jeudi 14 mai 2026

L’inconnue de Songy – quatrième partie

 

Marie-Angélique Le Blanc n’était jamais malade. Elle avait la chance d’avoir une santé à toute épreuve. Si ce n’avait pas été le cas, jamais elle n’aurait survécu seule dans une forêt.

 


Or, en ce 15 décembre 1775, elle était alitée quasi à l’article de la mort.

 

Une voisine demeurant tout comme elle à l’angle des rues du Temple et Notre-Dame-de-Nazareth, s’inquiétant, alla  quérir un chirurgien, le sieur Mellet. Celui-ci déclara ne rien pouvoir faire.

Il fallait prévenir au plus vite un prêtre.

L’église paroissiale étant éloignée, le ministre de Dieu tarda à venir. Ce fut alors un des moines du monastère franciscain tout proche qui se pressa au chevet de la mourante, un authentique moine, en robe de bure, sandales de bois et cordelette.

 

Quelques minutes après avoir reçu les derniers sacrements, Marie-Angélique expirait.

 

Cette mort soudaine semblait toutefois suspecte. Le sieur Maillot, commissaire du Châtelet mena une enquête. Arrivé sur les lieux vers une heure après midi, il fureta dans la maison, ouvrit les tiroirs et les armoires, en quête d’indices.

Il se renseigna auprès des différentes personnes  côtoyant la défunte et demanda à un juré-chirurgien de chercher des traces criminelles sur la dépouille mortuaire.

Après examen du corps, aucune trace de coups, mais la jeune femme aurait pu être empoisonnée.

Dans l’attente de plus d’informations, des scellés furent apposés sur les portes et fenêtres du domicile.

Pourquoi cette suspicion d’empoisonnement ?

 

Mi-janvier1776, la machine judiciaire se mit en place.

 

Quelques faits notoires :

Six mois avant son décès, le mercredi 7 juin 1775, Marie-Angélique avait prêté une somme de 512 livres à un bourgeois de Bourgogne, le sieur Goisot, devant son notaire habituel. Ce dernier,  déjà condamné au criminel, était alors en difficulté pour le remboursement à Marie-Angélique, qui devait avoir lieu, début de 1776.

D’autre part, fait curieux, la fille du sieur Goisot, se trouvait, le matin même du décès brutal, au domicile de Marie-Angélique[1]. La demoiselle Goisot était employée chez un apothicaire !

Étrange également, les symptômes de « la mort subite » de Marie-Angélique se révélèrent identiques à ceux de l’empoisonnement des rats, chiens et chats errants de l’époque.

 

Cependant, une cause naturelle était toujours possible :

Marie-Angélique souffrait depuis quelque temps de crises d'asthme d’ailleurs, ce fut pour cette raison qu’elle avait quitté les appartements du troisième étage qu’elle occupait pour s’installer au rez-de-chaussée.

Empoisonnement ? Fort possible !

Mais aucune preuve formelle.

Sans preuves formelles, les questions restèrent sans réponse. Il n’y eut aucune suite. L’enquête s’arrêta là.

 

Il ne vous reste plus qu’à consulter, pour plus de renseignements :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Ang%C3%A9lique_le_Blanc

Et peut-être aussi vous plonger dans le livre écrit pas Marie-Angélique Le Blanc et Marie-Catherine Homassel Hecquet : Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois.

 



[1] Cela valide ces mots de Voltaire : « empoisonnement ? Cherchez l’apothicaire », la fille du sieur Goisot était servante chez l’apothicaire du Prince de Conti où elle aurait eu toute aisance de se procurer les poisons les plus variés.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de votre commentaire. Il sera lu avec attention.