mercredi 29 juillet 2026

Une gloriette

 


 

Une gloriette. Voilà un bien joli mot que j’ai découvert au fil de mes lectures et dont je souhaitais vous faire profiter.

Sa terminaison en « ette » le renvoie à la « petitesse ».

En effet, une gloriette est le diminutif de glorie.




Voici ses différentes significations :

·         Gloriette :

o   Avant 1188 et en général           : petite pièce.

o   Vers 1160                                   : nom donné au palais de Guillaume d’Orange.

o   1417                                           : chambre surélevée.

o   1548                                           : petit pavillon et plus spécialement, petit pavillon de       

                                                         verdure dans un jardin.

 

Mais, à partir de 1304, on appelait aussi gloriette une grande cage à oiseaux en forme de pavillon.

 


N’est-il pas beau, ce mot ? Qu’en dites-vous ?

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

         « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

En feuilletant la gazette.

 


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, 6 mars 1912, à Pont-de-l’Arche dans l’Eure.

 

Un accident d’automobile en ce mois de mars 1912.

Le 6 mars, exactement, vers quatre heures de l’après-midi.

Le cycliste dont le nom n’est pas mentionné dans l’article, traversant la chaussée, a été bousculé par une voiture.

Le conducteur de l’automobile, Grégoire Lefrançois, dépassait une voiture garée sur le côté et n’a pas vu le cycliste. Il a freiné, bien sûr, mais au dernier moment.

Ce conducteur  était au service de Monsieur Paul H...  Rien sur ce monsieur qui devait être aisé puisqu’il possédait une automobile et avait à son service un chauffeur.

Un industriel ? Un haut fonctionnaire ?

Pas suffisamment d’informations pour pouvoir l’identifier.

 

Le chauffeur, par contre, âgé de cinquante-cinq ans en 1912, avait de l’expérience.

Avant d’être embauché par M. H., il est noté, sur les recensements de 1906 de Saint-Aubin-Celloville, dans la rubrique profession : « chauffeur chez Denis ».

Grégoire Amédée Lefrançois avait vu le jour à Saint-Aubin-Celloville, le 19 mai 1857 à une heure du matin.

 



Le docteur Leduc, de Pont-de-L’arche, a donné les premiers soins au blessé. Il ne constata rien de grave. Heureusement.

Ce docteur, Léon Leduc, demeurait à Pont-de-L’arche, rue de Montalent. Il avait vu le jour à Rouen, en avril 1873.

 

Un accident de voiture qui n’eut aucune suite dramatique pour le cycliste, mais peut-être pour la bicyclette.... Mais l’article ne mentionne pas les dommages matériels.

mardi 21 juillet 2026

Faire du gringue

 

 


Un gringue, vers 1878, désignait un pain.

Gringue vient de grignon (1564) : morceau de pain.

Du verbe grigner : grignoter.

 

Mais quel rapport existe-t-il avec cette locution : faire du gringue qui, en fait, peut se traduire par :     

·         faire l’aimable (1901) ?

 

Peut-être en raison des pêcheurs qui confectionnaient des petits pains d’appât – faisant ainsi « l’aimable » pour amadouer le poisson.

Par extension, faire du gringue prit, après 1911, le sens de : faire la cour à une femme.

 

Ne trouvez-vous pas ce rapprochement un peu tiré par les cheveux ?

 

Enfin, on sait bien qu’il suffit de peu de choses pour qu’un mot change de sens.

Et puis, n’y a-t-il pas qu’un pas entre les petits pains, appât pour la pêche, et le déploiement de charmes masculins pour appâter la gente féminine.

 

Une phrase lancée par plaisanterie, sur la place du marché, devant l’étal d’une jolie poissonnière, entre deux amis, par exemple.

« As-tu fini de lui faire du gringue ? »

 

J’extrapole, bien sûr, mais l’idée m’amuse !


Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

 

Ce jour-là à Amiens.

Le 6 mars 1912, par exemple, un petit article relatant le suicide d’un jeune sous-officier de 26 ans.

Chagrin d’amour, supposa-t-on.

 



En lisant ces quelques lignes, après une pensée pour ce jeune homme désespéré, pour sa famille aussi, le lecteur passait à l’article suivant...

Pas moi ! Je me suis tout de suite demandé :

Mais qui était ce jeune homme du nom d’Henri Masson ?

 

Par curiosité, je me suis penchée sur son histoire, sur sa vie écourtée.

Heureusement, nous possédons de nos jours la possibilité de remonter le temps sans bouger de notre fauteuil.

 



  • ·         La fiche militaire d’Henri Masson donne beaucoup de renseignements et notamment :

Henri Masson de la classe 1906.

Né à Charly-sur-Marne dans l’Aisne, le 12 août 1886 et résidant dans sa ville natale.

Il était le fils de Baptiste Albert Masson et de Louise Léa Charpentier.

Il exerçait le métier de maréchal-ferrant.

Il possédait des yeux gris-bleu et des cheveux noirs.

Pas très grand, puisqu’il ne mesurait qu’un mètre 51.

Petite précision : il avait une cicatrice à la main droite, suffisamment importante pour être notifiée.

  • ·         Côté familial : ses parents, mariés le 11 septembre 1882, avaient demandé le divorce qui fut prononcé le 1er août 1894.

Son père, Baptiste Albert Masson, jardinier, décéda le 24 novembre 1899 à l’âge de 41 ans.

Remariage de Louise Léa Charpentier deux ans après la dissolution de son mariage par divorce, en décembre 1896, avec Georges Couvreur, maréchal-ferrant.

Était-ce avec son beau-père qu’Henri Masson avait appris le métier de maréchal-ferrant ? Sans aucun doute.

  • ·         Côté armée : Ce jeune homme fut appelé sous les drapeaux, le 9 octobre 1907. Première étape : seconde classe dans le 72e régiment d’infanterie.

Ayant une bonne instruction, puisque notée « 3 » sur sa fiche militaire, Henri fut nommé au grade de caporal, le 26 septembre 1908.

Réengagé pour deux années le 16 juillet 1909 – à compter du 1er octobre 1909 - il passa au grade de sergent, le 18 juin 1910.

La vie militaire devait lui convenir, car il signa de nouveau pour deux années, le 24 avril 1911 – prise en compte à partir du 1er octobre 1911.

 


Pourquoi cet acte désespéré et dramatique du           4 mars 1912 à Amiens ?

Pourquoi Henri Masson s’était-il donné la mort ?

Chagrin d’amour ?

Henri Masson n’ayant laissé aucune lettre, nous ne le saurons jamais.

mercredi 15 juillet 2026

Pataquès

 


 

1784, pataquès : déformation orale, un tantinet comique, de «  je n’sais pas ‘t à qu’ est-ce ».

·         Pas t’ à : mauvaise liaison.

Mais « patac » désignait un coup, un bruit que l’on retrouve dans divers autres mots comme : patatras, patata, patapon.....

 

Donc, vu ce qui précède, le mot pataquès est dû à une faute de liaison consistant à remplacer un S par un T ou réciproquement.

Un pataquès, par extension de ce défaut de prononciation, a pris la signification de : discours confus et inintelligible.

 

Vers 1875, dans l’argot des typographes, pataquès désigna un mastic (erreur par inversion de caractères, mots ou lignes) ou encore une action maladroite.

 

À présent, faites très attention lorsque vous parlez : n’allez pas mélanger les syllabes ou faire des liaisons « mal t’à propos » !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

mercredi 8 juillet 2026

Un loustic

 

 

Loustic, nom masculin puisant son origine


dans l’allemand :

·         lustig : gai, joyeux, amusant.

Du latin :

·         Lascivus : lascif.

Du vieux slave :

·         Laska : flatterie.

 

Ce mot est apparu dans le langage français au XVIIIe siècle, introduit par les régiments suisses. Il eut plusieurs orthographes :

·         Loustig en 1759.

·         Loustic en 1764.

 

À son apparition, le mot loustic désignait le bouffon du régiment, chargé de distraire les soldats.

Quelques années plus tard (vers 1834), loustic nommait un boute-en-train, toujours au sein d’une caserne.

 

Quittant le milieu militaire, il est entré dans l’usage courant, vers 1764, pour qualifier une personne ayant le rôle d’amuser une société par ses plaisanteries.

Vers 1832, le loustic devint un individu facétieux.

 

De nos jours, on attribue au loustic une valeur péjorative, avec un sens empli de méfiance.

·         Un drôle de loustic : un drôle de type.

 

Une personne à approcher avec précaution !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                         « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

mercredi 1 juillet 2026

Un lazzi

 

Lazzi, terme emprunté au théâtre italien.

Lazzi est le pluriel de lazzo : jeux de scène comiques (1660).

 

Lazzi est entré dans notre langage comme terme de la commedia dell’arte, désignant des plaisanteries bouffonnes, des moqueries.

 

Le français permet : un lazzi et son pluriel en des lazzis.

 


Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                            Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert