mercredi 4 février 2026

Un gibier

 


Gibier, nom masculin, découlant de l’ancien français gibiez (vers 1178).

Aller an gibiers : aller à la chasse.

 

Le gibier, en 1377, désigne la viande d’oiseaux chassés.

Le gibier, vers 1539, nomme l’ensemble des animaux bons à manger, pris à la chasse.

 

Au sens figuré, vers 1480, un gibier est une personne que l’on poursuit.

Toujours au sens figuré, en 1668, le gibier de potence qualifie un malfaiteur digne d’être exécuté.

 

De gibier découle :

·         Giboyer – verbe – orthographié au XIIIe siècle : giboïer : chasser les oiseaux.

Ce verbe giboyer prend le sens de chasser en général au XVIe siècle.

 

En 1679, le chasseur utilisait de la « poudre à giboyer » : poudre de chasse.

 

Un giboyeur, nom ancien du chasseur, en usage à partir de 1581, est sorti de notre vocabulaire.

Par contre, l’adjectif Giboyeux (euse) (attesté depuis 1700) est toujours utilisé pour qualifier un étang, un fleuve, une mer ou encore une forêt riche en poissons et en gibier.

 

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

mercredi 28 janvier 2026

Une giberne

 



 

Ce nom féminin, une giberne (1573), est probablement issu du bas latin zaberna (IVe siècle).

Giberne eut avant deux orthographes différentes :

·         Gabarna.

·         Gaberina.

 

Une giberne, sorte de bissac, de gibecière.

·         En 1448 : équipement militaire consistant en une boite recouverte de cuir pour mettre les cartouches.

·         Au début du XXe siècle : sac de l’écolier.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

Autre cas électrique – Honorine Seguin[1]

 

 

Elle s’appelait Honorine Seguin. En 1857, elle avait été placée en apprentissage chez une lingère de La Haye (Indre-et-Loire).

La jeune fille possédait beaucoup d’intelligence et avait reçu une grande éducation morale.

 

 

Cela commença au début du mois de décembre 1857...

Alors qu’Honorine, âgée de treize ans et demi, travaillait à côté de sa maîtresse, la table devant laquelle elles se trouvaient fit un grand bond. Les deux femmes, effrayées, se reculèrent, mais la table ne s’arrêta pas, elle suivit la jeune apprentie dans tous ses mouvements, avant de se renverser.

Mais la table ne fut pas la seule à réagir à l’approche d’Honorine. Tous les meubles (tables – chaises, bois de lit...) réagissaient de même.

 

Le docteur G. Pineau, afin de faire le constat des phénomènes, se déplaça auprès de la jeune fille le 10 février 1858.

 

Lors de la première rencontre, Honorine s’assit sur une chaise auprès du docteur et plaça une autre chaise en contact avec le bas de sa robe qui traînait sur le parquet.

Après une heure, le jupon de la jeune fille se gonfla[2], touchant un des barreaux de la chaise vide qui à ce contact commença à bouger.

Ce qui fut le plus étonnant, ce fut que cette chaise semblait obéir aux ordres de la demoiselle.

 En voilà quelques exemples :

Demande d’Honorine :

·         Va te placer là : la chaise glisse sur le parquet et va se positionner à l’endroit désigné.

Autre commandement :

·         Lève-toi sur deux pieds : la chaise se lève et demeure en équilibre.

Puis encore plus surprenant :

·         Frappe dix coups d’un de tes pieds de devant : la chaise les frappe.

·         Marque la mesure pendant que je vais chanter : la chaise bat la mesure.

 

L’expérience dura deux heures.

 

Les effets dits « électriques » diminuèrent jusqu’à disparaître complètement au bout de trois mois.

 



[1] Je n’ai malheureusement pu trouver aucun renseignement sur les personnes de ce récit. Certains noms de lieux n’étant que des quartiers ou des hameaux et certaines villes ayant fusionnées. Pas toujours facile de tracer certaines familles dans ces conditions.

[2] Un vent électrique selon le docteur G. Pineau.

mercredi 21 janvier 2026

Qui était le docteur Dominique François Jean Arago ?

 


Au cours des divers articles concernant Angélique Cottin, un nom revient continuellement, celui du docteur Arago.

Personnage important, suffisamment pour s’y attarder un instant.

 

Voilà ce que j’ai découvert.

 

Dominique François Jean Arago a vu le jour le 26 février 1786 à Estagel dans le Roussillon, de l’union de ses parents François Bonaventure et Marie Anne Agathe, née Roig.

 

Qui étaient ses parents ?

·         François Bonaventure Arago (1754 – 1814) :

o   Propriétaire terrien.

o   Maire d’Estagel et juge de paix de canton en 1790.

o   Directeur de l’Hôtel de la monnaie à Perpignan en 1795.

·         Marie Anne Agathe Roig :

o   Fille d’un paysan aisé.

 

 

Excellent élève, Dominique François Jean Arago se vit ouvrir, après ses études, les portes d’une brillante carrière.

 

·         Études secondaires au collège communal de Perpignan.

·         En 1803, il a alors dix-sept ans, il entre à l’École Polytechnique.

·         En 1805, il est nommé secrétaire-bibliothécaire de l’Observatoire de Paris.

·         En 1806, il est envoyé à Majorque pour poursuivre le relevé du méridien de Paris.

·         C’est la guerre d’Espagne, il est fait prisonnier et interné au château de Bellver[1]. Il s’évade et rejoint Paris en 1809.

·         Le 18 septembre 1809, il est élu membre de l’Académie des sciences. Il a alors vingt-trois ans.

·         En 1809 et pendant les vingt années suivantes, il exerce comme professeur-adjoint, puis professeur à l’École Polytechnique.

·         En 1816, il crée un cours d’« arithmétique sociale » : calcul de probabilités, d’économie mathématique et de démographie.

·         En même temps, il dépend du Bureau des longitudes à l’Observatoire de Paris.

·         En 1822, il est membre titulaire du Bureau des longitudes à l’Observatoire de Paris.

·         En août 1829, décès de son épouse, Lucie Carrier-Besombes, fille d’un ingénieur des Ponts-et-Chaussées.

·         En septembre 1830, il est élu conseiller général de la Seine.

·         En juillet 1831, il est élu député des Pyrénées-Orientales.

·         En 1834, il est promu directeur du bureau des observations à l’Observatoire de Paris.

·         En 1843, il devient directeur de l’Observatoire de Paris, poste qu’il garda jusqu’à son décès.

·         Après la révolution de 1848, il devient ministre de la Guerre, de la Marine et des Colonies (gouvernement provisoire de la Seconde République).

·         Après le coup d’Etat du 2 décembre 1851 – début du Second Empire – il démissionne de ses fonctions.

 


Vie de famille :

Dominique François Jean Arago est l’aîné de sa fratrie. Après lui virent le jour cinq autres garçons.

Tout comme lui, ses frères font également de brillantes carrières.

·         Jean (1788 – 1836) : général au service du Mexique.

·         Jacques (1790 – 1855) : écrivain et explorateur.

·         Victor (1792 – 1867) : aucun renseignement.

·         Joseph (1796 – 1860) : militaire.

·         Etienne (1802 – 1892) : écrivain et homme politique.

 

Le 11 septembre 1811, Dominique François Jean Arago épouse Lucie Carrier-Besombes, fille d'un ingénieur des Ponts et Chaussées. Trois fils naquirent de leur union : 

·         Emmanuel (1812 - 1896) : avocat et homme politique républicain, ministre pendant le siège de Paris en 1870.

·         Alfred (1815 - 1892), peintre et inspecteur général des beaux-arts.

·         Gabriel (1817-1832).

Un de ses petits-fils, Pierre Jean François, fils d’Emmanuel, est élu député des Alpes-Maritimes  sous la Troisième République.

Fin de vie : 

Souffrant de diabète, Dominique François Jean Arago décède le 2 octobre 1853.

Lors de ses obsèques, plusieurs dizaines de milliers de personnes assistèrent au passage du cortège entre l’Observatoire et le cimetière du Père-Lachaise où il repose.

 

Hommages :

 

 « Il est impossible d’être plus pittoresque, plus grand, plus beau même, que ne l’est François Arago à la tribune, quand une véritable passion l’emporte, [...] qu’il attaque les violateurs de la charte royaliste ou défende la Constitution républicaine. [...] C’est qu’Arago est non seulement la science, mais encore la conscience ; non seulement le génie, mais encore la probité !»

Alexandre Dumas

 

« Arago fut le grand évocateur de la génération scientifique du siècle ».

Félix Mornand.

 

« Une des étoiles de ce siècle vient de s'éteindre, il me semble que la mort d'Arago est une diminution de la lumière ».    

Victor Hugo

 



[1] Le  château de Bellver ( « château belle vue »), situé sur l’île de Majorque, sur une colline recouverte de pins, date du XIXe siècle. Il  était l’une des demeures des rois de l’île. Le château devint une prison militaire en 1717. En 1808, François Arago y a été tenu prisonnier lors de la Guerre d’Espagne. Au XIXe siècle, une usine de fabrication de pièces de monnaie y a été installée.

Un mot affectueux plein de tendresse.

  


J’adore faire des poutous à mes petits-enfants, sur leurs joues bien rebondies !

 

Ce mot poutou est d’origine occitane et il est attesté dans notre langage depuis 1784.

On trouvait aussi : poudoun et poutoun.

 

Ce n’est pas un mot « académique », mais « familier » désignant un baiser affectueux et sonore.

Sonore au point que je les nomme « des petits rossignols », car j’en module les trilles comme dans le chant de cet oiseau !

 

Mais, saviez-vous que de ce mot découle un verbe ?

Il s’agit du verbe, poutouner.

En ce qui me concerne, je poutoune des milliers de « petits rossignols » sur les joues de mes petits. Un vrai concert agrémenté de multiples variations accompagné de fous rires.

 

Vous avez aussi :

·         Le bécot donnant le verbe bécoter.

·         La bise.

·         Le bisou.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

mardi 13 janvier 2026

Qu’est devenue Angélique Cottin ?

 


 


Angélique Cottin perdit, peu à peu, toutes ses facultés « électriques ».

Était-elle alors retournée travailler dans l’atelier de la femme Loisnard ?

Louise Marie Loisnard, était sa tante, sœur du père d’Angélique. Née le 23 février 1795, elle avait épousé, le 9 février 1819, Pierre François Loinard.

 

Il fallait bien vivre, et je suppose qu’elle n’eut pas le choix.

 


Le 6 décembre 1853, à Saint-Jouin-de-Blavou dans l’Orne, Angélique épousa Jacques-Jean Desile.

Le couple eut sept enfants : trois filles et quatre garçons.

 

À partir de ce moment, on ne parla plus des événements.




 

Sauf....

 

Tout étant bon pour gagner un peu d’argent, le théâtre du Palais-Royal mit à l’affiche, le 9 mai 1846, une folie-vaudeville en un acte écrite par Clairville et Cordier. Le titre : la femme électrique.

De quoi électriser un public curieux.

 

Bien sûr, mon récit est un condensé. Si toutefois, vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur le site :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k22696c/f164.item.r=%22angelique%20cottin%22

 

Riquiqui ou Rikiki

 





Un riquiqui (rikiki) nom et adjectif attesté vers 1789.

Son radical RIK évoque :

  • ·         Au sens propre, la petitesse d’un mouvement, d’un coup, d’un objet....
  • ·         Au sens figuré, l’exactitude, le caractère strict, puis l’avarice et l’étroitesse d’esprit.

On le retrouve dans divers endroits :

  • ·         En Normandie, riquet : petit, mesquin.
  • ·         En Provence, riqueto : petit repas.

 

Un rikiki ou riquiqui était à l’origine, un petit verre, accompagnant assurément le riqueto (petit repas).

Mais il eut d’autres significations et entre autres :

  • ·         Une liqueur alcoolique.
  • ·         Une personne, une chose minuscule.

Qui se souvient du conte « Riquet à la houppe » ? Les aventures d’un enfant pas plus grand qu’un pouce.

Il y eut aussi un vaudeville écrit par Frédéric et Roset : « Monsieur Rikiki ou le voyage à Sceaux », représenté pour la première fois, à Paris, au Théâtre des Jeunes-Artistes, le 24 Mai 1806.

Dans cette pièce de théâtre en un acte, Monsieur Rikiki se trouve être un personnage prétentieux, ridicule et niais.

Voilà une critique que j’ai découverte, parlant de ce spectacle.

Courrier des spectacles, n° 3397 du 25 mai 1806, p. 2-3 :

[Le critique accorde une grande importance au fait que la pièce, qualifiée de « bluette », d'« enfantillage », est jouée par des enfants. Il affirme que le choix de telles pièces pour de jeunes interprètes n'a pas de valeur formatrice. La pièce du jour repose sur des jeux de mots et des calembours, que le public a salués avec enthousiasme. Les auteurs, nommés, « ont recueilli le prix de leurs veilles ». L'intrigue, rapidement résumée, repose sur l'habituel mariage d'une jeune fille que son père veut marier à Rikiki, « un marchand de tisanes » (profession qui ne fait pas rêver les jeunes filles !), quand elle lui préfère « un jeune peintre » qui, par la ruse, obtient la main de celle qu'il aime. La pièce est gaie, les couplets bien tournés, et les jeunes acteurs, des enfants, jouent bien.]



 

Pour les enfants, le rikiki nomme leur petit doigt ou encore celui de leur maman, vous savez, celui qui entend tout, sait tout et dit tout !!

Et il y eut aussi une bande dessinée : Roudoudou et Riquiqui.

Cette bande dessinée, destinée à la jeunesse, parut sous la forme d’un mensuel (Editions Vaillant) entre 1950 et 1972 et.

  • ·         Roudoudou, le petit cabri, créé par le dessinateur espagnol, José Cabrero Amal.
  • ·         Riquiqui, le petit ourson, créé par le dessinateur français, René Moreu. 

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De nos jours, rikiki ou riquiqui n’a gardé que l’extrême petitesse saupoudrée d’un petit rien de mesquinerie.

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert