Un petit
tour au fil des pages de la presse d’antan.
Non pas
celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.
Ce
jour-là, dans le Jura.
Il faisait
nuit.
Victor
Dubief, rênes en mains, guidait le cheval qui avançait doucement. La route étant dangereuse car longeant un
précipice d’environ quinze mètres, le
moindre écart de l’équidé pouvait être fatal.
La vigilance
était donc de rigueur.
Derrière
lui, dans le char où avaient été installés, face à face, deux bancs, les
voyageurs discutaient de la bonne journée qu’ils venaient de passer.
Malgré toute
l’attention du conducteur, le drame se produisit.
Le char se
renversa, entraînant dans sa chute le conducteur, les passagers et le cheval.
L’article
mentionne que la voie était en réparation en raison d’un récent éboulement de
roches et que ce chantier n’était nullement signalé comme le voulait la loi.
Le cheval,
surpris, fit un écart qui ébranla le véhicule.
Le bilan de
cet accident fut lourd :
Deux
morts :
- ·
Victor Bourgeois, horloger, âgé de
cinquante-quatre ans.
- ·
Jacqueline Colin, son épouse, âgée de
cinquante-et-un ans.
Malgré
leurs blessures, ils furent reconduits
chez eux à Morex, où ils décédèrent peu après :
- n
Jean
Victor Bourgeois décéda le 22 mai 1870 à dix heures du soir. Né à
Villard-saint-Sauveur dans le Jura, il avait cinquante-huit ans et exerçait le
métier d’horloger.
Il était le fils d’Emmanuel Bourgeois et de Claudine
Aimée Lacroix.
- n
Jacqueline
Colin rejoignit son époux quelques
heures plus tard, le 23 mai 1870 à trois heures du matin.
Âgée de cinquante-sept ans, elle était la fille de
Joseph Marie Emmanuel Colin et Jeanne Claudine Odobez.
Jean Victor
Bourgeois et Jacqueline Colin s’étaient
unis le 5 mars 1842 à Morez.
- ·
Henri Bourgeois, leur fils, eut deux blessures
graves à la tête.
Blessures
graves en effet, car il décéda des conséquences de celles-ci.
- n
Charles
Henri Bourgeois, né le 10 février 1844 à Morez, est décédé dans cette même
ville le 30 décembre 1872 à quatre heures du soir, à l’âge de vingt-huit ans.
Commis négociant, célibataire, fils des
défunts Jean Victor Bourgeois et Anne Joséphine Colin.
- ·
François-Léopold Henri, horloger, vingt-six ans,
n’a eu qu’un poignet foulé, le gauche, ainsi que la lèvre supérieure coupée.
- ·
Jeannette Coliget, âgée de quarante-huit ans et
demeurant à Genève, eut de petites écorchures au visage et, surtout, ce qui était plus important, une
jambe fracturée.
- ·
Sa fille, Clarisse Bourgeois, vingt-cinq ans :
contusions aux reins et au ventre, ainsi que le bras droit fracturé.
- ·
Victor Dubief, âgé de vingt-sept ans, marchand
de vin à Morex, s’en sortit, comme par miracle, sans aucune égratignure.
n
Victor
Dubief avait vu le jour à Morez, le 4 avril 1844 à trois heures de l’après-midi,
du mariage de Pierre Joseph Dubief, instituteur, et de Marie Françoise Guy,
sans profession.
Le cheval succomba.
Le char fut
réduit à un tas de petit bois.
Une journée
qui aurait pu être un merveilleux souvenir et qui se termina tragiquement.
À la semaine
prochaine pour un nouvel article.