mercredi 12 août 2026

Vous arrive-t-il de bredouiller ?

 

Bredouiller

 

Du verbe Bred, auquel fut ajouté le suffixe : ouiller.

Peut-être une variante de l’ancien français : Bredeler.

·         Bredeler (XIIIe siècle) : marmonner     rapidement.

Ou encore

Des anciens verbes :

·         Bretter – breter : marmonner.

·      Bretonner : bégayer. Soit parler comme un Breton (encore ces pauvres Bretons accusés aussi de baragouiner !)

Source du mot toutefois :  Betonner viendrait du latin : Britto = Breton (et voilà !!)

Deux autres mots : Bretèche et bretteur viennent aussi de Britto. Nous y reviendrons un peu plus avant.

Avec tous ces mots impliquant les Bretons, nous voilà au cœur  de l’histoire ancienne des Romains et des Bretons. Pour plus d’informations, merci de consulter Astérix !

 

Pour en revenir au verbe brebouiller, employé pour marmonner indistinctement, il peut être transitif et intransitif.

 

Divers dérivés de ce mot :

·         Un bredouille (1694)     : personne qui bredouille. Encore utilisé en Dauphiné et en Lorraine.

·         Un bredouillis (1600)    : parole bredouillée.

·         Bredouillard (arde) adjectif (1611)         : qualifie celui ou celle qui bredouille.

·         Un bredouilleur (euse) nom et adjectif (1642)                 : personne qui bredouille.

·       Un bredouillage (fin XVIIe siècle) et bredouillant (ante) adjectif (1847), ces deux termes sont    toujours en usage.

·     Un bredouillon (onne) nom et adjectif           : personne qui bredouille ou très bavarde, mais   également personne qui travaille sans soin.

 

Si vous souhaitez être compris (comprise), ne vous avisez pas d’être un bredouillard bredouillant un bredouillis incompréhensible.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                        Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

En feuilletant la gazette. Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

 

En feuilletant la gazette.

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 6 janvier 1866,  à Rouen.

 

Un ouvrier de soixante-trois ans meurt sur son lieu de travail. Un événement, malheureusement, fréquent au milieu du XIXème siècle, alors que les horaires journaliers dépassaient les dix heures.

 Il fallait tenir !

Un homme qui, selon le journaliste, s’adonnait à la boisson plus que de raison. Il n’était malheureusement pas le seul.

Un décès survenu rue du Ruissel à Rouen.

Et alors ?

Ce fut le 4 janvier 1866, au 16 rue du Ruissel, que trépassa Louis Lepelletier, âgé de 61 ans, et non de 63 ans, comme noté dans l’article.

Louis Lepelletier avait vu le jour le 5 mai 1804 dans la ville de Rouen, de l’union de Charles François Lepelletier et de Marie Anne Adélaïde Le Bourgeois.

que puis-je encore vous apprendre ?

Louis Lepelletier avait épousé, le 1er mai 1827 à la mairie de Rouen, la demoiselle Rose Désirée Leclerc.

L’acte de mariage nous apprend que Louis exerçait la profession d’ouvrier monnayeur et demeurait place Saint-Ouen numéro 23, à Rouen.

La mariée, née le 3 janvier 1807 à Rouen, fille de Jacques Thomas Leclerc (décédé le 12 juin 1811) et de Sophie Adélaïde Desmonts, tout comme sa mère, était couturière.

 Le prêt-à-porter n’existant pas, les petites mains tirant fil et aiguille avaient beaucoup d’ouvrage.

Les témoins du mariage ne nous apprennent rien concernant la famille des nouveaux époux. Aucun oncle, frère.... Rien que des amis, tous demeurant  à Rouen :

  • ·         Taurin Fontaine – 56 ans – marchand – domicilié rue Saint-Vivien
  • ·         Marie Denis Orville – 44 ans – tailleur d’habits – domicilié rue de l’Hôpital.
  • ·         Jean Baptiste Duval – 32 ans – marchand charcutier – domicilié à la Boucherie rue Saint-Ouen.
  • ·         Alexandre Faisque – 58 ans – buraliste – domicilié rue des Faulx.


Voilà ! Rien d’autre....  La recherche ne fut pas trop fructueuse !

Je vous prépare un autre petit article pour la semaine prochaine.  

mercredi 5 août 2026

Aimez-vous guincher ?

 

 

Le verbe guincher, de l’ancien français guinchir (XIIe siècle) : obliquer, esquiver.

Le verbe signifia d’abord : danser au cabaret, puis, vers 1866, prit le sens général de danser (quel que soit le lieu).

 

Quincher renvoit aux guinguettes, à la java, au bord de la Marne.....

 

Allons un peu plus loin.

Inviter une dame à une guiche (1821), c’était l’inviter à une danse. En tout bien, tout honneur.

 

Après, peut-être, un verre de vin blanc bien frais et un peu de canotage sur l’eau.... va savoir !

 

Guinche désigne aussi un bal, mais un ou une guinche ?

1855 : un guinche

1879 : une guinche

 

Et après ? Le mot ne fut plus usité !

 

Qui danse une guinche ?

Le guincheur et la guincheuse.

 

Attention !

Un guincheur est également un cheval qui, sentant l’écurie toute proche, frappe du sabot et cherche à mordre.

On dit aussi, un cheval guincheux (adjectif).

 

Et vous, aimez-vous guincher ?


 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                     « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

En feuilletant la gazette.

 


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

La     fontaine Domin

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 22 janvier 1866, non loin de Pont-Audemer dans l’Eure.

 

Un avis de disparition.

Louis Amand Marette, soixante-sept ans, s’était rendu, le 15 janvier 1866, au marché de Pont-Audemer et n’avait pas regagné son domicile sept jours plus tard.

Qui était-il ?

Fils de Jacques Nicolas Marette et de Marie Marguerite Gervais, Louis Amand Marette avait vu le jour le 15 août 1800 à Vannecrocq dans l’Eure.

Que lui était-il arrivé ?

Était-il réellement tombé dans la Risle ?

 

Recherche méticuleuse.... sur les registres d’état civil de la ville de Pont-Audemer en ce début de janvier et... RIEN !

Domicilié à Vannecrocq, même recherche dans les registres d’état civil et là ... BINGO !

Une transcription de décès émanant de la ville de Pont-Audemer, concernant  Louis Amand Marette.

 

Le lundi 19 février 1866 à onze heures du matin s’étaient présentés en Mairie devant Monsieur le Maire de Pont-Audemer,

·         Jacques Joseph Delmas, commissaire de Police, âgé de 53 ans,

·         Jean Antoine Quatrehomme, agent de police, âgé de 31 ans,

afin de déclarer que le sieur Louis Amand Marette avait été retrouvé quai de la Ruelle, hier, 18 février 1866 à 9 heures du matin.

L’acte précisait qu’il était l’époux de Louise Rose Legrand.

 


Tout cela laisse à penser que le pauvre homme a été ressorti de l’eau où il avait trouvé la mort.

Était-il tombé ?

L’avait-on poussé après l’avoir volé ?

Aucune information. Le journal de Rouen n’a rien publié sur la découverte du corps de Louis Amand Marette.

Une triste  fin !!

 

Louise Rose Legrand, veuve Marette, ne devait plus garder espoir, mais le choc fut sans doute brutal.

Pensez donc,  ils s’étaient unis en mariage, le 27 octobre 1826, à Epaignes, ville où Louise Rose avait vu le jour le 10 nivôse an X et où elle vivait avec ses parents.

Quarante années de vie commune !

 

Louise Rose Legrand, veuve Marette, décéda le 3 juin 1871 à Vannecrocq, au lieu-dit le Village de la Fontaine Domin lieu où elle s’était installée avec Louis Amand Marette, aussitôt après leurs épousailles.

 

Un petit article sur un fait divers qui m’a permis de vous faire partager un fragment de la vie de Louis Amand et Louise Rose.

mercredi 29 juillet 2026

Une gloriette

 


 

Une gloriette. Voilà un bien joli mot que j’ai découvert au fil de mes lectures et dont je souhaitais vous faire profiter.

Sa terminaison en « ette » le renvoie à la « petitesse ».

En effet, une gloriette est le diminutif de glorie.




Voici ses différentes significations :

·         Gloriette :

o   Avant 1188 et en général           : petite pièce.

o   Vers 1160                                   : nom donné au palais de Guillaume d’Orange.

o   1417                                           : chambre surélevée.

o   1548                                           : petit pavillon et plus spécialement, petit pavillon de       

                                                         verdure dans un jardin.

 

Mais, à partir de 1304, on appelait aussi gloriette une grande cage à oiseaux en forme de pavillon.

 


N’est-il pas beau, ce mot ? Qu’en dites-vous ?

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

         « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

En feuilletant la gazette.

 


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 6 mars 1912, à Pont-de-l’Arche dans l’Eure.

 

Un accident d’automobile en ce mois de mars 1912.

Le 6 mars, exactement, vers quatre heures de l’après-midi.

Le cycliste dont le nom n’est pas mentionné dans l’article, traversant la chaussée, a été bousculé par une voiture.

Le conducteur de l’automobile, Grégoire Lefrançois, dépassait une voiture garée sur le côté et n’a pas vu le cycliste. Il a freiné, bien sûr, mais au dernier moment.

Ce conducteur  était au service de Monsieur Paul H...  Rien sur ce monsieur qui devait être aisé puisqu’il possédait une automobile et avait à son service un chauffeur.

Un industriel ? Un haut fonctionnaire ?

Pas suffisamment d’informations pour pouvoir l’identifier.

 

Le chauffeur, par contre, âgé de cinquante-cinq ans en 1912, avait de l’expérience.

Avant d’être embauché par M. H., il est noté, sur les recensements de 1906 de Saint-Aubin-Celloville, dans la rubrique profession : « chauffeur chez Denis ».

Grégoire Amédée Lefrançois avait vu le jour à Saint-Aubin-Celloville, le 19 mai 1857 à une heure du matin.

 



Le docteur Leduc, de Pont-de-L’arche, a donné les premiers soins au blessé. Il ne constata rien de grave. Heureusement.

Ce docteur, Léon Leduc, demeurait à Pont-de-L’arche, rue de Montalent. Il avait vu le jour à Rouen, en avril 1873.

 

Un accident de voiture qui n’eut aucune suite dramatique pour le cycliste, mais peut-être pour la bicyclette.... Mais l’article ne mentionne pas les dommages matériels.

mardi 21 juillet 2026

Faire du gringue

 

 


Un gringue, vers 1878, désignait un pain.

Gringue vient de grignon (1564) : morceau de pain.

Du verbe grigner : grignoter.

 

Mais quel rapport existe-t-il avec cette locution : faire du gringue qui, en fait, peut se traduire par :     

·         faire l’aimable (1901) ?

 

Peut-être en raison des pêcheurs qui confectionnaient des petits pains d’appât – faisant ainsi « l’aimable » pour amadouer le poisson.

Par extension, faire du gringue prit, après 1911, le sens de : faire la cour à une femme.

 

Ne trouvez-vous pas ce rapprochement un peu tiré par les cheveux ?

 

Enfin, on sait bien qu’il suffit de peu de choses pour qu’un mot change de sens.

Et puis, n’y a-t-il pas qu’un pas entre les petits pains, appât pour la pêche, et le déploiement de charmes masculins pour appâter la gente féminine.

 

Une phrase lancée par plaisanterie, sur la place du marché, devant l’étal d’une jolie poissonnière, entre deux amis, par exemple.

« As-tu fini de lui faire du gringue ? »

 

J’extrapole, bien sûr, mais l’idée m’amuse !


Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert