mercredi 15 avril 2026

Le Sauvage – deuxième partie


Philippe Pinel s’était donc désintéressé de l’enfant, quoique pas tout à fait, puisqu’il souhaitait le voir intégrer un de ses hospices.

Un autre psychiatre, du nom d’Esquirol, jugea qu’il ne pourrait jamais évoluer et se détourna de lui.

 Le nouveau directeur de l’Institut des sourds-muets, Jean-Marc Gaspard Itard, un grand savant au cœur admirable, s’intéressa au jeune Joseph, le baptisant Victor. Encore un changement de nom. Après Sauvage, Saint-Serin et Joseph, il devint définitivement Victor.

Jean-Marc Gaspard Itard prit en affection ce Victor qui, étant passé de main en main, commençait à déperir. Visiblement, il lui fallait du calme pour reprendre goût à la vie et commencer à se sociabiliser.

 

Jean Marc Gaspard Itard embaucha une femme, Madame Guérin, qu’il chargea de surveiller son
protégé. Une surveillance continuelle pour laquelle elle toucha un salaire de 150 francs par an.

Elle prit l’enfant chez elle dans une bâtisse délabrée, impasse des Feuillantines à Paris.

Chaque jour, cette gouvernante emmenait Victor faire une promenade dans un parc. Voilà Victor dans son élément : la nature !

Il retrouvait alors son instinct sauvage et grimpait aux arbres avec jubilation. Le faire redescendre était un tout autre problème...

Les jours de neige, malgré le froid, Victor, poussant des cris de joie, se roulait dedans.

Madame Guérin, dans ces moments-là, se trouvait bien démunie, car le jeune garçon devenait incontrôlable.

 

Victor fit peu de progrès. Sourd-muet, son état l’isolait, même au sein de l’Institut des sourds-muets.

Aucun jeu n’attirait son attention.

 

Victor vécut dix-sept années.

Au cours de toutes ces années, il ne dévoila aucun de ses secrets.

Ce qu’on se souvint de lui, c’était qu’il appréciait le vin....

 Au début de l’hiver 1828, Victor décéda. Son corps fut jeté dans une fosse commune.

 

Mais, il ne fut pas si oublié que cela car :

·         Un vaudeville, mis en scène par Emmanuel Dupaty,  intitulé «Le sauvage du département de l'Aveyron ou Il ne faut jurer de rien», fut donné dans la capitale en 1801.

Emmanuel Dupaty – Emmanuel Félicité Louis Charles Dupaty – né le 30 juillet 1775 et décédé le 29 juillet 1851. Auteur dramatique, goguettier et chansonnier.

·         Une statue de basalte, œuvre de Rémi Coudrain,  trône sur la place du Port à Saint-Sernin-sur-Rance, petit bourg aveyronnais, représentant un enfant accroupi le visage caché par une longue chevelure, rappelle le jeune Victor.


·         François Truffaut a réalisé avec brio, en 1970, un film « l’enfant sauvage », racontant l’histoire de ce jeune garçon découvert dans un bois non loin du village de Lacaune en 1797.  

 

Ce fut sans doute « l’enfant sauvage » le plus connu, encore aujourd’hui.

Mais il y en eu beaucoup d’autres.......

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