Avant d’achever ce chapitre, je souhaitais vous parler brièvement de quelques autres cas.
Commençons par la petite Philippine Singer, fillette âgée de onze ans[1].
La petite Philippine vivait chez ses parents à Bergzabern, en Bavière rhénane.
Ce furent, pour elle tout d’abord, des amusements comme faire adhérer des bouts de feuilles de papier à ses mains ou sur un mur.Puis peu à peu, ce furent des clefs, des pièces de monnaie, des porte-cigares, des montres, des anneaux d’or et d’argent...
Tous, sans exception restaient suspendus à sa main.
Bizarre !!
Il fallait, aux parents de la petite fille, la faire examiner par un médecin.
La tâche de cet examen revint aux docteurs Beutner et Depping. C’était le 20 octobre 1852.
Les deux hommes de science vérifièrent qu’il n’y avait pas, là-dessous, quelques supercheries.
Non, aucune !
Les papiers et autres objets, de plus en plus lourds, adhéraient bien à la main de l’enfant.
Le 11 novembre 1852, un officier présent donna à Philippine son sabre avec le ceinturon, le tout pesait environ quatre livres.
À la stupéfaction de tous, sabre et ceinturon restèrent suspendu au majeur de l’enfant en se balançant, un temps assez long.
Le capitaine, M. Le Chevalier de Zentner, en garnison dans la ville, témoin de ce phénomène, mit une boussole près de la jeune Philippine. L’aiguille de la boussole dévia de 15°.
L’enfant devint une véritable attraction.
Afin de surveiller l’évolution des phénomènes, Philippine Singer fut admise dans une maison de santé à Frankenthal.
En cet endroit, loin de toute agitation, il fut remarqué que la propriété magnétique de l’enfant se
communiquait par simple contact des mains, aux personnes susceptibles de la
transmission du fluide.
À noter que Philippine était somnanbule.
Y avait-il un lien ?
Tout redevient à la normale, rapidement.
Passons maintenant à un autre cas, celui d’une jeune femme de vingt-neuf ans.
Cette jeune femme, Mme N., fut examinée à l’hôpital de Bicêtre par le médecin en chef, le docteur Féré.
Mme N. reconnue pour son intelligence (y avait-il un lien ?), avait la capacité d’attirer les corps légers –rubans, fragments de papiers...- qui adhéraient à ses doigts. Ses cheveux envoyaient des étincelles au contact du peigne, puis se soulevaient en s’écartant les uns des autres formant une corolle. Le linge crépitait au contact de sa peau en produisant des crépitations lumineuses. Ses vêtements se collaient à son corps entravant ses mouvements, surtout aux niveaux de ses jambes.
Tous ces phénomènes amplifiaient en fonction des émotions de la jeune femme. Les émotions intenses engendraient des réactions électriques soutenues.
Par temps froid et sec, ils se produisaient violemment, alors que par temps humide et brumeux, ils étaient quasi inexistants.
Observations et pas des moindres :
Mme N. avait une peau très sèche, ses jambes gerçaient au moindre froid.
Les effets se produisaient notamment au moment de ses menstruations.
Ce qui parut étonnant à la fin du XIXème siècle, serait qualifié, aujourdh’ui, de phénomène d’électricité statique.
Parlons maintenant du cas d’une dame âgée de cinquante-trois ans, Mme B.
Ce fut le Colonel de Rochas qui fut témoin des faits, et voilà ce qu’il dit :
« Un matin, au réveil, Mme B. voulut se lever. Rien de bien extraordinaire à cela, sauf qu’elle s’aperçut que les draps et couvertures adhéraient à son corps. Cherchant désespérément à se dégager, elle fut baignée dans une nappe de feu.
Quelques mois plus tard, voyageant au bord d’un paquebot se dirigeant vers l’Algérie, le même phénomène se produisit. »
Pour calmer ses effets désagréables au possible qui lui procuraient de grandes fatigues, Mme B. prenait un bain glacé.
Un récit bien étrange qui laisse à penser que les jeunes filles ou jeunes femmes n’étaient pas les seules concernées.
Est-ce que la ménopause pouvait aussi agir chez la gente féminine de la même façon que l’approche des menstruations ?
Je m’arrêterai là pour ces cas électriques. Il y en eu beaucoup d’autres, mais je n’en ai trouvé très peu concernant des garçons, sauf les deux jeunes du presbytère hanté de Cideville, mais là, il s’agissait de bruits et d’objets volants qui n’adhéraient pas mais prenaient leur envol.
Pourquoi ?
Parce qu’il n’y en avait effectivement pas ou peu ?
Est-ce qu’on évitait d’en parler ?
Une autre idée me vient en tête, était-ce tout simplement pour mieux marginaliser les femmes, créatures secrètes et possédant des pouvoirs..... maléfiques.
Je vous laisse trouver la réponse !
À bientôt pour d’autres aventures humaines.
[1] Ce qui va être rapporté dans ce qui suit provient de
divers journaux dont le « journal d’Evreux » en date du 8 juillet
1896 et d’un livre écrit par Albert de Rochas.
