommes.
Euphémie avait donc le choix !! Alors, comment ne pas résister ?


Pauvre Cadichon....



 
Un âne ..... Ce nom masculin désigne, depuis le Xème siècle, un mammifère domestique utilisé à diverses tâches, mais pas que, car depuis le XIIIème siècle, c’est aussi une personne un peu bête.
Pas sympa pour l’animal !!

De ce mot, en découlent bien d’autres dont la liste serait bien trop longue et fastidieuse à décliner présentement.
Prenons ceux qui, disparus, auraient, à mon avis, le droit de retrouver une place honorable dans notre langage.
Une « asnel », à tout de même plus d’allure qu’une ânesse. Et que pensez-vous de son petit, « l’anichon » ?
« Anichon, mot moins négatif que « ânon », non ? Ah, que oui alors !!



Reprenons.
L’ânon est dans le pré (écrit « asnon » au XIIème siècle).
Et on ânonne depuis 1606 –  ânonner : parler - réciter comme un petit âne, comme le fait aussi le cancre devant sa page de lecture (définition du dictionnaire..... mais je reste perplexe devant un ânon récitant ou parlant ....)
On pourrait dire : L’ânonneur ânonne, et son ânonnement est pénible.
Mme de Sévigné, au XVIIème siècle utilisait le terme « ânnement » à la place d’ânonnement.

Une ânerie (vers 1488) désignait une personne idiote, avant de nommer une parole ou un acte complètement stupide.
Et l’ânier me direz-vous. N’est-ce pas celui qui conduit, qui s’occupe des ânes ? Assurément !
Mais avant, le avant d’avant, vers 1200, ce mot était un adjectif. Son orthographe, en ce siècle lointain, était « asnier » et son féminin « asnière ». Deux siècles plus tard, être « asnier »  n’était en rien un compliment, car, tout comme en 1200, le terme renvoyait une image de stupidité à celui auquel il était attribué.

Pourquoi, en tout temps, s’est-on autant acharné sur cet animal si attendrissant ?
Car, ce n’est pas tout.....


Que pensez-vous du « bonnet d’âne », ce signe distinctif de l’ignorance.
Ce bonnet, posé sur la tête de celui qui ne sait pas, sur la tête du cancre devenu la risée de tous.
Cette « tradition de mauvais goût », heureusement abolie, vient de très loin.




Il faut remonter au XVIème siècle, à la cour des rois, où vivait celui, appelé « bouffon ».
Le bouffon, un homme souvent physiquement difforme et dont la fonction était « d’amuser la galerie ». Lourde tâche que de faire rire le roi, surtout lorsque l’atmosphère devenait pesante et tendue.
Il avait ce pouvoir, le bouffon. Il avait même le droit de proférer des vérités (pas toujours bonnes à dire) devant son monarque en toute impunité, recevant seulement quelques taloches royales lorsqu’il dépassait les limites acceptables.
Le bouffon était coiffé d’un bonnet à plusieurs pointes dont chacune était agrémentée d’un grelot qu’il faisait sonner lors de ses acrobaties. Ce bonnet était de couleur jaune.

L’enfant coiffé du « bonnet d’âne » n’amusait-il pas ses camarades de classe, tel le bouffon du roi ?
Ne disait-il pas, cet élève, des âneries ?
Les diverses pointes du bonnet du bouffon, réduites au nombre de deux, devinrent alors les deux oreilles de l’âne, justement en raison des « âneries » débitées à tort et à travers.

Mais le bouffon des siècles passés n’était pas si stupide que cela. Il avait le sens de la répartie, savait analyser les situations et, connaissant tout ce qui se passait à la cour devait faire preuve de beaucoup de diplomatie, domaine dans lequel il excellait.
Pour être accepté « bouffon du roi », il fallait faire preuve d’une très grande intelligence.
Certains bouffons avaient la confiance illimitée de leur monarque qui leur demandait conseil, loin des oreilles indiscrètes bien évidemment.

Je finirai, en disant qu’il en est de même du cancre qui est souvent un écolier très intelligent, refusant simplement le système scolaire....... Je pense que Daniel  Pennac ne me contredirait pas....


Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert




mercredi 13 mai 2020

Un retour de veste !!




Suite au dernier article « question du jour », de la semaine dernière, il m’a été fait la remarque suivante : « Et la veste !!! »
Puis cette question : Que signifie « se prendre une veste ? »

« Veste », nom féminin apparu vers 1578 dans notre langage courant, fut emprunté à l’italien « vestis » qui désignait un habit, en général.
Puis, le mot fut attribué à un vêtement à quatre pans, porté sous l’habit, descendant jusqu’aux genoux (1670).
Ensuite, la veste devint le nom donné au costume de drap des soldats des diverses armées, ainsi que le vêtement porté par les laquais.

1820, nouveauté dans le domaine de la veste qui courte, boutonnée sur le devant, possédant des manches, était portée avec le pantalon.

Bien sûr, plusieurs locutions s’emparèrent du mot, telle :
 « Remporter – ramasser – prendre une veste » qui, en 1866, s’employait dans le sens de « subir un échec ».

Pourquoi ?

Sans doute suite à un jeu de mots....
Dans le langage  emprunté par les joueurs de cartes, « être capot » voulait dire « être vaincu ».
« Capot » qui, au fil des ans, devint « capote »... de « capote » à « veste » ... peut-être quelques coups de ciseaux... pas plus !!!
Ceci est une hypothèse, tout à fait plausible .... Non ?

Petit retour sur « capot » avant de poursuivre.
« Capot » d’origine inconnue.... ça comme bien !!!
Peut-être un dérivé de l’allemand « Kapout », qui se traduit par « tué »....
Ou encore
De « capoter », terme de marine, utilisé pour « chavirer » ou « échouer ».

Revenons à l’expression « se prendre une veste » et qui pourrait correspondre à « se prendre un échec ».
J’imaginerais, si vous le permettez, une explication plus visuelle......
Imaginez une scène de ménage n’ayant trouvé aucun accord pacifique.
La femme attrape alors la veste de son compagnon et la lui envoie à la figure.
L’homme « se prend alors une veste », sa propre veste d’ailleurs, lui indiquant qu’il n’est plus, pour le moment ou définitivement, souhaité dans les lieux.
Suivra, éventuellement, la valise sur le palier..... Mais là, il s’agit d’une autre locution.....

Je vous avais prévenu que mon explication était visuelle !
Ceci, je le rappelle, n’est que mon interprétation, bien évidemment !!
-=-=-=-=-


Un autre mot qui me vient, via face book, tout droit de mes cousins-cousines de Bretagne, « Jiletenn ».
En breton, c’est ainsi qu’est nommé le gilet sans manche.

Nous finirons avec ce mot.

Kanavo !
Ken Bremaik !


Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert



HISTOIRE VRAIE - DES SIÈCLES D'EMPOISONNEUSES


LES  EMPOISONNEUSES
Affaire Lacoste -  Vergès






Chapitre 1
 
Euphémie[1] vit le jour le 20 décembre 1818 à Mazerolles, dans les Hautes-Pyrénées.
Son père se prénommait Bernard et avait trente-trois ans au jour de la déclaration de naissance. Sa mère était une demoiselle Marie Jeanne Lagleise.
Etre une fille, en ce début de siècle, n’avait rien d’enviable. Une fille se voyait souvent promise (voire monnayée) en mariage, contre son gré.
Et ce fut le cas pour la jeune Euphémie que ses parents avaient donnée à son grand-oncle qui était de quarante-six ans son aîné.
Ce fut donc une toute jeune femme de vingt-deux ans qui s’unit, le 23 mai 1841 à Mazerolle,  à un vieux monsieur de soixante-huit ans.

Quelle joyeuse perspective pour Euphémie qui n’eût, hélas, pas son mot à dire.

L’acte de mariage nous apprend ce qui suit :
Henry Lacoste, rentier, né à Riguepeu dans le Gers, le 8 juillet 1773, était veuf de Louise Doucet, décédée à Tarbes, le 25 avril 1838[2].
Il était le fils de Jean Sancerre Lacoste, décédé à Riguepeu le 21 septembre 1773 et de Elizabeth Tezan, décédée également à Riguepeu, le 20 décembre 1787.

Parmi les personnes présentes, les quatre témoins :
·         Marcel Duffard, âgé de trente-huit ans, cultivateur à Mazerolles.
·         Sébastien Vergez, trente-huit ans également, et cultivateur à Mazerolles.
·         Jean-Pierre Vergez, trente-et-un ans, sans autre précision.
·         Jacques Coussié, âgé de quarante-cinq ans, cordonnier de son état et exerçant dans la commune de Mazerolles.

Le couple vint s’installer à Riguepeu, dans la propriété appartenant au marié et où n’étaient reçues que les quelques connaissances de son époux.

Euphémie s’appliqua à être une bonne épouse, supportant les manies et écarts d’humeur du maître des lieux.
Une bonne épouse !!!
En fait, une servante corvéable à merci, nuit et jour, devant se plier aux caprices de celui  qu’elle venait d’épouser ; acceptant de vivre chichement alors qu’elle savait, Euphémie, que celui-ci avait une fortune considérable qu’il dépensait largement quand l’envie lui en prenait.
Elle savait aussi, Euphémie, qu’elle ne représentait pas grand-chose aux yeux de son mari.
N’était-elle pas uniquement un ventre se devant d’accueillir le futur héritier tant attendu par le sieur Lacoste ?
Car c’était bien là le principal but de cette union, car pour la gaudriole, le sieur Lacoste avait toujours eu recours à certaines de ses servantes ou à des jeunes filles peu farouches du village.
Ce n’était pas médisance, loin de là, chacun le savait, et il payait bien, assurait-on.

Il y avait eu, notamment, depuis l’arrivée de la nouvelle dame Lacoste, Marie Dupuy, servante, qui rejoignait son maître, certaines nuits, dans sa chambre ou l’inverse.....
Lorsque Euphémie apprit ce qui se passait sous son toit, elle renvoya la fille Dupuy avec perte et fracas.
Et également la très jeune  Jacquette Larrieu qui s’était vu proposer de l’argent pour servir de « ventre géniteur ». Ayant un fort caractère, elle avait refusé et était restée au service de Henry Lacoste.

Toutes ces frasques au grand jour, au su de l’épouse, qui elle n’avait pas le droit de sortir seule. Même pour se rendre à l’église, elle était accompagnée de sa servante.
Car, en plus, elle recevait les reproches incessants de son époux qui lui reprochait d’avoir quelques amants.....
Un couple bien mal assorti pour des tas de raisons et qui ne résidaient pas uniquement dans la différence d’âge !!
Un couple qui vivait mal cette union et s’en plaignait.
Lui, le mari, à ses amis Dupany et Lespère, auxquels il avait exprimé, en avril 1843, son regret d’avoir nommé son épouse légataire universel par acte testamentaire[3].
En effet, selon ses dires,  Henry Lacoste souhaitait, à présent, déshériter l’épouse devenue insoumise, mais surtout stérile, puisqu’aucune grossesse n’était annoncée.

Elle, la jeune femme, s’épanchait sur l’épaule du seul ami qui fréquentait son foyer, le sieur Joseph Meilhan.

16 mai 184. Il y avait foule sur la place de la petite commune de Riguepeu. C’était jour de foire.
Henry Lacoste s’y rendit, avec à son bras, sa jeune épouse, Euphémie.


[1] Sur son acte de naissance, l’enfant est prénommé « Ufini ». On trouve  aussi : Eugénie sur certains autres documents.  Nous adopterons, au fil du récit, « Euphémie », prénom utilisé lors du procès sur les dossiers de justice.
[2] Période manquante dans les registres en ligne.
[3] Testament en date du 1er juillet 1841. Les biens de Lacoste, à cette époque, étaient évalués à 700 000 francs.

mercredi 6 mai 2020

HISTOIRE VRAIE - DES SIÈCLES D'EMPOISONNEUSES

LES EMPOISONNEUSES  

Affaire Lacoste -  Vergès

  

Riguepeu ?
Connaissez-vous cette commune ? Savez-vous où elle se situe ?
Non ?
Alors, je vais me faire un plaisir de vous la faire découvrir......
 
Riguepeu est un petit village situé dans le département du Gers.

Actuellement, il compte 207  Riguepeulois et  Riguepeuloises.

Mais ce n’est nullement pour jouer les guides touristiques que je vous entraîne à Riguepeu, et plus exactement au lieu-dit Philibert, traversé par un petit ruisseau du même nom.
Non, vous l’imaginez bien, le dépaysement aurait été bien trop banal.....
Alors ?
Et bien, je vous demande de me suivre, dans le Riguepeu des années 1840.

A cette époque, ce village de  629 âmes défraya la chronique pendant de nombreux mois....

Mais n’anticipons pas trop vite.....

-=-=-=-=-

Le personnage principal de cette affaire, se nommait Henry Lacoste. Il avait vu le jour à Riguepeu, justement, le 7 juillet 1773.
Il était le fils de Jean Lacoste et de Elisabeth Tezan[1]
Henry Lacoste était un homme riche, très riche..... qui, veuf de Louise Doucet[2], depuis le mois d’avril 1838, et se trouvant sans héritier, ne voulait pas quitter ce monde sans pouvoir transmettre ses biens.

Alors que faire, si ce n’était se remarier au plus vite.

Henry Lacoste était comme l’on disait alors, encore vert pour son âge, les servantes de sa demeure pouvaient l’attester et plus d’une avaient quitté son service pour harcèlement,  et surtout, Henry Lacoste avait des biens en propriétés et  l’argent.
Trouver une femme jeune, une génitrice possible, ne devait pas être bien difficile.

Mais il fallait que cette jeune personne ait le caractère mieux fait que la taille, car le sieur Lacoste n’était nullement facile à vivre.

Surtout qu’il ne devait pas avoir que des amis le sieur Lacoste. N’était-il pas « usurier » et sa fortune ne venait-elle pas, en partie, des intérêts que lui rapportaient les prêts d’argent ?

Et il se chuchotait....... comme toujours, tout et son contraire.[3]

Voilà le décor planté !!!

Que pensez-vous qu’il advint par la suite ?



[1] Parents tous deux décédés à Riguepeu, le père le 21 septembre 1773 et la mère le 20 décembre 1787.
[2] Louise Doucet décéda à Tarbes le 25 avril 1838. Pas d’actes en ligne pour les périodes intéressant cette affaire, ce qui laisse un goût d’inachevé..... L’acte de décès aurait pu apporter quelques éclaircissements.
[3] Nous reviendrons sur une affaire de séduction le concernant qui avait mal tournée, pour la jeune fille.

Quelques petits mots...... qui tiennent chaud !





Chandail
Un mot que l’on n’utilise plus guère à présent, remplacé par un mot anglais, « sweat ».
Enfant, je mettais un chandail à la fraîche, aujourd’hui, mes petits-enfants enfilent des sweats.
Ma grand-mère, elle, n’oubliait pas son paletot. !
Le monde évolue !!!

Chandail n’est pourtant pas un mot très ancien. 1894. Oui, bien sûr, cela fait plus d’un siècle tout de même, mais un siècle, en fait, ce n’est pas si long que cela !!
Chandail, un mot qui a pris naissance aux Halles de Paris, car porté par les « marchands d’ail ».
De « marchand d’ail » au raccourci « chandail », il n’y avait, en fait, qu’une syllabe de différence.


Ma grand-mère (cela faisait un petit moment que je ne l’avais pas évoquée) parlait de son chandail, mais aussi de son « tricot ».
Il était d’usage, à son époque, d’enfiler un « tricot » lorsque le temps tournait au froid.
Un « tricot » pouvait être un chandail, un pull-over, un cardigan, un paletot.....
Enfin, tout vêtement confectionné à l’aide d’aiguilles à tricoter (et de laine bien entendu !).

Un tricot est beaucoup plus ancien qu’un chandail, car le mot apparut vers 1660.


Un cardigan ?
D’origine anglaise, il doit son nom à un certain « comte de Cardigan » .......
Eh oui !!! Ça je ne le savais pas et si vous êtes dans mon cas, je suis heureuse de vous l’apprendre !!


Le comte de Cardigan (7ème du nom) vécut de 1797 à 1868. Il affectionnait le port du gilet, veste de laine tricotée et boutonnée sur le devant.
Ce vêtement porté indifféremment par les hommes et par les femmes. Seule petite différence toutefois, le boutonnage.
·         Boutons à gauche pour les femmes
·         Boutons à droite pour les hommes.

Mais revenons un instant sur James Thomas Brudenell, 7ème comte de Cardigan.
Il naquit le 16 octobre 1797 à Hambleden.
Ses parents avaient eu huit enfants. Il était le seul garçon de la fratrie. Il avait sept sœurs !!
Il fit ses études à Oxford où il se montra un brillant élève, notamment en grec et latin. Ses parents se réjouirent de ses résultats, car ils craignaient que la blessure à la tête de leur fils due à une chute de cheval, n’endommageât ses facultés intellectuelles.
Après ses études, curieux de tout, le jeune James Thomas Brudenell entreprit un grand voyage en Europe.

Mais, ce fut grâce à ses faits d’armes qu’il acquit une solide réputation d’incompétence, notamment pendant la bataille de Crimée, au cours de la bataille de Balaklava, le 25 octobre 1854.
Mais, on lui concédait une grande générosité envers ses hommes et une authentique bravoure.
Il fut connu aussi pour son arrogance et son extravagance.

James Thomas Brudenell, 7ème comte de Cardigan, tomba de cheval (encore me direz-vous), mais hélas cette fois-ci, il mourut des suites de ses blessures, le 28 mars 1868 à Dreene Park, dans le Northamptonshire.


Finissons avec le gilet.
Ou plutôt « gillet », puisque c’était ainsi qu’on l’orthographiait en 1664.
Le « gilet » vient de l’espagnol « Gileco », nom donné à un vêtement à manches longues et amples.

En 1736, en France, ce vêtement perdit ses manches peut-être trop encombrantes pour devenir une camisole masculine, sans manche donc, puis un sous-vêtement porté à même la peau : le gilet de peau ou encore le gilet de corps.
Puis, ce gilet fit (et fait encore) partie du costume masculin dit « trois pièces », pantalon, veste et gilet. Le gilet se portant au-dessus de la chemise.



Avec ce « gilet », je termine mon article. Le jour a baissé, il fait un peu frais dans le bureau, je vais vite endosser un paletot......

jeudi 30 avril 2020

MORGUE


Morgue

Aujourd’hui, je vais évoquer un mot absolument pas drôle, mais qui revient très souvent dans le langage des romans ou films policiers, très appréciés, de beaucoup d’entre vous….

La morgue !!!
Car, qui dit crime, dit cadavre, dit morgue…..
Elémentaire, mon cher Watson !!

Morgue. Mot féminin attesté  depuis 1532 et qui, à cette époque lointaine, désignait la pièce où les guichetiers de prison, examinaient les prisonniers avant leur mise  sous écrou, d’où le nom de « morgueur »  qui fut attribué par la suite à ces agents pénitenciers.

Etait-ce en raison du regard méprisant de ces geôliers que « morgue » prit le sens de mépris, arrogance ? Assurément !!

Au XVIIème siècle, la morgue prit le sens moderne  et définitif que nous lui connaissons toujours aujourd’hui, c’est-à-dire, le lieu où est entreposé le corps des défunts. D’abord employé dans les établissements pénitenciers, nommant ensuite  les chambres froides des instituts médico-légaux, avant de désigner les chambres mortuaires des hôpitaux.

Pour en revenir à notre « morgueur », il fut également connu, dans l’administration, sous l’appellation de « Garçon d’amphithéâtre ».

Comme quoi, les mots possèdent des origines souvent bien curieuses……

Maintenant, devant votre « policier préféré », je suis certaine que vous aurez une petite pensée pour l’article ci-dessus……..


Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert