mercredi 18 février 2026

Un zigomar

 


 Le mot zigomar est récent puisqu’existant dans notre langage depuis 1916.

Il est sorti tout droit du roman d’aventures de Léon Sazie « la bande des zigomars »

 

Ce fut donc Léon Sazie qui créa le personnage de Zigomar avec une première parution de ses méfaits en 1909 dans le journal Le matin.

Zigomar, un grand criminel portant une cagoule rouge afin de garder l’anonymat, est le chef d’une bande de malfaiteurs bien connue sous le nom de : la bande à Z.

Tout ce petit monde exerçait leurs criminelles activités à Paris.





Léon Sazie remporta un immense succès dès la première parution, aussi entre 1909 et 1924, il publia six romans. En 1938, sortit un recueil de nouvelles.

Zigomar fut adapté au cinéma par Victorien Jasset, trois films entre 1911 et 1913.

 

Étant donné les informations qui précèdent, vous aurez compris qu’un zigomar est un malfaiteur qu’il faut éviter de croiser.

 

Zigomar donna les diminutifs de zig et zigoto.


 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

samedi 14 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoist – l’enfance d’Alphonsine 2

 

Jean François Louis Damien Benoist naquit en septembre 1797 à Villamblain dans le Loiret. Il épousa une jeune fille, Marie Françoise Magdeleine Bellenoue, née à Péronville en novembre 1794.

La future travaillait à Epieds dans l’Eure, comme servante domestique.

Les noces furent célébrées le 3 juillet 1821 à Péronville où les jeunes époux vinrent s’installer.

À cette époque, l’ouvrage ne manquait pas, il fallait des bras pour les travaux des champs.

 

Le foyer Benoist accueillit son premier enfant neuf mois plus tard, le 30 avril 1822. Ce fut une fille, baptisée, Prudence Eugénie.

Arrivèrent ensuite :

·         Magloire désiré, le 29 février 1824.

·         François Honoré, le 1er avril 1826.

·         Victoire Honorine Clémence, la 1er octobre 1829.

·         Et enfin, Désirée Armandine Adolphine, le 27 janvier 1834.

 

En sa qualité de dernière-née, Adolphine restait auprès de sa maman, tandis que les plus grands participaient déjà aux diverses tâches domestiques et agricoles.

 

Toutefois, comme dans beaucoup de foyers, deux enfants quittèrent ce monde.

La petite Prudence Eugénie décéda le 5 novembre 1823. Elle n’avait que sept mois. Puis ce fut Magloire désiré, âgé de dix ans, le 1er septembre 1836.

 

Malgré le chagrin, il fallait avancer. C’était ainsi.

 

Mais le pire, fut le jour où Marie Françoise Magdeleine tomba malade et rejoignit dans le petit cimetière de Péronville, ses deux enfants déjà disparus.

Le 4 février 1839, Jean François Louis Damien Benoist devint veuf, avec à charge trois enfants dont la dernière, Alphonsine, venait de prendre cinq ans.

Victorine Honorine Clémence, l’aînée des enfants encore en vie n’ayant pas encore dix, il était difficile de lui imposer le fardeau de remplacer la mère de famille. Elle était courageuse, Victorine, mais le travail était démesuré pour ses frêles épaules.

 

Dans cette première moitié du XIXème siècle, un veuf avec enfants n’avait d’autres choix que de trouver rapidement une « remplaçante ». Une jeune veuve avec enfants également ou une célibataire n’ayant jamais trouvé de prétendant.

Il y avait, dans les villages, des « marieuses ». C’était à elles que revenait la lourde mission de dégotter la « perle rare ». Ce n’était pas toujours aisé et il fallait souvent négocier.

Parfois, les marieuses ne s’avéraient pas nécessaires, il y avait toujours une cousine éloignée qui, après le décès de la maman, venait au foyer pour aider et prendre soin des petits. Bien évidemment, cette situation faisait jaser... ne laissant qu’une seule issue, le mariage.

 

Qu’en fut-il pour Jean François Louis Damien Benoist ?

mercredi 11 février 2026

Gibbeux (euse)


 

Gibbeux (euse) – adjectif attesté au XVe siècle, emprunté au bas latin gibbosus (bossu) de gibbus (bosse).

 

Gibbeux : qui est pourvu d’une ou plusieurs bosses (1590).

Gibbeux : qui a la forme d’une bosse.

 

Une gibbosité (1490) : bosse produite par une difformité de la colonne vertébrale.

Une gibbosité (1803) : proéminence en forme de bosse.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du


                  
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 6 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoît – introduction 1

 


Ce qui va suivre a bien failli ne jamais voir le jour faute de renseignements suffisants pour un écrit intéressant et cohérent.

Le cas d’Adolphine Benoist ne comptait que quelques petites phrases dans les journaux, délivrant parcimonieusement des bribes de l’histoire.

Un lieu dans l’Eure-et-Loir, le nom d’un meunier à Guillonville et des phénomènes étranges...

 

Il m’a fallu beaucoup de temps et une immense patience pour recentrer les événements géographiquement, replaçant les personnes dans leur environnement.

Des heures à parcourir listes de recensement et Etat civil. 

 

Après des efforts minutieux et sur-concentrés, je vous emmène à présent dans l’Eure-et-Loir....

 

En ce début d’année 1849, Désirée Armandine Adolphine venait de prendre quinze ans[1]. Dernière-née de Jean François Benoist[2] et de Marie Françoise Magdeleine Bellenque, elle avait été placée l’année précédente, comme fille de ferme,  à Guillonville.

 

Jean François Louis Damien Dolleans était meunier à Guillonville. De son mariage avec Marie Césarine Angélique Gaucheron, célébré le 8 juin 1841 à Guillonville, de nombreux enfants avaient déjà vu le jour, aussi l’aide de la jeune Adolphine s’avérait plus que nécessaire, d’autant plus qu’elle était efficace.

 

Mais avant de vous conter les événements de 1849, je souhaite revenir en arrière jusqu’au temps de l’enfance d’Adolphine.



[1]  Désirée Armandine Adolphine BENOIST - Née le lundi 27 janvier 1834 – Péronville – Eure-et-Loir.

[2] Deux orthographes sur les divers documents : Benoit et Benoist.

mercredi 4 février 2026

Un gibier

 


Gibier, nom masculin, découlant de l’ancien français gibiez (vers 1178).

Aller an gibiers : aller à la chasse.

 

Le gibier, en 1377, désigne la viande d’oiseaux chassés.

Le gibier, vers 1539, nomme l’ensemble des animaux bons à manger, pris à la chasse.

 

Au sens figuré, vers 1480, un gibier est une personne que l’on poursuit.

Toujours au sens figuré, en 1668, le gibier de potence qualifie un malfaiteur digne d’être exécuté.

 

De gibier découle :

·         Giboyer – verbe – orthographié au XIIIe siècle : giboïer : chasser les oiseaux.

Ce verbe giboyer prend le sens de chasser en général au XVIe siècle.

 

En 1679, le chasseur utilisait de la « poudre à giboyer » : poudre de chasse.

 

Un giboyeur, nom ancien du chasseur, en usage à partir de 1581, est sorti de notre vocabulaire.

Par contre, l’adjectif Giboyeux (euse) (attesté depuis 1700) est toujours utilisé pour qualifier un étang, un fleuve, une mer ou encore une forêt riche en poissons et en gibier.

 

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

mercredi 28 janvier 2026

Une giberne

 



 

Ce nom féminin, une giberne (1573), est probablement issu du bas latin zaberna (IVe siècle).

Giberne eut avant deux orthographes différentes :

·         Gabarna.

·         Gaberina.

 

Une giberne, sorte de bissac, de gibecière.

·         En 1448 : équipement militaire consistant en une boite recouverte de cuir pour mettre les cartouches.

·         Au début du XXe siècle : sac de l’écolier.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

Autre cas électrique – Honorine Seguin[1]

 

 

Elle s’appelait Honorine Seguin. En 1857, elle avait été placée en apprentissage chez une lingère de La Haye (Indre-et-Loire).

La jeune fille possédait beaucoup d’intelligence et avait reçu une grande éducation morale.

 

 

Cela commença au début du mois de décembre 1857...

Alors qu’Honorine, âgée de treize ans et demi, travaillait à côté de sa maîtresse, la table devant laquelle elles se trouvaient fit un grand bond. Les deux femmes, effrayées, se reculèrent, mais la table ne s’arrêta pas, elle suivit la jeune apprentie dans tous ses mouvements, avant de se renverser.

Mais la table ne fut pas la seule à réagir à l’approche d’Honorine. Tous les meubles (tables – chaises, bois de lit...) réagissaient de même.

 

Le docteur G. Pineau, afin de faire le constat des phénomènes, se déplaça auprès de la jeune fille le 10 février 1858.

 

Lors de la première rencontre, Honorine s’assit sur une chaise auprès du docteur et plaça une autre chaise en contact avec le bas de sa robe qui traînait sur le parquet.

Après une heure, le jupon de la jeune fille se gonfla[2], touchant un des barreaux de la chaise vide qui à ce contact commença à bouger.

Ce qui fut le plus étonnant, ce fut que cette chaise semblait obéir aux ordres de la demoiselle.

 En voilà quelques exemples :

Demande d’Honorine :

·         Va te placer là : la chaise glisse sur le parquet et va se positionner à l’endroit désigné.

Autre commandement :

·         Lève-toi sur deux pieds : la chaise se lève et demeure en équilibre.

Puis encore plus surprenant :

·         Frappe dix coups d’un de tes pieds de devant : la chaise les frappe.

·         Marque la mesure pendant que je vais chanter : la chaise bat la mesure.

 

L’expérience dura deux heures.

 

Les effets dits « électriques » diminuèrent jusqu’à disparaître complètement au bout de trois mois.

 



[1] Je n’ai malheureusement pu trouver aucun renseignement sur les personnes de ce récit. Certains noms de lieux n’étant que des quartiers ou des hameaux et certaines villes ayant fusionnées. Pas toujours facile de tracer certaines familles dans ces conditions.

[2] Un vent électrique selon le docteur G. Pineau.