jeudi 20 août 2026

En feuilletant la gazette. Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

 


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 18 mars 1865 à Quévreville-la-Poterie.

 

Un article parlait d’un terrible incendie.

Dans une ferme à Quévreville-la-Poterie, cinquante mètres de bâtiments ont été détruits par les flammes.

Dans ce bâtiment, quarante moutons, qui n’ont pu être sortis à temps, ont péri.


Les pompiers de Boos étaient intervenus, mais en raison du brasier trop intense se nourrissant de la paille engrangée, ils n’avaient pu sauver le bâtiment. Leurs efforts se portèrent sur la maison toute proche, afin qu’elle ne s’embrase pas à son tour.

Le plus terrible fut au moment de nettoyer les lieux, de découvrir les cadavres des animaux amassés devant la porte de leur bergerie. Un crève-cœur pour le cultivateur.

Une perte estimée à 10 000 francs.


Heureusement, le propriétaire, Alphonse Hardy, avait eu la prudence d’assurer ses biens, ce qui n’était pas encore le cas pour un grand nombre de familles et cultivateurs.

L’Ancienne Mutuelle, au XIXème siècle, avait de nombreux adhérents en Seine-Inférieure (devenue Seine-Maritime) et dans l’Eure. Cette compagnie d’assurance existe toujours.

 

Revenons sur le malheureux propriétaire.

Mon premier réflexe fut de consulter les listes de recensement de Quévreville-la-Poterie.

·         Année 1861,  juste avant l’incendie, apparaissent bien :

o   Hardy Alphonse – 55 ans et son épouse, Andrieu Henriette - 44 ans.

·         Année 1866, un an après l’incendie, apparaissent toujours :

o   Hardy Alphonse – 59 ans et son épouse, Andrieu Honorine – 47 ans.

                             Avec eux, au foyer, un fils de 20 ans, prénommé Alphonse (ou Alfonse).

 

Les recenseurs, en cette époque, n’étaient pas très pointilleux.

L’épouse Hardy, née Andrieu, se voyait prénommée Henriette en 1861 et Honorine en 1866.

À la décharge des recenseurs, les recensés ne savaient pas toujours leur date exacte de naissance et, portant souvent le prénom de leur père ou père, se désignait par un autre prénom pour se différencier.

 

Afin d’être précise, j’ai consulté les actes d’état civil, en ciblant surtout Quévreville-la-Poterie et ses alentours.

 


L’acte de mariage est la source suprême dans les recherches généalogiques. On y découvre le nom des futurs avec leur date et lieu de naissance et le nom de leurs parents respectifs.

Les témoins apportent aussi des renseignements non négligeables, surtout s’ils sont membres de la famille des mariés : frère, oncle, grand-père, cousin......

 

Monsieur Hardy a épousé Mademoiselle Andrieu, le 15 octobre 1844 à Saint-Aubin-Celloville.

Sur l’acte, la future avait décliné les prénoms de Geneviève Victorine, prénoms confirmés par son acte de naissance, en date du 21 août 1818.

Alphonse Hardy avait vu le jour le 7 octobre 1806. Les époux comptaient douze ans de différence d’âge.

Ce qui correspond aux âges notés sur les recensements.

Pourquoi « Henriette », en 1861 ? Mystère !

Quant à « Honorine » en 1866, mettons cette erreur sur un défaut d’audition du recenseur, ayant modifié « Victorine » en « Honorine » !

 

L’article de presse mentionne également :

·         Monsieur le Maire de Quévreville- la-Poterie :  Monsieur Florentin Poulain.

·         Monsieur le Curé de la commune : Edmond  Brière, né à Séez dans l’Orne, le 2 novembre 1825 et décédé dans sa paroisse le 5 février 1885, à neuf heures trente du soir, à l’âge de cinquante-neuf ans.

·         La gendarmerie de Boos et, bien sûr, les pompiers sans qui la maison se trouvant près des bâtiments en feu se serait enflammée, elle aussi.

 

Et l’enfant ? Il a sans doute reçu une bonne fessée. Ne lui avait-on pas, à plusieurs reprises, interdit de jouer avec des allumettes ?

 

Une geôle

 

 

Une geôle, mot apparu au XIVème siècle.

Il passa, avant, par différentes orthographes :

·         Gaiole (1101 – 1106).

·         Jaiole (fin du XIIème siècle)

Il est issu du bas latin : caveola, diminutif de cavea = cage.

 

Geôle n’est plus utilisé qu’en littérature et en poésie, remplacé dans le langage courant par : prison.

 

Quelques dérivés :

·         Un geôlier (lière).

Vers 1225 : gaioloer ou jaiolier.

À partir de 1298 : jeolier.

 

·         Le verbe enjôler, orthographié, début XIIIème siècle : enjaoler = emprisonner.

 

Enjôler (1585) avait un tout autre sens, celui de : abuser par de belles paroles.

Un enjôleur (euse) quitta le domaine de la tromperie pour passer dans celui de la séduction, à partir de 1870.

 

Faites toutefois attention que ce séducteur(euse)-enjôleur(euse) ne devienne pas un geôlier(ère), par jalousie excessive.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                         « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

mercredi 12 août 2026

Vous arrive-t-il de bredouiller ?

 

Bredouiller

 

Du verbe Bred, auquel fut ajouté le suffixe : ouiller.

Peut-être une variante de l’ancien français : Bredeler.

·         Bredeler (XIIIe siècle) : marmonner     rapidement.

Ou encore

Des anciens verbes :

·         Bretter – breter : marmonner.

·      Bretonner : bégayer. Soit parler comme un Breton (encore ces pauvres Bretons accusés aussi de baragouiner !)

Source du mot toutefois :  Betonner viendrait du latin : Britto = Breton (et voilà !!)

Deux autres mots : Bretèche et bretteur viennent aussi de Britto. Nous y reviendrons un peu plus avant.

Avec tous ces mots impliquant les Bretons, nous voilà au cœur  de l’histoire ancienne des Romains et des Bretons. Pour plus d’informations, merci de consulter Astérix !

 

Pour en revenir au verbe brebouiller, employé pour marmonner indistinctement, il peut être transitif et intransitif.

 

Divers dérivés de ce mot :

·         Un bredouille (1694)     : personne qui bredouille. Encore utilisé en Dauphiné et en Lorraine.

·         Un bredouillis (1600)    : parole bredouillée.

·         Bredouillard (arde) adjectif (1611)         : qualifie celui ou celle qui bredouille.

·         Un bredouilleur (euse) nom et adjectif (1642)                 : personne qui bredouille.

·       Un bredouillage (fin XVIIe siècle) et bredouillant (ante) adjectif (1847), ces deux termes sont    toujours en usage.

·     Un bredouillon (onne) nom et adjectif           : personne qui bredouille ou très bavarde, mais   également personne qui travaille sans soin.

 

Si vous souhaitez être compris (comprise), ne vous avisez pas d’être un bredouillard bredouillant un bredouillis incompréhensible.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                        Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

En feuilletant la gazette. Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

 

En feuilletant la gazette.

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 6 janvier 1866,  à Rouen.

 

Un ouvrier de soixante-trois ans meurt sur son lieu de travail. Un événement, malheureusement, fréquent au milieu du XIXème siècle, alors que les horaires journaliers dépassaient les dix heures.

 Il fallait tenir !

Un homme qui, selon le journaliste, s’adonnait à la boisson plus que de raison. Il n’était malheureusement pas le seul.

Un décès survenu rue du Ruissel à Rouen.

Et alors ?

Ce fut le 4 janvier 1866, au 16 rue du Ruissel, que trépassa Louis Lepelletier, âgé de 61 ans, et non de 63 ans, comme noté dans l’article.

Louis Lepelletier avait vu le jour le 5 mai 1804 dans la ville de Rouen, de l’union de Charles François Lepelletier et de Marie Anne Adélaïde Le Bourgeois.

que puis-je encore vous apprendre ?

Louis Lepelletier avait épousé, le 1er mai 1827 à la mairie de Rouen, la demoiselle Rose Désirée Leclerc.

L’acte de mariage nous apprend que Louis exerçait la profession d’ouvrier monnayeur et demeurait place Saint-Ouen numéro 23, à Rouen.

La mariée, née le 3 janvier 1807 à Rouen, fille de Jacques Thomas Leclerc (décédé le 12 juin 1811) et de Sophie Adélaïde Desmonts, tout comme sa mère, était couturière.

 Le prêt-à-porter n’existant pas, les petites mains tirant fil et aiguille avaient beaucoup d’ouvrage.

Les témoins du mariage ne nous apprennent rien concernant la famille des nouveaux époux. Aucun oncle, frère.... Rien que des amis, tous demeurant  à Rouen :

  • ·         Taurin Fontaine – 56 ans – marchand – domicilié rue Saint-Vivien
  • ·         Marie Denis Orville – 44 ans – tailleur d’habits – domicilié rue de l’Hôpital.
  • ·         Jean Baptiste Duval – 32 ans – marchand charcutier – domicilié à la Boucherie rue Saint-Ouen.
  • ·         Alexandre Faisque – 58 ans – buraliste – domicilié rue des Faulx.


Voilà ! Rien d’autre....  La recherche ne fut pas trop fructueuse !

Je vous prépare un autre petit article pour la semaine prochaine.  

mercredi 5 août 2026

Aimez-vous guincher ?

 

 

Le verbe guincher, de l’ancien français guinchir (XIIe siècle) : obliquer, esquiver.

Le verbe signifia d’abord : danser au cabaret, puis, vers 1866, prit le sens général de danser (quel que soit le lieu).

 

Quincher renvoit aux guinguettes, à la java, au bord de la Marne.....

 

Allons un peu plus loin.

Inviter une dame à une guiche (1821), c’était l’inviter à une danse. En tout bien, tout honneur.

 

Après, peut-être, un verre de vin blanc bien frais et un peu de canotage sur l’eau.... va savoir !

 

Guinche désigne aussi un bal, mais un ou une guinche ?

1855 : un guinche

1879 : une guinche

 

Et après ? Le mot ne fut plus usité !

 

Qui danse une guinche ?

Le guincheur et la guincheuse.

 

Attention !

Un guincheur est également un cheval qui, sentant l’écurie toute proche, frappe du sabot et cherche à mordre.

On dit aussi, un cheval guincheux (adjectif).

 

Et vous, aimez-vous guincher ?


 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                     « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

En feuilletant la gazette.

 


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

La     fontaine Domin

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 22 janvier 1866, non loin de Pont-Audemer dans l’Eure.

 

Un avis de disparition.

Louis Amand Marette, soixante-sept ans, s’était rendu, le 15 janvier 1866, au marché de Pont-Audemer et n’avait pas regagné son domicile sept jours plus tard.

Qui était-il ?

Fils de Jacques Nicolas Marette et de Marie Marguerite Gervais, Louis Amand Marette avait vu le jour le 15 août 1800 à Vannecrocq dans l’Eure.

Que lui était-il arrivé ?

Était-il réellement tombé dans la Risle ?

 

Recherche méticuleuse.... sur les registres d’état civil de la ville de Pont-Audemer en ce début de janvier et... RIEN !

Domicilié à Vannecrocq, même recherche dans les registres d’état civil et là ... BINGO !

Une transcription de décès émanant de la ville de Pont-Audemer, concernant  Louis Amand Marette.

 

Le lundi 19 février 1866 à onze heures du matin s’étaient présentés en Mairie devant Monsieur le Maire de Pont-Audemer,

·         Jacques Joseph Delmas, commissaire de Police, âgé de 53 ans,

·         Jean Antoine Quatrehomme, agent de police, âgé de 31 ans,

afin de déclarer que le sieur Louis Amand Marette avait été retrouvé quai de la Ruelle, hier, 18 février 1866 à 9 heures du matin.

L’acte précisait qu’il était l’époux de Louise Rose Legrand.

 


Tout cela laisse à penser que le pauvre homme a été ressorti de l’eau où il avait trouvé la mort.

Était-il tombé ?

L’avait-on poussé après l’avoir volé ?

Aucune information. Le journal de Rouen n’a rien publié sur la découverte du corps de Louis Amand Marette.

Une triste  fin !!

 

Louise Rose Legrand, veuve Marette, ne devait plus garder espoir, mais le choc fut sans doute brutal.

Pensez donc,  ils s’étaient unis en mariage, le 27 octobre 1826, à Epaignes, ville où Louise Rose avait vu le jour le 10 nivôse an X et où elle vivait avec ses parents.

Quarante années de vie commune !

 

Louise Rose Legrand, veuve Marette, décéda le 3 juin 1871 à Vannecrocq, au lieu-dit le Village de la Fontaine Domin lieu où elle s’était installée avec Louis Amand Marette, aussitôt après leurs épousailles.

 

Un petit article sur un fait divers qui m’a permis de vous faire partager un fragment de la vie de Louis Amand et Louise Rose.

mercredi 29 juillet 2026

Une gloriette

 


 

Une gloriette. Voilà un bien joli mot que j’ai découvert au fil de mes lectures et dont je souhaitais vous faire profiter.

Sa terminaison en « ette » le renvoie à la « petitesse ».

En effet, une gloriette est le diminutif de glorie.




Voici ses différentes significations :

·         Gloriette :

o   Avant 1188 et en général           : petite pièce.

o   Vers 1160                                   : nom donné au palais de Guillaume d’Orange.

o   1417                                           : chambre surélevée.

o   1548                                           : petit pavillon et plus spécialement, petit pavillon de       

                                                         verdure dans un jardin.

 

Mais, à partir de 1304, on appelait aussi gloriette une grande cage à oiseaux en forme de pavillon.

 


N’est-il pas beau, ce mot ? Qu’en dites-vous ?

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

         « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert