mercredi 5 août 2026

Aimez-vous guincher ?

 

 

Le verbe guincher, de l’ancien français guinchir (XIIe siècle) : obliquer, esquiver.

Le verbe signifia d’abord : danser au cabaret, puis, vers 1866, prit le sens général de danser (quel que soit le lieu).

 

Quincher renvoit aux guinguettes, à la java, au bord de la Marne.....

 

Allons un peu plus loin.

Inviter une dame à une guiche (1821), c’était l’inviter à une danse. En tout bien, tout honneur.

 

Après, peut-être, un verre de vin blanc bien frais et un peu de canotage sur l’eau.... va savoir !

 

Guinche désigne aussi un bal, mais un ou une guinche ?

1855 : un guinche

1879 : une guinche

 

Et après ? Le mot ne fut plus usité !

 

Qui danse une guinche ?

Le guincheur et la guincheuse.

 

Attention !

Un guincheur est également un cheval qui, sentant l’écurie toute proche, frappe du sabot et cherche à mordre.

On dit aussi, un cheval guincheux (adjectif).

 

Et vous, aimez-vous guincher ?


 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                     « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

En feuilletant la gazette.

 


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

La     fontaine Domin

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 22 janvier 1866, non loin de Pont-Audemer dans l’Eure.

 

Un avis de disparition.

Louis Amand Marette, soixante-sept ans, s’était rendu, le 15 janvier 1866, au marché de Pont-Audemer et n’avait pas regagné son domicile sept jours plus tard.

Qui était-il ?

Fils de Jacques Nicolas Marette et de Marie Marguerite Gervais, Louis Amand Marette avait vu le jour le 15 août 1800 à Vannecrocq dans l’Eure.

Que lui était-il arrivé ?

Était-il réellement tombé dans la Risle ?

 

Recherche méticuleuse.... sur les registres d’état civil de la ville de Pont-Audemer en ce début de janvier et... RIEN !

Domicilié à Vannecrocq, même recherche dans les registres d’état civil et là ... BINGO !

Une transcription de décès émanant de la ville de Pont-Audemer, concernant  Louis Amand Marette.

 

Le lundi 19 février 1866 à onze heures du matin s’étaient présentés en Mairie devant Monsieur le Maire de Pont-Audemer,

·         Jacques Joseph Delmas, commissaire de Police, âgé de 53 ans,

·         Jean Antoine Quatrehomme, agent de police, âgé de 31 ans,

afin de déclarer que le sieur Louis Amand Marette avait été retrouvé quai de la Ruelle, hier, 18 février 1866 à 9 heures du matin.

L’acte précisait qu’il était l’époux de Louise Rose Legrand.

 


Tout cela laisse à penser que le pauvre homme a été ressorti de l’eau où il avait trouvé la mort.

Était-il tombé ?

L’avait-on poussé après l’avoir volé ?

Aucune information. Le journal de Rouen n’a rien publié sur la découverte du corps de Louis Amand Marette.

Une triste  fin !!

 

Louise Rose Legrand, veuve Marette, ne devait plus garder espoir, mais le choc fut sans doute brutal.

Pensez donc,  ils s’étaient unis en mariage, le 27 octobre 1826, à Epaignes, ville où Louise Rose avait vu le jour le 10 nivôse an X et où elle vivait avec ses parents.

Quarante années de vie commune !

 

Louise Rose Legrand, veuve Marette, décéda le 3 juin 1871 à Vannecrocq, au lieu-dit le Village de la Fontaine Domin lieu où elle s’était installée avec Louis Amand Marette, aussitôt après leurs épousailles.

 

Un petit article sur un fait divers qui m’a permis de vous faire partager un fragment de la vie de Louis Amand et Louise Rose.

mercredi 29 juillet 2026

Une gloriette

 


 

Une gloriette. Voilà un bien joli mot que j’ai découvert au fil de mes lectures et dont je souhaitais vous faire profiter.

Sa terminaison en « ette » le renvoie à la « petitesse ».

En effet, une gloriette est le diminutif de glorie.




Voici ses différentes significations :

·         Gloriette :

o   Avant 1188 et en général           : petite pièce.

o   Vers 1160                                   : nom donné au palais de Guillaume d’Orange.

o   1417                                           : chambre surélevée.

o   1548                                           : petit pavillon et plus spécialement, petit pavillon de       

                                                         verdure dans un jardin.

 

Mais, à partir de 1304, on appelait aussi gloriette une grande cage à oiseaux en forme de pavillon.

 


N’est-il pas beau, ce mot ? Qu’en dites-vous ?

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

         « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

En feuilletant la gazette.

 


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 6 mars 1912, à Pont-de-l’Arche dans l’Eure.

 

Un accident d’automobile en ce mois de mars 1912.

Le 6 mars, exactement, vers quatre heures de l’après-midi.

Le cycliste dont le nom n’est pas mentionné dans l’article, traversant la chaussée, a été bousculé par une voiture.

Le conducteur de l’automobile, Grégoire Lefrançois, dépassait une voiture garée sur le côté et n’a pas vu le cycliste. Il a freiné, bien sûr, mais au dernier moment.

Ce conducteur  était au service de Monsieur Paul H...  Rien sur ce monsieur qui devait être aisé puisqu’il possédait une automobile et avait à son service un chauffeur.

Un industriel ? Un haut fonctionnaire ?

Pas suffisamment d’informations pour pouvoir l’identifier.

 

Le chauffeur, par contre, âgé de cinquante-cinq ans en 1912, avait de l’expérience.

Avant d’être embauché par M. H., il est noté, sur les recensements de 1906 de Saint-Aubin-Celloville, dans la rubrique profession : « chauffeur chez Denis ».

Grégoire Amédée Lefrançois avait vu le jour à Saint-Aubin-Celloville, le 19 mai 1857 à une heure du matin.

 



Le docteur Leduc, de Pont-de-L’arche, a donné les premiers soins au blessé. Il ne constata rien de grave. Heureusement.

Ce docteur, Léon Leduc, demeurait à Pont-de-L’arche, rue de Montalent. Il avait vu le jour à Rouen, en avril 1873.

 

Un accident de voiture qui n’eut aucune suite dramatique pour le cycliste, mais peut-être pour la bicyclette.... Mais l’article ne mentionne pas les dommages matériels.

mardi 21 juillet 2026

Faire du gringue

 

 


Un gringue, vers 1878, désignait un pain.

Gringue vient de grignon (1564) : morceau de pain.

Du verbe grigner : grignoter.

 

Mais quel rapport existe-t-il avec cette locution : faire du gringue qui, en fait, peut se traduire par :     

·         faire l’aimable (1901) ?

 

Peut-être en raison des pêcheurs qui confectionnaient des petits pains d’appât – faisant ainsi « l’aimable » pour amadouer le poisson.

Par extension, faire du gringue prit, après 1911, le sens de : faire la cour à une femme.

 

Ne trouvez-vous pas ce rapprochement un peu tiré par les cheveux ?

 

Enfin, on sait bien qu’il suffit de peu de choses pour qu’un mot change de sens.

Et puis, n’y a-t-il pas qu’un pas entre les petits pains, appât pour la pêche, et le déploiement de charmes masculins pour appâter la gente féminine.

 

Une phrase lancée par plaisanterie, sur la place du marché, devant l’étal d’une jolie poissonnière, entre deux amis, par exemple.

« As-tu fini de lui faire du gringue ? »

 

J’extrapole, bien sûr, mais l’idée m’amuse !


Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

 

Ce jour-là à Amiens.

Le 6 mars 1912, par exemple, un petit article relatant le suicide d’un jeune sous-officier de 26 ans.

Chagrin d’amour, supposa-t-on.

 



En lisant ces quelques lignes, après une pensée pour ce jeune homme désespéré, pour sa famille aussi, le lecteur passait à l’article suivant...

Pas moi ! Je me suis tout de suite demandé :

Mais qui était ce jeune homme du nom d’Henri Masson ?

 

Par curiosité, je me suis penchée sur son histoire, sur sa vie écourtée.

Heureusement, nous possédons de nos jours la possibilité de remonter le temps sans bouger de notre fauteuil.

 



  • ·         La fiche militaire d’Henri Masson donne beaucoup de renseignements et notamment :

Henri Masson de la classe 1906.

Né à Charly-sur-Marne dans l’Aisne, le 12 août 1886 et résidant dans sa ville natale.

Il était le fils de Baptiste Albert Masson et de Louise Léa Charpentier.

Il exerçait le métier de maréchal-ferrant.

Il possédait des yeux gris-bleu et des cheveux noirs.

Pas très grand, puisqu’il ne mesurait qu’un mètre 51.

Petite précision : il avait une cicatrice à la main droite, suffisamment importante pour être notifiée.

  • ·         Côté familial : ses parents, mariés le 11 septembre 1882, avaient demandé le divorce qui fut prononcé le 1er août 1894.

Son père, Baptiste Albert Masson, jardinier, décéda le 24 novembre 1899 à l’âge de 41 ans.

Remariage de Louise Léa Charpentier deux ans après la dissolution de son mariage par divorce, en décembre 1896, avec Georges Couvreur, maréchal-ferrant.

Était-ce avec son beau-père qu’Henri Masson avait appris le métier de maréchal-ferrant ? Sans aucun doute.

  • ·         Côté armée : Ce jeune homme fut appelé sous les drapeaux, le 9 octobre 1907. Première étape : seconde classe dans le 72e régiment d’infanterie.

Ayant une bonne instruction, puisque notée « 3 » sur sa fiche militaire, Henri fut nommé au grade de caporal, le 26 septembre 1908.

Réengagé pour deux années le 16 juillet 1909 – à compter du 1er octobre 1909 - il passa au grade de sergent, le 18 juin 1910.

La vie militaire devait lui convenir, car il signa de nouveau pour deux années, le 24 avril 1911 – prise en compte à partir du 1er octobre 1911.

 


Pourquoi cet acte désespéré et dramatique du           4 mars 1912 à Amiens ?

Pourquoi Henri Masson s’était-il donné la mort ?

Chagrin d’amour ?

Henri Masson n’ayant laissé aucune lettre, nous ne le saurons jamais.

mercredi 15 juillet 2026

Pataquès

 


 

1784, pataquès : déformation orale, un tantinet comique, de «  je n’sais pas ‘t à qu’ est-ce ».

·         Pas t’ à : mauvaise liaison.

Mais « patac » désignait un coup, un bruit que l’on retrouve dans divers autres mots comme : patatras, patata, patapon.....

 

Donc, vu ce qui précède, le mot pataquès est dû à une faute de liaison consistant à remplacer un S par un T ou réciproquement.

Un pataquès, par extension de ce défaut de prononciation, a pris la signification de : discours confus et inintelligible.

 

Vers 1875, dans l’argot des typographes, pataquès désigna un mastic (erreur par inversion de caractères, mots ou lignes) ou encore une action maladroite.

 

À présent, faites très attention lorsque vous parlez : n’allez pas mélanger les syllabes ou faire des liaisons « mal t’à propos » !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert