mercredi 14 octobre 2026

1er janvier 1836 - En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  dans le journal de Rouen du 1er janvier 1836, quelques bonnes adresses pour trouver des remèdes contre les maladies de l’hiver.

 

Seule la première annonce donne un prix. Mais quelle est la contenance de la bouteille ?

Pas un litre ou même un demi-litre....

2.50  francs la bouteille ! Quelle dépense, en sachant que le salaire d’une journée de travail de parfois 10 heures, voire plus en été, d’un ouvrier qualifié s’élevait au maximum à 1.80 ou 2 francs.

Chicaner... se chicaner

 


Verbe très complet car : transitif – intransitif et pronominal.

Probablement issu du croisement de :

  • ·         Ricaner (pour sa finale)
  • ·         Tchikk (son radical) – exprimant la petitesse : chic, chiche, chichi, chicot....

 

On trouve alors :

  • ·         Chicaner : se disputer pour des tiens.
  • ·         Chiquer : donner un petit coup.
  • ·         Chicoter ou chicailler : mordre, critiquer.

 

  • v  Chicaner : terme juridique (1606) – poursuivre en justice – soulever des difficultés pour embrouiller une affaire judiciaire.
  • v  Chicaner : vers 1657 – querelle sur une petite chose – se chamailler.

 


** Une chicane : nom féminin – 1582 – désignant une querelle.

en 1675, on parlait « des gens de chicane », pour les gens de justice.

**En ski, vers 1931, une chicane n’était autre qu’un tracé tortueux (en zigzag) afin de casser la vitesse et montrer la dextérité du sportif.

 


Autres mots :

  • v  Un chicaneur (euse) – vers 1460.
  • v  Un chicanier (ière) – avant 1573.
  • v  Une chicanerie – orthographié au XVe siècle : chiquanerie.
  • v  Chicoter – verbe transitif (en 1583 : chiquoter) : débattre – discuter sur des vétilles.
  • v  Chicoter : cri de la souris (1845).

 

Après tout cela, surtout, ne vous chicanez pas !



Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

mercredi 7 octobre 2026

Une clope

 


Clope est d’une origine inexpliquée.

Sans doute tiré (1902) de l’argot ancien ciclope : cigare – cigarette.

 

Une clope est un mégot de cigare, puis de cigarette.

À l’origine, au sens figuré, clopes signifiait :

  • ·         Presque rien.
  • ·         Choses insignifiantes.

De là, le dérivé :

  • ·         Des clopinettes (1925) : pour presque rien, voire rien du tout.

Le terme clope est repris en 1980 pour cigarette :

  • ·         Fumer une clope.
  • ·         Un paquet de clopes.

 

Puis, en 1983, arriva le verbe cloper : fumer une cigarette.

 

De fait, une clope, c’est presque rien, voire rien du tout, puisqu’elle s’envole en fumée.

Rien du tout ? Sauf que parfois, elle provoque de fortes toux.

 


Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

      « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

jeudi 1 octobre 2026

3 juin 1870 - En feuilletant la gazette.

 



Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  à Mauquenchy en Seine-Inférieure.

 

 

Une infraction par un malfaiteur qui devait connaître la maison.

Seize francs, une sacrée somme  pour l’époque !

Des économies pour les durs moments.

 

Pour pouvoir faire connaissance avec cette dame Duval, petit tour dans les listes de la commune de Mauquenchy.

Pas beaucoup de choix, seulement deux recensements les plus proches de 1870 : 1861 et 1876.

 

Recensement 1861 :

  • ·         Duval Eugène – herbager – 40 ans.
  • ·         Barabé femme Duval – Virginie – 30 ans.
  • ·         Duval Eugénie – leur fille – 3 mois.

 

Recensement 1876 :

  • ·         Barabé Marie – veuve Duval – 46 ans – née à Roncherolles-en-Bray.
  • ·         Duval Eugénie – sa fille – couturière – 15  ans – née  à Mauquenchy.

Charles Eugène Duval et Marie Virginie Barabé s’étaient mariés le 22 septembre 1857 à Roncherolles-en-Bray.

Que nous apprend leur acte de mariage ?

  • ·         Charles Eugène Duval,

Né au bourg de Forges-les-Eaux le 30 juillet 1821 - herbager – domicilié à Mauquenchy.

Fils majeur de Charles Nicolas Duval – 64 ans – propriétaire herbager à Mauquenchy, et de Suzanne Victoire Joséphine Ledez, décédée à Mauquenchy le 19 janvier 1846.

  • ·         Marie Virginie Barabé

Née en cette commune le 29 novembre 1830 – domestique – demeurant chez M. Toussaint, cultivateur en cette commune.

Fille majeure et naturelle de Marie Virginie Barabé, décédée à l’Hôtel-Dieu de Rouen le 23 avril 1856, et d’un père non déclaré.

Un contrat de mariage fut établi le 20 août 1857 devant maître Arsène Bochet, notaire à Forges-les-Eaux.

 Les témoins :

  • ·         Patrice Auguste Duval – 32 ans - frère de l’époux.

Et puis trois amis des époux :

  • ·         François Michel Toussaint – 57 ans – propriétaire cultivateur.
  • ·         François Auguste Dalongeville – 51 ans - propriétaire cultivateur.
  • ·         Louis Isidore Désiré Dutot – instituteur public – 45 ans.

 

Leur fille, Eugénie Irma Duval, naquit le 16 février 1861 à Mauquenchy.

Charles Eugène est décédé le 30 avril 1869 à Mauquenchy. Il n’avait que 47 ans.

Marie Virginie Barabé, veuve Duval, quitta ce monde le 10 janvier 1922. Elle vivait à Roncherolles-en-Bray chez son petit-fils, Marcel Eugène, né en août 1888. Marcel Eugène avait repris la propriété de son grand-père : propriétaire herbager.

 

Pas besoin de préciser que le voleur, après avoir dépensé tout l’argent.....  a pris ses jambes à son cou et s’est fait le plus petit possible !!!

Il y a des gens bien malhonnêtes !

 

Voilà ce que je pouvais vous apprendre !!

À la semaine prochaine.

mercredi 30 septembre 2026

Clamser ou clamecer.

 

Verbe d’origine incertaine, mais employé dans divers domaines.

 


Dans le langage

Des ouvriers :

  • ·         Krapser ou crapser (1867).

Des croque-morts :

  • ·         Cramser (1878).

Des typographes :

  • ·         Crampser (1883)

Des soldats :

  • ·         Clamser (1888).

 

Tous ces verbes ont le même radical :

  • ·         Kla ou Kra : claquer – craquer.

 

Autre hypothèse :

Le mot serait dérivé de :

  • ·         Crampecer : être pris de crampes.

 

Quel que soit son origine, ce verbe argotique est fatal. Il est synonyme de mourir !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 25 septembre 2026

1er juin 1870 En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  dans le Jura.

 

Il faisait nuit.

Victor Dubief, rênes en mains, guidait le cheval qui avançait doucement.  La route étant dangereuse car longeant un précipice d’environ quinze mètres,  le moindre écart de l’équidé pouvait être fatal.

La vigilance était donc de rigueur.

Derrière lui, dans le char où avaient été installés, face à face, deux bancs, les voyageurs discutaient de la bonne journée qu’ils venaient de passer.

 

Malgré toute l’attention du conducteur, le drame se produisit.

Le char se renversa, entraînant dans sa chute le conducteur, les passagers et le cheval.

 L’article mentionne que la voie était en réparation en raison d’un récent éboulement de roches et que ce chantier n’était nullement signalé comme le voulait la loi.


Le cheval, surpris, fit un écart qui ébranla le véhicule.

 

Le bilan de cet accident fut lourd :

Deux morts :

  • ·         Victor Bourgeois, horloger, âgé de cinquante-quatre ans.
  • ·         Jacqueline Colin, son épouse, âgée de cinquante-et-un ans.

Malgré leurs  blessures, ils furent reconduits chez eux à Morex, où ils décédèrent peu après :

  • n  Jean Victor Bourgeois décéda le 22 mai 1870 à dix heures du soir. Né à Villard-saint-Sauveur dans le Jura, il avait cinquante-huit ans et exerçait le métier d’horloger.

Il était le fils d’Emmanuel Bourgeois et de Claudine Aimée Lacroix.

  • n  Jacqueline Colin  rejoignit son époux quelques heures plus tard, le 23 mai 1870 à trois heures du matin.

Âgée  de cinquante-sept ans, elle était la fille de Joseph Marie Emmanuel Colin et Jeanne Claudine Odobez.

 Jean Victor Bourgeois et Jacqueline Colin  s’étaient unis le 5 mars 1842 à Morez.

  • ·         Henri Bourgeois, leur fils, eut deux blessures graves à la tête.

Blessures graves en effet, car il décéda des conséquences de celles-ci.

  • n  Charles Henri Bourgeois, né le 10 février 1844 à Morez, est décédé dans cette même ville le 30 décembre 1872 à quatre heures du soir, à l’âge de vingt-huit ans.

Commis négociant, célibataire, fils des défunts Jean Victor Bourgeois et Anne Joséphine Colin.

 


  • ·         François-Léopold Henri, horloger, vingt-six ans, n’a eu qu’un poignet foulé, le gauche, ainsi que la lèvre supérieure coupée.
  • ·         Jeannette Coliget, âgée de quarante-huit ans et demeurant à Genève, eut de petites écorchures au visage et,  surtout, ce qui était plus important, une jambe fracturée.
  • ·         Sa fille, Clarisse Bourgeois, vingt-cinq ans : contusions aux reins et au ventre, ainsi que le bras droit fracturé.

 

  • ·         Victor Dubief, âgé de vingt-sept ans, marchand de vin à Morex, s’en sortit, comme par miracle, sans aucune  égratignure.

n  Victor Dubief avait vu le jour à Morez, le 4 avril 1844 à trois heures de l’après-midi, du mariage de Pierre Joseph Dubief, instituteur, et de Marie Françoise Guy, sans profession.

 

 Le cheval succomba.

Le char fut réduit à un tas de petit bois.

 


Une journée qui aurait pu être un merveilleux souvenir et qui se termina tragiquement.

 

                                                                                À la semaine prochaine pour un nouvel article.

 

mercredi 23 septembre 2026

Une chiquenaude

 

Diverses orthographes pour ce mot :


  • ·         Chicquenode, en 1530.
  • ·         Chiquenaude, en 1532.

Ce terme est peut-être dérivé de :

  • ·         Baguenaude : gousse qui, en éclatant,   laisse partir ses graines en tous sens.

 

Son radical tchikk, exprime la petitesse ou encore un petit bruit sec.

 

  • Chiquenaude serait dérivé de chiquer : donner un petit coup « chic », sur le même modèle que piquenote, pichenette ou encore croquignole.

 

  • Une chiquenaude est donc un petit coup donné par la brusque détente du doigt médian.
  • Petite impulsion qui déclenche un effet.

·         Chiquenauder (1599) est repris en 1803 en donnant la locution : donner une chiquenaude.

 


Me revient en mémoire ce jeu où les participants donnaient, à tour de rôle, trois chiquenaudes à une bille afin de la propulser vers un objectif, généralement un trou dans le sol terreux du jardin ou de la cour de récréation.

Il en était de même avec de petites voitures effectuant un trajet, circuit automobile dessiné à la craie. Le but : franchir en premier la ligne d’arrivée. Celui qui sortait du circuit se trouvait disqualifié.


 Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert