Non pas
celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.
Ce jour-là, 18
mars 1865 à Quévreville-la-Poterie.
Un article
parlait d’un terrible incendie.
Dans une
ferme à Quévreville-la-Poterie, cinquante mètres de bâtiments ont été détruits
par les flammes.
Dans ce
bâtiment, quarante moutons, qui n’ont pu être sortis à temps, ont péri.
Les pompiers
de Boos étaient intervenus, mais en raison du brasier trop intense se
nourrissant de la paille engrangée, ils n’avaient pu sauver le bâtiment. Leurs
efforts se portèrent sur la maison toute proche, afin qu’elle ne s’embrase pas
à son tour.
Le plus
terrible fut au moment de nettoyer les lieux, de découvrir les cadavres des
animaux amassés devant la porte de leur bergerie. Un crève-cœur pour le
cultivateur.
Une perte
estimée à 10 000 francs.
Heureusement,
le propriétaire, Alphonse Hardy, avait eu la prudence d’assurer ses biens, ce
qui n’était pas encore le cas pour un grand nombre de familles et cultivateurs.
L’Ancienne
Mutuelle, au XIXème siècle, avait de nombreux adhérents en Seine-Inférieure
(devenue Seine-Maritime) et dans l’Eure. Cette compagnie d’assurance existe
toujours.
Revenons sur
le malheureux propriétaire.
Mon premier
réflexe fut de consulter les listes de recensement de Quévreville-la-Poterie.
·
Année 1861,
juste avant l’incendie, apparaissent bien :
o
Hardy Alphonse – 55 ans et son épouse, Andrieu
Henriette - 44 ans.
·
Année 1866, un an après l’incendie, apparaissent
toujours :
o
Hardy Alphonse – 59 ans et son épouse, Andrieu
Honorine – 47 ans.
Avec eux, au foyer,
un fils de 20 ans, prénommé Alphonse (ou Alfonse).
Les
recenseurs, en cette époque, n’étaient pas très pointilleux.
L’épouse
Hardy, née Andrieu, se voyait prénommée Henriette en 1861 et Honorine en 1866.
À la
décharge des recenseurs, les recensés ne savaient pas toujours leur date exacte
de naissance et, portant souvent le prénom de leur père ou père, se désignait
par un autre prénom pour se différencier.
Afin d’être
précise, j’ai consulté les actes d’état civil, en ciblant surtout
Quévreville-la-Poterie et ses alentours.
L’acte de
mariage est la source suprême dans les recherches généalogiques. On y découvre
le nom des futurs avec leur date et lieu de naissance et le nom de leurs
parents respectifs.
Les témoins
apportent aussi des renseignements non négligeables, surtout s’ils sont membres
de la famille des mariés : frère, oncle, grand-père, cousin......
Monsieur
Hardy a épousé Mademoiselle Andrieu, le 15 octobre 1844 à
Saint-Aubin-Celloville.
Sur l’acte,
la future avait décliné les prénoms de Geneviève Victorine, prénoms confirmés par
son acte de naissance, en date du 21 août 1818.
Alphonse
Hardy avait vu le jour le 7 octobre 1806. Les époux comptaient douze ans de
différence d’âge.
Ce qui
correspond aux âges notés sur les recensements.
Pourquoi
« Henriette », en 1861 ? Mystère !
Quant à
« Honorine » en 1866, mettons cette erreur sur un défaut d’audition
du recenseur, ayant modifié « Victorine » en « Honorine » !
L’article de
presse mentionne également :
·
Monsieur le Maire de Quévreville-
la-Poterie : Monsieur Florentin
Poulain.
·
Monsieur le Curé de la commune :
Edmond Brière, né à Séez dans l’Orne, le
2 novembre 1825 et décédé dans sa paroisse le 5 février 1885, à neuf heures
trente du soir, à l’âge de cinquante-neuf ans.
·
La gendarmerie de Boos et, bien sûr, les
pompiers sans qui la maison se trouvant près des bâtiments en feu se serait
enflammée, elle aussi.
Et
l’enfant ? Il a sans doute reçu une bonne fessée. Ne lui avait-on pas, à
plusieurs reprises, interdit de jouer avec des allumettes ?