vendredi 20 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Besnoît – La remplaçante 3

 


 
Marie Françoise Joséphine Dolléans avait trente-trois ans lorsqu’elle mit au monde un petit garçon, le 24 janvier 1838 à Courbehay[1]. Ce fut Jean Baptiste Dolléans, âgé de quatre-vingts ans, qui alla déclarer la naissance de son petit-fils auquel avait été donné le prénom de Pierre Alphonse.

Marie Françoise Joséphine vivait chez ses parents, elle n’était pas mariée. Pierre Alphonse était un enfant dit naturel.

 

François Louis Damien  Benoist eut-il recours aux services de Marie Françoise Joséphine après le décès de son épouse Marie Françoise Magdeleine, en février 1839 ?

Une marieuse se chargea-t-elle de négocier un mariage entre la jeune femme, pointée du doigt par les voisins en raison de son état de fille-mère et l’homme récemment veuf, recherchant une femme pour tenir son ménage ?

Les questions resteront sans réponse, malheureusement, et je suis la première à le regretter.

 

Tout ce que je peux vous dire avec certitude, c’est que François Louis Damien  Benoist et Marie Françoise Joséphine Dolléans se marièrent le 23 octobre 1839 à Péronville.

  

Adolphine vit sa maison envahie, non seulement par la remplaçante de sa maman, mais également dut subir l’arrivée d’un « petit frère » qui n’en était pas un.

Et ce ne fut pas tout !

Deux enfants naquirent à la suite du remariage de son père :

·         Césarine Joséphine, le 28 juillet 1840.

·         Désiré Alfred, le 19 décembre 1842.

 

À la naissance du petit Désiré Alfred, Adolphine avait huit ans.

Devenue grande sœur, elle devait effectuer des tâches ménagères pour soulager sa belle-mère !

 

La fillette n’acceptait pas sa belle-mère, mais les deux nouveaux bébés qui lui tendaient les bras étaient irrésistibles.

 

Quelques années plus tard, des événements étranges se produisirent au logis. Des objets se déplaçaient tout seuls, uniquement lorsqu’Adolphine se trouvait dans la maison. Ces phénomènes qui ne durèrent pas longtemps furent vite oubliés lorsque le foyer retrouva son calme.

 

Marie Françoise Joséphine Dolléans avait un  petit-cousin[2], Jean François Louis Damien Dolléans  meunier à Guillonville. Il cherchait une domestique de ferme. Alphonsine, à quatorze ans, étant capable de s’occuper de jeunes enfants, d’un potager et d’une basse-cour, il fut acté qu’elle irait au moulin. Elle fit alors son balluchon et quitta le foyer paternel.

 

C’était à l’été 1848, tout se passait très bien jusqu’à.......

 



[1] Courbehay – Eure-et-Loire.

[2] Leurs grands parents : Jean Baptiste Dolléans (1758 – 1838) et Louis (1825 - ?) étaient frères. Fils de Jean Dolléans et Marie  Louise Thomas.

mercredi 18 février 2026

Un zigomar

 


 Le mot zigomar est récent puisqu’existant dans notre langage depuis 1916.

Il est sorti tout droit du roman d’aventures de Léon Sazie « la bande des zigomars »

 

Ce fut donc Léon Sazie qui créa le personnage de Zigomar avec une première parution de ses méfaits en 1909 dans le journal Le matin.

Zigomar, un grand criminel portant une cagoule rouge afin de garder l’anonymat, est le chef d’une bande de malfaiteurs bien connue sous le nom de : la bande à Z.

Tout ce petit monde exerçait leurs criminelles activités à Paris.





Léon Sazie remporta un immense succès dès la première parution, aussi entre 1909 et 1924, il publia six romans. En 1938, sortit un recueil de nouvelles.

Zigomar fut adapté au cinéma par Victorien Jasset, trois films entre 1911 et 1913.

 

Étant donné les informations qui précèdent, vous aurez compris qu’un zigomar est un malfaiteur qu’il faut éviter de croiser.

 

Zigomar donna les diminutifs de zig et zigoto.


 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

samedi 14 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoist – l’enfance d’Alphonsine 2

 

Jean François Louis Damien Benoist naquit en septembre 1797 à Villamblain dans le Loiret. Il épousa une jeune fille, Marie Françoise Magdeleine Bellenoue, née à Péronville en novembre 1794.

La future travaillait à Epieds dans l’Eure, comme servante domestique.

Les noces furent célébrées le 3 juillet 1821 à Péronville où les jeunes époux vinrent s’installer.

À cette époque, l’ouvrage ne manquait pas, il fallait des bras pour les travaux des champs.

 

Le foyer Benoist accueillit son premier enfant neuf mois plus tard, le 30 avril 1822. Ce fut une fille, baptisée, Prudence Eugénie.

Arrivèrent ensuite :

·         Magloire désiré, le 29 février 1824.

·         François Honoré, le 1er avril 1826.

·         Victoire Honorine Clémence, la 1er octobre 1829.

·         Et enfin, Désirée Armandine Adolphine, le 27 janvier 1834.

 

En sa qualité de dernière-née, Adolphine restait auprès de sa maman, tandis que les plus grands participaient déjà aux diverses tâches domestiques et agricoles.

 

Toutefois, comme dans beaucoup de foyers, deux enfants quittèrent ce monde.

La petite Prudence Eugénie décéda le 5 novembre 1823. Elle n’avait que sept mois. Puis ce fut Magloire désiré, âgé de dix ans, le 1er septembre 1836.

 

Malgré le chagrin, il fallait avancer. C’était ainsi.

 

Mais le pire, fut le jour où Marie Françoise Magdeleine tomba malade et rejoignit dans le petit cimetière de Péronville, ses deux enfants déjà disparus.

Le 4 février 1839, Jean François Louis Damien Benoist devint veuf, avec à charge trois enfants dont la dernière, Alphonsine, venait de prendre cinq ans.

Victorine Honorine Clémence, l’aînée des enfants encore en vie n’ayant pas encore dix, il était difficile de lui imposer le fardeau de remplacer la mère de famille. Elle était courageuse, Victorine, mais le travail était démesuré pour ses frêles épaules.

 

Dans cette première moitié du XIXème siècle, un veuf avec enfants n’avait d’autres choix que de trouver rapidement une « remplaçante ». Une jeune veuve avec enfants également ou une célibataire n’ayant jamais trouvé de prétendant.

Il y avait, dans les villages, des « marieuses ». C’était à elles que revenait la lourde mission de dégotter la « perle rare ». Ce n’était pas toujours aisé et il fallait souvent négocier.

Parfois, les marieuses ne s’avéraient pas nécessaires, il y avait toujours une cousine éloignée qui, après le décès de la maman, venait au foyer pour aider et prendre soin des petits. Bien évidemment, cette situation faisait jaser... ne laissant qu’une seule issue, le mariage.

 

Qu’en fut-il pour Jean François Louis Damien Benoist ?

mercredi 11 février 2026

Gibbeux (euse)


 

Gibbeux (euse) – adjectif attesté au XVe siècle, emprunté au bas latin gibbosus (bossu) de gibbus (bosse).

 

Gibbeux : qui est pourvu d’une ou plusieurs bosses (1590).

Gibbeux : qui a la forme d’une bosse.

 

Une gibbosité (1490) : bosse produite par une difformité de la colonne vertébrale.

Une gibbosité (1803) : proéminence en forme de bosse.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du


                  
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 6 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoît – introduction 1

 


Ce qui va suivre a bien failli ne jamais voir le jour faute de renseignements suffisants pour un écrit intéressant et cohérent.

Le cas d’Adolphine Benoist ne comptait que quelques petites phrases dans les journaux, délivrant parcimonieusement des bribes de l’histoire.

Un lieu dans l’Eure-et-Loir, le nom d’un meunier à Guillonville et des phénomènes étranges...

 

Il m’a fallu beaucoup de temps et une immense patience pour recentrer les événements géographiquement, replaçant les personnes dans leur environnement.

Des heures à parcourir listes de recensement et Etat civil. 

 

Après des efforts minutieux et sur-concentrés, je vous emmène à présent dans l’Eure-et-Loir....

 

En ce début d’année 1849, Désirée Armandine Adolphine venait de prendre quinze ans[1]. Dernière-née de Jean François Benoist[2] et de Marie Françoise Magdeleine Bellenque, elle avait été placée l’année précédente, comme fille de ferme,  à Guillonville.

 

Jean François Louis Damien Dolleans était meunier à Guillonville. De son mariage avec Marie Césarine Angélique Gaucheron, célébré le 8 juin 1841 à Guillonville, de nombreux enfants avaient déjà vu le jour, aussi l’aide de la jeune Adolphine s’avérait plus que nécessaire, d’autant plus qu’elle était efficace.

 

Mais avant de vous conter les événements de 1849, je souhaite revenir en arrière jusqu’au temps de l’enfance d’Adolphine.



[1]  Désirée Armandine Adolphine BENOIST - Née le lundi 27 janvier 1834 – Péronville – Eure-et-Loir.

[2] Deux orthographes sur les divers documents : Benoit et Benoist.

mercredi 4 février 2026

Un gibier

 


Gibier, nom masculin, découlant de l’ancien français gibiez (vers 1178).

Aller an gibiers : aller à la chasse.

 

Le gibier, en 1377, désigne la viande d’oiseaux chassés.

Le gibier, vers 1539, nomme l’ensemble des animaux bons à manger, pris à la chasse.

 

Au sens figuré, vers 1480, un gibier est une personne que l’on poursuit.

Toujours au sens figuré, en 1668, le gibier de potence qualifie un malfaiteur digne d’être exécuté.

 

De gibier découle :

·         Giboyer – verbe – orthographié au XIIIe siècle : giboïer : chasser les oiseaux.

Ce verbe giboyer prend le sens de chasser en général au XVIe siècle.

 

En 1679, le chasseur utilisait de la « poudre à giboyer » : poudre de chasse.

 

Un giboyeur, nom ancien du chasseur, en usage à partir de 1581, est sorti de notre vocabulaire.

Par contre, l’adjectif Giboyeux (euse) (attesté depuis 1700) est toujours utilisé pour qualifier un étang, un fleuve, une mer ou encore une forêt riche en poissons et en gibier.

 

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

mercredi 28 janvier 2026

Une giberne

 



 

Ce nom féminin, une giberne (1573), est probablement issu du bas latin zaberna (IVe siècle).

Giberne eut avant deux orthographes différentes :

·         Gabarna.

·         Gaberina.

 

Une giberne, sorte de bissac, de gibecière.

·         En 1448 : équipement militaire consistant en une boite recouverte de cuir pour mettre les cartouches.

·         Au début du XXe siècle : sac de l’écolier.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert