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mercredi 21 octobre 2026

5 janvier 1836 - En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  dans le journal de Rouen du 1er janvier 1836, on annonce que les agendas de la nouvelle année sont arrivés.

Eh oui ! Qui l’eût cru ?

Cet agenda papier qui, en raison des nouvelles technologies, est de moins en moins utilisé, a presque deux cents ans !

Voilà une information qui a de l’importance et qu’il fallait absolument vous révéler.

Maintenant, lorsque je noterai les rendez-vous et les événements importants me concernant,  ce sera avec un certain respect !



mercredi 14 octobre 2026

1er janvier 1836 - En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  dans le journal de Rouen du 1er janvier 1836, quelques bonnes adresses pour trouver des remèdes contre les maladies de l’hiver.

 

Seule la première annonce donne un prix. Mais quelle est la contenance de la bouteille ?

Pas un litre ou même un demi-litre....

2.50  francs la bouteille ! Quelle dépense, en sachant que le salaire d’une journée de travail de parfois 10 heures, voire plus en été, d’un ouvrier qualifié s’élevait au maximum à 1.80 ou 2 francs.

jeudi 1 octobre 2026

3 juin 1870 - En feuilletant la gazette.

 



Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  à Mauquenchy en Seine-Inférieure.

 

 

Une infraction par un malfaiteur qui devait connaître la maison.

Seize francs, une sacrée somme  pour l’époque !

Des économies pour les durs moments.

 

Pour pouvoir faire connaissance avec cette dame Duval, petit tour dans les listes de la commune de Mauquenchy.

Pas beaucoup de choix, seulement deux recensements les plus proches de 1870 : 1861 et 1876.

 

Recensement 1861 :

  • ·         Duval Eugène – herbager – 40 ans.
  • ·         Barabé femme Duval – Virginie – 30 ans.
  • ·         Duval Eugénie – leur fille – 3 mois.

 

Recensement 1876 :

  • ·         Barabé Marie – veuve Duval – 46 ans – née à Roncherolles-en-Bray.
  • ·         Duval Eugénie – sa fille – couturière – 15  ans – née  à Mauquenchy.

Charles Eugène Duval et Marie Virginie Barabé s’étaient mariés le 22 septembre 1857 à Roncherolles-en-Bray.

Que nous apprend leur acte de mariage ?

  • ·         Charles Eugène Duval,

Né au bourg de Forges-les-Eaux le 30 juillet 1821 - herbager – domicilié à Mauquenchy.

Fils majeur de Charles Nicolas Duval – 64 ans – propriétaire herbager à Mauquenchy, et de Suzanne Victoire Joséphine Ledez, décédée à Mauquenchy le 19 janvier 1846.

  • ·         Marie Virginie Barabé

Née en cette commune le 29 novembre 1830 – domestique – demeurant chez M. Toussaint, cultivateur en cette commune.

Fille majeure et naturelle de Marie Virginie Barabé, décédée à l’Hôtel-Dieu de Rouen le 23 avril 1856, et d’un père non déclaré.

Un contrat de mariage fut établi le 20 août 1857 devant maître Arsène Bochet, notaire à Forges-les-Eaux.

 Les témoins :

  • ·         Patrice Auguste Duval – 32 ans - frère de l’époux.

Et puis trois amis des époux :

  • ·         François Michel Toussaint – 57 ans – propriétaire cultivateur.
  • ·         François Auguste Dalongeville – 51 ans - propriétaire cultivateur.
  • ·         Louis Isidore Désiré Dutot – instituteur public – 45 ans.

 

Leur fille, Eugénie Irma Duval, naquit le 16 février 1861 à Mauquenchy.

Charles Eugène est décédé le 30 avril 1869 à Mauquenchy. Il n’avait que 47 ans.

Marie Virginie Barabé, veuve Duval, quitta ce monde le 10 janvier 1922. Elle vivait à Roncherolles-en-Bray chez son petit-fils, Marcel Eugène, né en août 1888. Marcel Eugène avait repris la propriété de son grand-père : propriétaire herbager.

 

Pas besoin de préciser que le voleur, après avoir dépensé tout l’argent.....  a pris ses jambes à son cou et s’est fait le plus petit possible !!!

Il y a des gens bien malhonnêtes !

 

Voilà ce que je pouvais vous apprendre !!

À la semaine prochaine.

vendredi 25 septembre 2026

1er juin 1870 En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  dans le Jura.

 

Il faisait nuit.

Victor Dubief, rênes en mains, guidait le cheval qui avançait doucement.  La route étant dangereuse car longeant un précipice d’environ quinze mètres,  le moindre écart de l’équidé pouvait être fatal.

La vigilance était donc de rigueur.

Derrière lui, dans le char où avaient été installés, face à face, deux bancs, les voyageurs discutaient de la bonne journée qu’ils venaient de passer.

 

Malgré toute l’attention du conducteur, le drame se produisit.

Le char se renversa, entraînant dans sa chute le conducteur, les passagers et le cheval.

 L’article mentionne que la voie était en réparation en raison d’un récent éboulement de roches et que ce chantier n’était nullement signalé comme le voulait la loi.


Le cheval, surpris, fit un écart qui ébranla le véhicule.

 

Le bilan de cet accident fut lourd :

Deux morts :

  • ·         Victor Bourgeois, horloger, âgé de cinquante-quatre ans.
  • ·         Jacqueline Colin, son épouse, âgée de cinquante-et-un ans.

Malgré leurs  blessures, ils furent reconduits chez eux à Morex, où ils décédèrent peu après :

  • n  Jean Victor Bourgeois décéda le 22 mai 1870 à dix heures du soir. Né à Villard-saint-Sauveur dans le Jura, il avait cinquante-huit ans et exerçait le métier d’horloger.

Il était le fils d’Emmanuel Bourgeois et de Claudine Aimée Lacroix.

  • n  Jacqueline Colin  rejoignit son époux quelques heures plus tard, le 23 mai 1870 à trois heures du matin.

Âgée  de cinquante-sept ans, elle était la fille de Joseph Marie Emmanuel Colin et Jeanne Claudine Odobez.

 Jean Victor Bourgeois et Jacqueline Colin  s’étaient unis le 5 mars 1842 à Morez.

  • ·         Henri Bourgeois, leur fils, eut deux blessures graves à la tête.

Blessures graves en effet, car il décéda des conséquences de celles-ci.

  • n  Charles Henri Bourgeois, né le 10 février 1844 à Morez, est décédé dans cette même ville le 30 décembre 1872 à quatre heures du soir, à l’âge de vingt-huit ans.

Commis négociant, célibataire, fils des défunts Jean Victor Bourgeois et Anne Joséphine Colin.

 


  • ·         François-Léopold Henri, horloger, vingt-six ans, n’a eu qu’un poignet foulé, le gauche, ainsi que la lèvre supérieure coupée.
  • ·         Jeannette Coliget, âgée de quarante-huit ans et demeurant à Genève, eut de petites écorchures au visage et,  surtout, ce qui était plus important, une jambe fracturée.
  • ·         Sa fille, Clarisse Bourgeois, vingt-cinq ans : contusions aux reins et au ventre, ainsi que le bras droit fracturé.

 

  • ·         Victor Dubief, âgé de vingt-sept ans, marchand de vin à Morex, s’en sortit, comme par miracle, sans aucune  égratignure.

n  Victor Dubief avait vu le jour à Morez, le 4 avril 1844 à trois heures de l’après-midi, du mariage de Pierre Joseph Dubief, instituteur, et de Marie Françoise Guy, sans profession.

 

 Le cheval succomba.

Le char fut réduit à un tas de petit bois.

 


Une journée qui aurait pu être un merveilleux souvenir et qui se termina tragiquement.

 

                                                                                À la semaine prochaine pour un nouvel article.

 

samedi 19 septembre 2026

1er juin 1870 - En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  dans la ville du Havre, en Seine-Inférieure.

 

Une fenêtre ouverte.

Une mère occupée à préparer le repas du soir.

Un jeune enfant qui se hisse pour regarder par la fenêtre.

En dessous, c’est le vide. L’appartement se trouve au troisième étage.

L’enfant gazouille, inconscient du danger.

Puis, la chute !

Douze mètres plus bas, l’enfant semble être indemne.

 

Après avoir dévalé en hurlant les marches des trois étages, Estelle Vanhecke, épouse Delaunay, trouve son fils sur le sol ; elle le prend dans ses bras. Ses sanglots redoublent.

Le petit lui sourit, peut-être fier de son exploit.

Autour du couple mère-enfant, les voisins et les passants se regroupent, donnent des conseils, pour certains, car d’autres accusent la pauvre mère de n’avoir pas surveillé son rejeton.


L’enfant est conduit à la pharmacie la plus proche, celle du sieur Guéroult qui ne constate aucune fracture, juste quelques contusions sans gravité.

Le docteur Lecadre fait le même constat, émettant toutefois la possibilité d’une « congestion cérébrale » - on dirait aujourd’hui un traumatisme crânien.

Il faut surveiller le bambin, qu’il ne fasse pas de syncope, qu’il ne vomisse pas.

 

Comment ai-je pu trouver le nom de la maman, celui-ci n’étant pas mentionné dans l’article ?

 

Un enfant, Henri Delaunay, onze mois, vivant au Havre.

Il y avait bien des chances qu’il soit né dans cette même ville.

Recherches dans l’état civil des naissances de 1968 à 1970.

Bingo !

Un petit Henri Maurice est bien né au Havre, le 7 avril 1869, à 10 heures 15 minutes, rue de la Chaussée.

Les parents du nouveau-né :

  • ·         Georges Maurice Delaunay, commis de courtier, 35 ans.
  • ·         Estelle Vanhecke, sans profession, 34 ans.

Les témoins, non parents et domiciliés au Havre, ayant signé l’acte de naissance :

  • ·         Alexis Rey, miroitier, 69 ans.
  • ·         Charles Guilloz, commis de courtier, 22 ans.

Une précision sur l’acte de naissance de l’enfant : les parents se sont mariés au Havre le 29 juin 1867.

 

Facile ensuite de reconstituer la famille :

  • ·         Georges Maurice Delaunay

Né à Caen, dans le Calvados, le 9 avril 1834, demeurant au numéro 3 de la rue de la Chaussée – Le Havre. Fils naturel de Virginie Pauline Delaunay, sans profession.


  • ·         Estelle Vanhecke

Née à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, le 9 avril 1835, demeurant avec sa mère, Madeleine Péronne Estelle Coquelin, au numéro 139 de la rue de Paris, au Havre.

Son père, François Vanhecque était décédé à Boulogne-sur-Mer, le 27 août 1854.

Témoins au mariage :

  • ·         Jean François Guilbert, commis, 35 ans.
  • ·         Paul Fatras, commis, 32 ans.
  • ·         Jacques Duclos, propriétaire, 76 ans.

Tous trois amis et demeurant au Havre.

  • ·         Jules Coquelin, dentiste, 48 ans, oncle de la mariée, demeurant la ville du Havre, également.

 Aucun renseignement sur le docteur Lecadre, médecin.

 


Rassurez-vous, j’ai fait des recherches sur un éventuel décès d’un petit Henri Maurice dans les mois et années qui suivirent.

Rien !!

Le bambin n’a eu aucune suite fâcheuse !

Je peux encore vous préciser qu’en 1889, Henri Delaunay habitait à Buenos Aires et exerçait le métier de mécanicien-dentiste, métier du tonton Jules.

Les  parents Delaunay, eux, demeuraient toujours au Havre, à cette  date.

 

À la semaine prochaine pour un nouvel article.

samedi 12 septembre 2026

1er juin 1870 En feuilletant la gazette.

 


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  non loin de Verneuil-sur-Avre.

 

De tout temps, les incendies accidentels par imprudence ont existé.

En voici la preuve !

Un fumeur aurait été à l’origine de la destruction de deux hectares d’un bois taillis appartenant à Monsieur de Petiteville.

De nouveau, me voilà Sherlock Holmes.

Qui était ce Monsieur de Petiteville ?

 

Un long moment de recherche et voilà ce que révèlent les recensements des années 1891, 1896 et 1901 de Gournay-le-Guérin, non loin de Verneuil-sur-Avre dans l’Eure.

 

Recensement 1891 :

  • ·         De Petite Ville Raymond – 78 ans – cultivateur.
  • ·         Avec lui, au foyer, quelques domestiques agricoles.

 

Recensement 1896 :

  • ·         De Petiteville Raymond – 82 ans – rentier.
  • ·         De Petiteville Robert – 47 ans – ministre plénipotentiaire (ambassadeur) – fils.
  • ·         Treilhard Julie – 34 ans – épouse de Robert.
  • ·         De Petiteville Raymond – 12 ans – fils de Robert et Julie.
  • ·         De nombreux domestiques agricoles et de gens de maison.
  •  

Recensement 1901 :

  • ·         De Petiteville Raymond – 87 ans – chef de famille.
  • ·         De Petiteville Robert – 53 ans – rentier – fils.
  • ·         De Petiteville Raymond – 16 ans – petit-fils.
  • ·         Treilhard Julie – 39 ans – épouse de Robert.

 

Avec ces renseignements, il fut aisé de retrouver les actes dans les registres d’état civil et de trouver plus amples informations sur différents sites Internet.

 


Concernant Raymond de Petiteville (Charles Raymond Gouhier de Petiteville) :

Il est né le 26 janvier 1814 à Verneuil-sur-Avre (Eure) du mariage de Louis Auguste de Gouhier de Petiteville et d’ Alexandrine Millard.

Son père était Chevalier de Saint-Louis – vicomte de Petiteville.


Il épousa, le 7 septembre 1840, la demoiselle Henriette Berthilde Hue de Carpiquet de Gromesnil. La cérémonie eut lieu dans la ville natale de la mariée, à Cottévrard en Seine-Inférieure.

Sa carrière, avant de se retirer à Gournay-le-Guérin :

  • ·         Élève à Saint-Cyr : 19 novembre 1831.
  • ·         Sous-lieutenant à l’école de cavalerie de Saumur : le 27 décembre 1833.
  • ·         Lieutenant au 6e régiment de chasseurs à cheval, en1835. Il démissionna cinq ans plus tard.
  • ·         Lieutenant-colonnel des mobiles de l’Eure en 1870.
  • ·         Maire de Gournay-en-Bray de 1860 à 1870.
  • ·         Plusieurs fois candidat à la députation, sans jamais être élu.
  • ·         Chevalier de la Légion d’Honneur.
  • ·         Il acheva la construction du château de Petiteville commencée en 1812 et agrandit l’église.

 





 Raymond de Petiteville (Charles Raymond Gouhier de Petiteville) décéda le 19 avril 1901 au château de Petiteville – Gournay-le-Guérin (Eure).

  


Concernant Robert de Petiteville (Robert Charles Guillaume Gouhier de Petiteville) :

Fils de  Charles Raymond Gouhier de Petiteville et de Henriette Berthilde Hue de Carpiquet de Grosmesnil,  il vit le jour le 3 mai 1847 à Varneville-Bretteville en Seine-Inférieure.

Il épousa, en 1883, demoiselle Julie Marie Jeanne Treilhard.

Sa carrière fut des plus brillantes    :

  • ·         Diplomate attaché à Saint-Pétersbourg, en mai 1867.
  • ·         Diplomate nommé à Vienne, de 1869 à 1874.
  • ·         Troisième secrétaire d’ambassade à Constantinople, années 1874 et 1875.
  • ·         Londres ensuite de 1875 à 1878.
  • ·         Second secrétaire à Pékin de 1878 à 1880.
  • ·         Premier secrétaire à Constantinople de 1880 à 1882.
  • ·         Londres, ensuite, de 1882 à 1886.
  • ·         Consul général à Beyrouth de 1886 à 1894.
  • ·         Ambassadeur au Mexique de 1894 à 1896.
  • ·         Mars 1896, en poste en Bulgarie.

 Mazette !! Un sacré parcours !

La vie au château de Petiteville a dû lui paraître bien morne.

Robert Charles Guillaume Gouhier de Petiteville décéda le 12 juillet 1915 à Gournay-le-Guérin.

 

De ses épousailles avec Julie Marie Jeanne Treilhard,  naquit Raymond Jules Charles, le 7 juin 1884 à Londres.

Raymond Jules Charles Gouhier de Petiteville, sous-lieutenant dans l’armée lors de la Grande Guerre mourut pour la France en 1918, porté disparu entre le 12 septembre 1918 et le 11 novembre 1918 Raismes (59), selon le jugement du tribunal civil de première instance d’Évreux.

 


Et tout ce qui précède, parce qu’un certain jour de mai 1871, un fumeur mit  le feu, involontairement, à un bois taillis !

Comme quoi, avec chaque petit article, il est possible d’écrire un roman !

mercredi 2 septembre 2026

1er juin 1870 - En feuilletant la gazette.


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, dans le journal de Neufchâtel du  1er juin 1870 : quelle histoire ! 

 


Un matin comme les autres à Blangy-sur-Bresle.

 Adolphe Litté rencontra son voisin Toussaint Sivi. Ils habitaient, tous deux, place du Marché aux Chevaux.

Toussaint faisait triste mine, sa santé n’était pas bonne, il ne pouvait plus exercer son métier de menuisier. Adolphe lui demanda des nouvelles et, après un court échange, les deux hommes se séparèrent.

Adolphe Litté était pressé, il devait embaucher. Son métier : cloutier.

Toutefois, tournaient en boucle dans sa tête, comme un mauvais refrain, les paroles de son voisin et surtout :  « ... adieu la compagnie : n,  i, ni, c’est fini, je serai noyé. » . Il savait, Adolphe, que les paroles dépassaient souvent les actes, mais si, toutefois, Toussaint... Non, il ne le ferait pas !

 Adolphe s’en voulut longtemps de n’avoir pas été plus attentif à son voisin, mais pouvait-il empêcher la détermination de ce pauvre homme ?

 

Le corps de Toussaint Sivi fut retrouvé le 22 mai 1870, à six heures du soir, dans la rivière Bresle, près du Moulin aux Armures.

L’acte de décès précise :

Fils de feu Augustin Sivi et feue Marie Françoise Sauzel.

Veuf de Laurentine Désirée Beaurain, mariés à Blangy le 7 avril 1825.

Son décès fut déclaré en mairie par :

  • ·         Jules Léonce Bellancourt, médecin, âgé de cinquante-sept ans.
  • ·         Louis Lotte, garde-champêtre, âgé de cinquante-cinq ans.

  

Qui étaient ces deux hommes ?


La liste du recensement de 1861 contient les informations suivantes :

  • ·         Adolphe Litté – cloutier – 40 ans – chef de famille.

Rignon Adelphine – épouse – 40 ans.

Clémence Litté – fille – 14 ans.

Au foyer, trois nourrissons en garde.

  •  ·         Toussaint Sivi – sans profession – veuf – 63 ans.

Jules Sivi – journalier – fils – 20 ans.

 

D’autres sources ont apporté d’autres informations :

Adolphe Litté  (Charles Martin Adolphe)

Né le 17 février 1826 à Offranville (76) – fils de Martin et Marie Marguerite Souillard.

Marié le 18 mai 1853 à Foucarmont (76) à Adelphine Rignon – née le 1er novembre 1825 au lieu-dit Romaine à Ponthoile (60) – décédée le 24 décembre 1871 à Blangy-sur-Bresle.

L’acte de mariage stipule que le couple reconnaissait un enfant de sexe féminin, né  le 2 mars 1852 à Nouviou (80). La petite fille, prénommée Clémence Adelphine Augustine, fut reconnue par ses deux parents, le jour de leur union.

Adelphine Rignon, épouse Litté, était décédée à l’hospice de Blangy, le 24 décembre 1871, à 7 heures du matin. Louis Marc Antoine Dailliers, administrateur de l’hospice, et Eugène Dajon, médecin dans l’établissement, déclarèrent le décès.

Adolphe Litté quitta ce monde après son épouse. Je n’ai trouvé ni la date, ni le lieu.

 

Toussaint Adolphe Sivi

Né le 31 octobre 1903 à Abbeville (80).

Fils d’Augustin Sivi et Marie Françoise Sauzel.

Marié le 7 avril 1825 à Blangy-sur-Bresle à Laurentine Désirée Beaurain.

  

Un petit mot pour finir :

  • Le Moulin aux Armures existait déjà en 1658.
  • Au 19ème siècle, il servait de moulin à tan – broyage de l’écorce de chêne pour tanner le cuir.
  • À la fin du 19ème siècle, il devint une centrale électrique.
  • Aujourd’hui, ne subsistent de cette centrale que les deux vannages et deux turbines.

 

Un petit article qui a pu apporter beaucoup de renseignements.

J’espère que les explications vous ont amusés.

mercredi 26 août 2026

6 mars 1912 cyclone et tempête

 

En feuilletant la gazette.

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  6 mars 1912, les éléments se sont déchaînés.

 





La tempête a tout emporté, même les informations sur les différents lieux touchés.



Des tempêtes, il y en a eu de tous temps, et elles faisaient des dégâts comme nous en voyons aujourd’hui, hélas !



Je vous laisse prendre connaissance de quelques articles concernant cette « tempête en Normandie ».

jeudi 20 août 2026

En feuilletant la gazette. Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

 


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 18 mars 1865 à Quévreville-la-Poterie.

 

Un article parlait d’un terrible incendie.

Dans une ferme à Quévreville-la-Poterie, cinquante mètres de bâtiments ont été détruits par les flammes.

Dans ce bâtiment, quarante moutons, qui n’ont pu être sortis à temps, ont péri.


Les pompiers de Boos étaient intervenus, mais en raison du brasier trop intense se nourrissant de la paille engrangée, ils n’avaient pu sauver le bâtiment. Leurs efforts se portèrent sur la maison toute proche, afin qu’elle ne s’embrase pas à son tour.

Le plus terrible fut au moment de nettoyer les lieux, de découvrir les cadavres des animaux amassés devant la porte de leur bergerie. Un crève-cœur pour le cultivateur.

Une perte estimée à 10 000 francs.


Heureusement, le propriétaire, Alphonse Hardy, avait eu la prudence d’assurer ses biens, ce qui n’était pas encore le cas pour un grand nombre de familles et cultivateurs.

L’Ancienne Mutuelle, au XIXème siècle, avait de nombreux adhérents en Seine-Inférieure (devenue Seine-Maritime) et dans l’Eure. Cette compagnie d’assurance existe toujours.

 

Revenons sur le malheureux propriétaire.

Mon premier réflexe fut de consulter les listes de recensement de Quévreville-la-Poterie.

·         Année 1861,  juste avant l’incendie, apparaissent bien :

o   Hardy Alphonse – 55 ans et son épouse, Andrieu Henriette - 44 ans.

·         Année 1866, un an après l’incendie, apparaissent toujours :

o   Hardy Alphonse – 59 ans et son épouse, Andrieu Honorine – 47 ans.

                             Avec eux, au foyer, un fils de 20 ans, prénommé Alphonse (ou Alfonse).

 

Les recenseurs, en cette époque, n’étaient pas très pointilleux.

L’épouse Hardy, née Andrieu, se voyait prénommée Henriette en 1861 et Honorine en 1866.

À la décharge des recenseurs, les recensés ne savaient pas toujours leur date exacte de naissance et, portant souvent le prénom de leur père ou père, se désignait par un autre prénom pour se différencier.

 

Afin d’être précise, j’ai consulté les actes d’état civil, en ciblant surtout Quévreville-la-Poterie et ses alentours.

 


L’acte de mariage est la source suprême dans les recherches généalogiques. On y découvre le nom des futurs avec leur date et lieu de naissance et le nom de leurs parents respectifs.

Les témoins apportent aussi des renseignements non négligeables, surtout s’ils sont membres de la famille des mariés : frère, oncle, grand-père, cousin......

 

Monsieur Hardy a épousé Mademoiselle Andrieu, le 15 octobre 1844 à Saint-Aubin-Celloville.

Sur l’acte, la future avait décliné les prénoms de Geneviève Victorine, prénoms confirmés par son acte de naissance, en date du 21 août 1818.

Alphonse Hardy avait vu le jour le 7 octobre 1806. Les époux comptaient douze ans de différence d’âge.

Ce qui correspond aux âges notés sur les recensements.

Pourquoi « Henriette », en 1861 ? Mystère !

Quant à « Honorine » en 1866, mettons cette erreur sur un défaut d’audition du recenseur, ayant modifié « Victorine » en « Honorine » !

 

L’article de presse mentionne également :

·         Monsieur le Maire de Quévreville- la-Poterie :  Monsieur Florentin Poulain.

·         Monsieur le Curé de la commune : Edmond  Brière, né à Séez dans l’Orne, le 2 novembre 1825 et décédé dans sa paroisse le 5 février 1885, à neuf heures trente du soir, à l’âge de cinquante-neuf ans.

·         La gendarmerie de Boos et, bien sûr, les pompiers sans qui la maison se trouvant près des bâtiments en feu se serait enflammée, elle aussi.

 

Et l’enfant ? Il a sans doute reçu une bonne fessée. Ne lui avait-on pas, à plusieurs reprises, interdit de jouer avec des allumettes ?