mercredi 11 mars 2026

Un ringard ringard ?

 

Ringard, un mot d’argot apparu dans les années 1960, dans le milieu théâtral.

 

Son origine est bien obscure. Noir complet avant les feux de la rampe.

Mot attribué tout d’abord à un artiste (chanteur – acteur...), artiste de l’ombre qui recherche de petits rôles dans l’espoir de percer un jour.

De là, il désigna un incapable (1970), une personne médiocre, démodée (1974), puis également une chose vieillotte et/ou de mauvaise qualité.

De ce nom et adjectif, découle :

  • ·         Une ringardise (1974) : personne ou objet de caractère ridiculement démodé.

Pas flatteur du tout !!!

 Mais attendez !!!! Ce n’est pas tout !!!

 Il existe un autre « ringard ».

Son origine ? Un mélange d’emprunts :

  • ·         Au wallon, ringuèle : levier
  • ·         À l’allemand, rengel : bûche, rondin – provenant du verbe rangeln : écarter les scories dans un fourneau de forge, d’où le nom, un ringard.

Un ringard, barre de fer servant à manier de grosses pièces à forger, à attiser le feu, à retirer les scories.

D’autres mots de la même origine :

  • ·         Ringarder - verbe transitif (1873) : remuer le combustible.
  • ·         Un ringardage (1950) : action de ringarder.
  • ·         Un ringage (1877) : mâchefer – scories obstruant la grille d’un foyer.

 

Alors, est-ce qu’un ringard peut être ringard ?

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

mardi 10 mars 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoist – symptômes et remèdes - 5

 Que faire devant tout ce chambardement ?


Ne sachant à quel saint se vouer, la femme du meunier, demanda à sa servante de s’agenouiller et de réciter les sept psaumes de la pénitence. Elle-même se mit en prière.

Rien n’y fit !

 

L’intervention d’un homme d’église devenait indispensable.

Le curé de Cormainville, après avoir eu un entretien accompagné de prières avec Adolphine, fit ce petit rapport : 

« Voici ce que j’ai fait : sans soupçonner ni attaquer personne, après m’être bien assuré par moi-même que les faits étaient réels, j’ai conduit des témoins en nombre suffisant et très dignes de foi à nos supérieurs ecclésiastiques de Chartres qui bien convaincus de la vérité des faits et sans en être nullement étonnés m’ont excité à faire les exorcismes et c’est ce que j’ai fait suivant en tout point ce qui est dans le rituel et le jour même l’obsession a disparu entièrement à la grande joie des pauvres fermiers qui desséchaient de chagrin et de peine. »

L’accalmie fut, malheureusement, de courte durée.

 

Le docteur Larcher de Sancheville qui examina la servante ne put que conclure sans autre explication :

 « Cette jeune fille électrique, âgée de quatorze ans, domestique de ferme, d’une intelligence bornée, serait douée d’une force d’attraction très extraordinaire, à l’endroit des meubles ou autres objets qui l’entourent. La première fois qu’on reconnut les effets de cette singulière faculté, la petite paysanne était en train de bercer un des deux enfants de ses maîtres ; tout à coup, les deux portes d’une armoire fermées à clé s’ouvrent toutes seules, et le linge qu’elle contenait est jeté à travers la chambre, comme lancé par une main invisible. Au même instant une pelisse qu’on avait posée sur le lit voisin, enveloppe le berceau et se fixe sur elle assez fortement pour qu’on ait de la peine à l’enlever. »

 

Le moulin fut assailli par les curieux. Pour une fois qu’il se passait quelque chose de peu ordinaire, il n’était pas pensable de louper le spectacle. Il fallait bien engranger des événements dans la mémoire pour avoir de quoi raconter aux veillées.

Certains frémissaient de peur, mais tout le monde criait : « Au maléfice, au sortilège ».

Voilà tout ce petit monde, sorti de son ordinaire, heureux que leur village accueillit les journalistes de l’Abeille qui, venus sur place, interrogeaient les badauds, fiers d’être écoutés.

 

Tout ce remue-ménage ne résolvait rien, et pour l’entourage de la jeune servante la situation devenait compliquée. Il fallait réfléchir sérieusement.

Adolphine n’avait-elle pas, tout simplement, besoin de repos ?

Dans cette hypothèse, il fut décidé d’envoyer Adolphine à l’hospice de Patay où, trouvant pendant cinq jours une vie calme et réglée, aucun fait étrange ne se produisit.

Mais aussitôt de retour au moulin, les prodiges reprirent.

 

Autour de la jeune fille, se murmuraient bien des choses et notamment : « N’y aurait-il pas là-dessous quelques supercheries ? »

La commission Arago n’avait-elle pas conclu, lors d’un cas semblable, que les mouvements brusques des objets s’expliquaient par « des manœuvres habiles et cachées des pieds et de mains » ?

Surveillance ! Surveillance !

Ce fut à la sœur de la maîtresse de maison, « une femme plein de sagacité et de bon sens » que revint cette tâche.

Quinze jours durant, la surveillante attentive scruta, jour et nuit, tous les mouvements et déplacements d’Adolphine.

Et alors ?

« Hé bien ! Il a été impossible de découvrir à mademoiselle Dolléans la moindre tromperie dans cette jeune fille. Les faits se reproduisaient chaque jour avec une intensité croissante. »

 

La sentence tomba alors irrémédiable :

La pauvre servante fut illico presto renvoyée chez ses parents à Péronville.

Dans le foyer paternel, le calme se fit aussitôt. Enfin ! 


Vous souvenez-vous d’une autre fille électrique, la jeune Angélique Cottin, en 1846 ?

Les mêmes phénomènes s’étaient produits. Les scientifiques avaient conclu qu’elle était prise d’un « état électrique » qui existe naturellement chez certains poissons et qui peut se montrer passagèrement chez l’homme à l’état pathologique. 

Les deux cas paraissent bien semblables.

 

Désirée  Armandine Adolphine Benoist, née le 27 janvier 1834 à Péronville, décéda le 19 mai 1893 à Sandillon dans le Loiret.

Le 17 avril 1853, elle avait épousé Charles Isidore Alfred Maison.

Je suppose que le courant passa très bien entre eux, car ils eurent plusieurs enfants dont :

Louise Clémentine Ernestine – Antoine Ambroise – Casimir – Ferdinand...

 

Ainsi s’achève « le roman de la jeune Adolphine ».

mercredi 4 mars 2026

Une zizanie

 

Zizanie, nom féminin apparu vers 1291.



Cette zizanie vient du bas latin ecclésiastique zizania signifiant : ivraie et au sens figuré : jalousie.

 

Employé d’abord dans la langue biblique pour : mauvaise herbe, la zizanie prit un temps le sens figuré de méchanceté (1474). Ce sens a totalement disparu.

Reste toutefois cette locution (1489) : semer la zizanie : semer la discorde.

 

Vous connaissez sans aucun doute ce film, la zizanie, dont les interprètes principaux sont Annie Girardot et Louis de Funès.

Les deux personnages, mari et femme, sont en total désaccord !

Je dirai même que cette mésentente sème une vraie pagaille !!!  

 

Pas de zizanie en ce qui concerne cet article. Nous n’allons tout de même pas avoir des mots pour un mot !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 27 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoist – Les incidents de la fin d’année 1848 - 4

 

Alphonsine était maintenant au moulin des Dolléans.


Après quelques semaines, c’était même devenu la routine.

Debout dès l’aube et couchée fort tard, elle passait son temps entre les différentes tâches qu’on lui avait attribuées.

Elle s’occupait aussi des jeunes enfants du meunier, Marie Zoé, François Damien et Narcisse Alexandre.

Les moissons avaient été faites, le foin était rentré, les premiers froids avaient surpris par leur intensité, Noël approchait.

 

Un matin après la mi-décembre, le meunier Dolléans constata un vol de foin dans la grange. Il alla aussitôt en informer le maire du village. Les soupçons se portant tout de suite sur un domestique[1] de ferme, les autorités procédèrent à une perquisition au domicile du jeune homme.

Perquisition n’ayant rien révélé de flagrant.

 

Comment avait-on soupçonné ce journalier ?

Tout simplement sur le témoignage d’Adolphine qui avait aperçu l’homme entrer dans la grange, la veille du forfait, à la nuit tombée.

 

Sans preuve, pas d’arrestation. L’affaire s’arrêtait là.

Par prudence, le meunier Dolléans licencia son domestique. Aurait-il pu conserver sa confiance à son employé après cette suspicion ?

 

Deux jours après les faits, un incendie se déclara dans une des dépendances du moulin.

Heureusement, le feu fut vite maîtrisé et les dégâts minimes.

 

Pour le second méfait, il y avait assurément un mobile. Un domestique renvoyé, poussé par la vengeance et allumant un brasier : ce ne pouvait être que le voleur de foin.

Cette fois, l’arrestation mena à un jugement et à la condamnation du coupable à une peine d’un mois d’emprisonnement.

Le calme semblait enfin revenu au sein du foyer Dolléans.

 

Sauf que ce ne fut pas le cas, car des phénomènes d’une étrangeté diabolique se produisirent.

La jeune Adolphine attirait les objets à elle.

·         Un collier de cheval venant se placer sur ses épaules,

·         Des corbeilles de pain lui tombant sur la tête,

·         Un sac vide la coiffant ou se collant à son corps sans qu’on ne puisse l’ôter,

·         Les meubles dansant, changeant de place,

·         Un peloton de fil venant se loger dans son dos,

·         Toutes sortes d’objets tels, bouts de chandelle, morceaux de viande, pris de frénésie.

Une vraie farandole d’objets dans les pièces où se trouvait la jeune fille.

 

À bien réfléchir, les mêmes phénomènes qui s’étaient produits lorsqu’Adolphine vivait encore chez son père quelques années auparavant.

La première fois, n’était-ce pas en raison d’une révolte contre sa belle-mère et la naissance de ses nouveaux frères et sœurs ?

En ce début janvier 1949, fallait-il prendre en compte les événements du mois précédent au moulin qui avaient choqué, perturbé la jeune fille ?

Savants, prêtres et journalistes allaient se pencher sur le cas « Adolphine Benoist »......



[1] Je n’ai pas retrouvé le nom de l’accusé ni dans les articles de journaux, ni dans les registres d’écrou.

mercredi 25 février 2026

Zigouiller

  


Le verbe zigouiller est attesté dans notre langage depuis la fin du XIXème siècle (1895).

Un mot dialectique venant du Poitou et signifiant :

·         Couper avec un mauvais couteau.

o   Zigue-zigue : mauvais couteau.

 

On trouve aussi une variante dans le verbe zigailler : couper maladroitement – scier mal.

 

Zigouiller, un mot familier, qui n’est plus réellement employé.

 

Avant de disparaître, il a pris, peu à peu, le sens de tuer quelqu’un avec un couteau et enfin de tuer tout simplement quel qu’en soient les moyens.

 

Celui qui a zigouillé quelqu’un, a effectué un zigouillage (1934).

 

Petit conseil : Zigouiller, ne surtout pas exécuter cet acte. Pas de violence .... Merci !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 20 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Besnoît – La remplaçante 3

 


 
Marie Françoise Joséphine Dolléans avait trente-trois ans lorsqu’elle mit au monde un petit garçon, le 24 janvier 1838 à Courbehay[1]. Ce fut Jean Baptiste Dolléans, âgé de quatre-vingts ans, qui alla déclarer la naissance de son petit-fils auquel avait été donné le prénom de Pierre Alphonse.

Marie Françoise Joséphine vivait chez ses parents, elle n’était pas mariée. Pierre Alphonse était un enfant dit naturel.

 

François Louis Damien  Benoist eut-il recours aux services de Marie Françoise Joséphine après le décès de son épouse Marie Françoise Magdeleine, en février 1839 ?

Une marieuse se chargea-t-elle de négocier un mariage entre la jeune femme, pointée du doigt par les voisins en raison de son état de fille-mère et l’homme récemment veuf, recherchant une femme pour tenir son ménage ?

Les questions resteront sans réponse, malheureusement, et je suis la première à le regretter.

 

Tout ce que je peux vous dire avec certitude, c’est que François Louis Damien  Benoist et Marie Françoise Joséphine Dolléans se marièrent le 23 octobre 1839 à Péronville.

  

Adolphine vit sa maison envahie, non seulement par la remplaçante de sa maman, mais également dut subir l’arrivée d’un « petit frère » qui n’en était pas un.

Et ce ne fut pas tout !

Deux enfants naquirent à la suite du remariage de son père :

·         Césarine Joséphine, le 28 juillet 1840.

·         Désiré Alfred, le 19 décembre 1842.

 

À la naissance du petit Désiré Alfred, Adolphine avait huit ans.

Devenue grande sœur, elle devait effectuer des tâches ménagères pour soulager sa belle-mère !

 

La fillette n’acceptait pas sa belle-mère, mais les deux nouveaux bébés qui lui tendaient les bras étaient irrésistibles.

 

Quelques années plus tard, des événements étranges se produisirent au logis. Des objets se déplaçaient tout seuls, uniquement lorsqu’Adolphine se trouvait dans la maison. Ces phénomènes qui ne durèrent pas longtemps furent vite oubliés lorsque le foyer retrouva son calme.

 

Marie Françoise Joséphine Dolléans avait un  petit-cousin[2], Jean François Louis Damien Dolléans  meunier à Guillonville. Il cherchait une domestique de ferme. Alphonsine, à quatorze ans, étant capable de s’occuper de jeunes enfants, d’un potager et d’une basse-cour, il fut acté qu’elle irait au moulin. Elle fit alors son balluchon et quitta le foyer paternel.

 

C’était à l’été 1848, tout se passait très bien jusqu’à.......

 



[1] Courbehay – Eure-et-Loire.

[2] Leurs grands parents : Jean Baptiste Dolléans (1758 – 1838) et Louis (1825 - ?) étaient frères. Fils de Jean Dolléans et Marie  Louise Thomas.

mercredi 18 février 2026

Un zigomar

 


 Le mot zigomar est récent puisqu’existant dans notre langage depuis 1916.

Il est sorti tout droit du roman d’aventures de Léon Sazie « la bande des zigomars »

 

Ce fut donc Léon Sazie qui créa le personnage de Zigomar avec une première parution de ses méfaits en 1909 dans le journal Le matin.

Zigomar, un grand criminel portant une cagoule rouge afin de garder l’anonymat, est le chef d’une bande de malfaiteurs bien connue sous le nom de : la bande à Z.

Tout ce petit monde exerçait leurs criminelles activités à Paris.





Léon Sazie remporta un immense succès dès la première parution, aussi entre 1909 et 1924, il publia six romans. En 1938, sortit un recueil de nouvelles.

Zigomar fut adapté au cinéma par Victorien Jasset, trois films entre 1911 et 1913.

 

Étant donné les informations qui précèdent, vous aurez compris qu’un zigomar est un malfaiteur qu’il faut éviter de croiser.

 

Zigomar donna les diminutifs de zig et zigoto.


 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert