jeudi 11 juin 2026

Chaque pays avait son « enfant sauvage ».

 

L’Histoire compte de nombreux enfants découverts dans des forêts.


Abandonnés, car souvent « différents », mais aussi en raison de l’impossibilité de s’en occuper. Dans ce dernier cas, ils étaient livrés à la providence de Dame Nature.

 

On trouve ainsi :

  • ·         Une fille sauvage capturée en 1767, en Basse-Hongrie. Son corps recouvert de poils  était robuste.

Elle vivait à l’abri d’une tanière d’où il fut difficile de l’en extirper.

Elle fut conduite à l’hôpital de Karpfen. Cette fille – dont l’âge ne fut pas noté – refusa de manger des aliments cuits, n’acceptant que de la viande crue et l’écorce de différents arbres.

Comment avait-elle pu survivre dans le milieu hostile d’une forêt dense habitée par des loups et des ours ?

  • ·         Une fille-truie, découverte dans la région de Salzbourg, en Autriche. Elle n’avait connu que la porcherie où elle vivait depuis sa naissance, rejetée de tous. Pourquoi ?

Elle ne parla jamais, poussant les mêmes cris que les porcs.

  •  ·         Un enfant-porc non loin d’Overdyke, sans plus de renseignements que celui précisant qu’il avait une préférence alimentaire : la salade.
  • ·         Un enfant-loup, trouvé en 1544, dans la forêt de Hardt, en Bavière. Il avait environ douze ans lors de sa capture.
  • ·         Un autre découvert en Hesse, au milieu d’une meute, également. Cet enfant aurait été enlevé par les loups alors qu’il avait trois ans. Prenant exemple sur sa « famille d’accueil », il marchait à quatre pattes. Il faisait partie de cette communauté qui lui prêtait la même attention qu’aux autres louveteaux. Après avoir quitté la forêt, revenu au pays des hommes, de nouveau civilisé, il aurait manifesté le désir de retourner vers les loups, préférant leur présence à celle des hommes.

Les deux derniers cas d’enfants-loups ne furent pas les seuls. Ce fut en Inde qu’il en fut découvert le plus, par dizaines selon les documents que j’ai parcourus.




Kippling a raconté l’histoire de Mowgli, mais était-ce une histoire inventée ou un récit authentique, suite à la découverte d’un garçonnet élevé par une louve ?

Enfants-loups, n’y en avait-il pas eu avant ? Vous souvenez-vous des jumeaux Rémus et Romulus ?

 

Une légende ne part-elle pas, pour beaucoup d’entre elles, d’un fait réel dont l’imagination populaire s’est emparée et qu’elle a enjolivé ?

 

Nous poursuivrons ce débat dans un prochain écrit.

jeudi 4 juin 2026

Autres enfants sauvages

 Jean de Liège

Capturé en Belgique à la fin du XVIIIe siècle, Jean de Liège avait été abandonné par ses parents à l'âge de cinq ans et retrouvé seize ans plus tard.

Il était velu, sans plus de précision. Peu ? Beaucoup ?

Pendant cette période, il se nourrissait essentiellement de légumes qu'il trouvait dans la terre.

Pris en charge et éduqué, il ne put apprendre à parler qu’avec difficulté, non en raison d'une quelconque déficience intellectuelle, mais d'une conformation anormale du larynx.

 

Un enfant abandonné car, sans doute, atteint d’une maladie génétique.

Peu de renseignements sur lui, ce qui me laisse un peu sur ma faim. Dommage !

 


Le garçon de Kronstadt

En 1784, à Kronstadt, un garçon fut découvert en pleine forêt :

" Ce malheureux jeune homme était de sexe masculin et de taille moyenne »...

« Son regard était extraordinairement sauvage. Il avait les yeux profondément enfoncés dans les orbites. Son front était très fuyant. Ses sourcils broussailleux et tombants saillaient considérablement, et il avait le nez petit et écrasé »...

«  Le cou "gonflé", les muscles des membres plus développés et saillants que chez les êtres humains en général"...

« Le reste du corps du garçon sauvage était couvert de poils, particulièrement épais sur la poitrine et le dos."

"Il n'exprimait jamais le moindre sentiment (...) Quand on éclatait de rire ou simulait la colère, il ne semblait pas saisir ce qui se passait (...)

« Il regardait avec stupéfaction tout ce qu'on lui montrait, mais il détournait bientôt le regard, avec la même absence de concentration, sur d'autres objets ».

« Quand on lui présentait un miroir, il regardait derrière celui-ci, mais restait tout à fait indifférent de n'y point trouver son image..."

 

À l’époque, d'innombrables témoins rapportaient leurs rencontres avec des créatures de ce type. Des créatures sauvages, entre homme et bête, appelées " Yéti " ou encore : " almasty " dans le Caucase, " tchoutchouna " en Yakoutie, " almass " en Mongolie, " ksygyik " au Kazakhstan, " yagmort "  chez les Komis, " léchy " en Russie d'Europe.

De la réalité à la légende, il n’y a parfois qu’un tout petit pas !



Le loup-garou de Norvège

"En Norvège, certains dossiers médicaux mentionnent la présence de "loups-garous" indiscutables.

« Ce sont des adolescents - habituellement des garçons - atteints de déficience mentale, affublés de poils et de cheveux grotesques qui poussent souvent jusqu'au sommet de leurs pommettes et leur couvrent entièrement le front, jusqu'aux sourcils ; les mâchoires sont prognathes (...) Ces êtres ne sont rien d'autre que des gosses qui ont grandi en haute montagne dans des vallées presque perpétuellement saturées d'humidité (...) Ces pauvres misérables que la communauté avait rejetés ou qui s'étaient enfuis parce qu'ils étaient anormaux réussissaient à subsister en chassant à la main ou en cueillant des plantes... »

Comment peut-on survivre, seul, dans un environnement hostile en pleine montagne au nord de la Norvège ?

La réponse se trouve peut-être entre les pages du livre d’Ivan T. Sanderson, « Hommes-des-neiges et  Hommes-des-bois » -  édité chez Plon en 1963.  En effet, Ivan T. Sanderson y fait état de rapports "surprenants" sur des hommes des neiges en Suède.

Ivan Sanderson, zoologiste professionnel doublé d'un grand voyageur,  montre que le problème ne se limite nullement à la recherche d'une créature fantastique, mais se rattache à un vaste ensemble d'énigmes zoologiques englobant cinq continents, affirmant que la capture de ces êtres bouleverserait toutes nos connaissances.

À consulter également, l’ouvrage de Bernard Heuvelmans : "Sur la piste des bêtes ignorées".

 

Loups-Garous et Yétis.... Une énigme à creuser.

 

mercredi 3 juin 2026

Est-ce plausible ?

 

 


Plausible est un adjectif apparu vers 1552.

Il puise son origine dans le latin :

·         Plausibilis : digne d’être applaudi.

Il est un dérivé de :

·         Plaudere : battre (sous-entendu : battre des mains)

 

Plausible a vieilli dans son sens :

De signe d’approbation, il prit le sens de :

·         Acceptable.


Ou  encore  de :

·         Que l’on peut admettre.

Ce fut avec cette valeur que Montaigne l’employa en 1580.

 

Quelques dérivés :

·         Une plausibilité (1684) - nom féminin : qualité de ce qui est vraisemblable.

·         Plausiblement (1558) – adverbe.  

 

Trouvez-vous cet article plausible ?

Si oui, j’attends vos applaudissements !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

mercredi 27 mai 2026

L’enfant sauvage : Peter de Hanovre


La ville d’Hamelin[1] en Allemagne était bordée de bois.

En cette année 1725, une étrange silhouette fut aperçue entre les arbres de la forêt de Hertswold.

Un animal, mais lequel ?

Un être humain marchant à quatre pattes ?

Puis, l’affaire fut oubliée, jusqu’au jour où un groupe de chasseurs dirigé par le roi George Ier d’Angleterre[2], lors d'une de ses visites dans son pays natal de Hanovre, découvre....

Un enfant, âgé d’environ douze ans, sans vêtement et d’une saleté repoussante.

Pris en charge, il  fut posé au garçon quelques questions essentielles pour connaître les raisons de sa présence, seul, dans ce lieu hostile pour un enfant de son âge.

L’enfant ne parlait pas.

Il lui fut présenté de la nourriture : pain, viandes, mets sucrés...

Le « sauvageon » les refusa, préférant les fruits et l'écorce des jeunes arbres à toute autre nourriture.

L’enfant revenu dans la civilisation, il lui fallait un nom et ce fut Peter.

Georges 1er désira l’emmener avec lui à la Cour d’Angleterre.

Comme un trophée ? Comme une bête curieuse ?

Une gouvernante lui fut attribuée, afin de l’éduquer. Hélas, ce fut peine perdue.

Le  seul attrait de Peter, la nourriture et pour en obtenir, il réussit à prononcer quelques mots.

Toutefois, Peter, marchant à présent sur ses deux pieds, apprit, peu à peu, à supporter les vêtements et à manifester un grand plaisir en écoutant de la musique.

 Lorsque l’engouement de la nouveauté lassa la Cour du Roi, Peter fut emmené dans une ferme, dans le Hertfordshire, soutenu par des fonds royaux et pris en charge par les locataires de la ferme

Un jour, il s'est égaré et a été arrêté. Détenu en prison pour vagabondage pendant quelques mois jusqu'à ce que quelqu'un réalise qui il était, il fut reconduit à la ferme.

 Pour éviter un nouvel ennui du même genre, un collier[3] fut confectionné avec mention de son nom et son adresse, collier d’identification pour qu’il soit ramené chez lui. Un procédé inhabituel à cette époque, d’autant plus que l’analphabétisme était très important.

Peter a vécu jusqu'à l'âge de 70 ans, dans cette ferme. Né vers 1713, il décéda le 22 février 1785.

L’on ne sait rien de lui, mais aujourd’hui, on pense que Peter aurait été abandonné à la naissance en raison d'une maladie chromosomique, le syndrome de Pitt Hopkins. Un trouble génétique très rare. Cela expliquerait nombre de ses caractéristiques, tant physiques que développementales.

·         Son comportement, souvent imprévisible.

·         Certains de ses traits physiques : cheveux épais et bouclés, paupières tombantes, grande bouche aux lèvres épaisses.

 


Voilà en ce qui concerne Peter de Hanovre.



[1] Hamelin, la ville de la légende du joueur de flûte de Hamelin, reprise par les frères Grimm. 

[2] George 1er, roi d’Angleterre était également électeur du Hanovre.

George Ier - né Georg Ludwig  à Hanovre le 28 mai 1660 ) – Prince-électeur du Saint-Empire romain germanique à partir de 1708 et roi d’Angleterre du 1er août 1714 jusqu’à sa mort, le 12 juin 1727.

Il était le fils aîné d’Erneste-Auguste, duc de Brunswick-Lunebourg et de Sophie de Hanovre, princesse Palatine. De par sa mère, il est l’arrière-petit-fils de Marie 1e d’Ecosse.

 [3] Collier ou bracelet.

Avez-vous un alibi ?

 

Alibi


 

Avoir un alibi est la preuve de ne pas avoir été présent sur les lieux d’un meurtre ou d’un fait répréhensible par la loi.

Mais d’où provient ce nom commun masculin ?

Alibi : mot latin signifiant ailleurs – (alius : autre) : être ailleurs, être en un autre lieu.

 

Bien évidemment, cet alibi doit être confirmé par d’autres personnes, dignes de foi.

 

Il existe aussi : l’alibi forain, celui-ci a le sens de mauvaise excuse ou échappatoire, d’où le terme alibiforain, (en un seul mot), apparu vers 1549 et plus usité de nos jours.

 

Pour écrire ce petit texte, je me trouvais, seule, à la maison, sans témoin... sauf que le chat s’obstine à refuser de parler en ma faveur....

Je pense que je vais réduire sa ration de croquettes !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

 

mercredi 20 mai 2026

L’inconnue de Songy – cinquième partie

 

Sans enquête, nous ne saurons donc jamais les causes de la mort de Marie-Angélique.

 

Revenons toutefois sur la personne qui a été à l’origine du projet du livre : Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois.

 

Qui était cet écrivain, Marie-Catherine Homassel Hecquet ?

 

Marie-Catherine Homassel avait vu le jour le 12 juin 1686 à Abbeville en Picardie.

Elle avait épousé, le 4 août 1710 à Abbeville en Picardie, Jacques Hecquet d’Orval[1], négociant d'Abbeville, puis directeur de la Manufacture Royale des moquettes[2] , manufacture qui avait été reprise en 1683 par son beau-père.

De leur union, naquit un fils, Jacques Hecquet d’Orval (1711-1797).

 

Écrivain et biographe française, on sait peu de choses sur Marie-Catherine Homassel.

Si ce n’est qu’elle avait entretenu un échange épistolaire, pendant une trentaine d’années, avec une religieuse et supérieure du couvent de l’Hôtel-Dieu de Montréal, Marie-Andrée Regnard Duplessis – nom en religion, Mère de Sainte-Hélène. Les deux femmes se seraient rencontrées dans la région parisienne. Un peu plus tard, Marie-Andrée Regnard Duplessis avait suivi ses parents en Amérique.

 




Il se dit aussi, qu’elle ne serait pas l’auteur du livre qui lui fut attribué : Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois.

Pourtant, il fut affirmé par Charles Marie de La Contamine[3] : « Une veuve qui vivait près de Saint-Marceau et qui, ayant rencontré la jeune fille et s'étant liée d'amitié avec elle après la mort de Monsieur le Duc d’Orléans qui l'avait protégée, s'était efforcée de raconter son histoire ».  

Alors qui croire ?

 



À la fin de sa vie, Marie-Catherine Homassel Hecquet se serait retirée dans un couvent, sans mentionner lequel.

Elle décéda le 8 juillet 1764 à Paris.

Voilà quelques petites précisions pour clore cette rencontre avec la sauvagesse de Songy.



[1] Jacques Hecquet d’Orval : né le 7 avril 1689 à Abbeville et décédé le 13 septembre 1762 à Paris.

[2] La Manufacture Royale des moquettes : manufacture de « velours et moquettes » d’Abbeville, établie par COLBERT.

[3] Charles Marie de la Contamine : né le 27 janvier 1701 à Paris et décédé dans cette même ville le 4 février 1774 – explorateur, scientifique, astronome et encyclopédiste.

 

Une hallebarde

 



 

Hallebarde : nom féminin.

Orthographié allabarde en 1333.

Ce mot est emprunté à l’allemand helmbarte : hache à poignée.

·         Helm ou halm : poignée

·         Barte                : hache

 

Une hallebarde est une arme à longue hampe, utilisée du XVe au XVIIe siècle.



 

Ne reste de ce mot que quelques locutions :

·         Il pleut des hallebardes : il pleut à verse.

Précision, en Normandie, on emploie plutôt : il pleut comme vache qui pisse.

·         Rimer comme hallebarde et miséricorde : faire de mauvaises rimes.

 

Quelques dérivés qui ne sont plus usités de nos jours :

·         Le hallebardier (1483) : fantassin armé d’une hallebarde.

 

Nous sommes, avec cette arme archaïque, bien loin des drones actuels.

Les temps changent....


 



Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert