mercredi 2 septembre 2026

1er juin 1870 - En feuilletant la gazette.


Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.


Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là, dans le journal de Neufchâtel du  1er juin 1870 : quelle histoire ! 

 


Un matin comme les autres à Blangy-sur-Bresle.

 Adolphe Litté rencontra son voisin Toussaint Sivi. Ils habitaient, tous deux, place du Marché aux Chevaux.

Toussaint faisait triste mine, sa santé n’était pas bonne, il ne pouvait plus exercer son métier de menuisier. Adolphe lui demanda des nouvelles et, après un court échange, les deux hommes se séparèrent.

Adolphe Litté était pressé, il devait embaucher. Son métier : cloutier.

Toutefois, tournaient en boucle dans sa tête, comme un mauvais refrain, les paroles de son voisin et surtout :  « ... adieu la compagnie : n,  i, ni, c’est fini, je serai noyé. » . Il savait, Adolphe, que les paroles dépassaient souvent les actes, mais si, toutefois, Toussaint... Non, il ne le ferait pas !

 Adolphe s’en voulut longtemps de n’avoir pas été plus attentif à son voisin, mais pouvait-il empêcher la détermination de ce pauvre homme ?

 

Le corps de Toussaint Sivi fut retrouvé le 22 mai 1870, à six heures du soir, dans la rivière Bresle, près du Moulin aux Armures.

L’acte de décès précise :

Fils de feu Augustin Sivi et feue Marie Françoise Sauzel.

Veuf de Laurentine Désirée Beaurain, mariés à Blangy le 7 avril 1825.

Son décès fut déclaré en mairie par :

  • ·         Jules Léonce Bellancourt, médecin, âgé de cinquante-sept ans.
  • ·         Louis Lotte, garde-champêtre, âgé de cinquante-cinq ans.

  

Qui étaient ces deux hommes ?


La liste du recensement de 1861 contient les informations suivantes :

  • ·         Adolphe Litté – cloutier – 40 ans – chef de famille.

Rignon Adelphine – épouse – 40 ans.

Clémence Litté – fille – 14 ans.

Au foyer, trois nourrissons en garde.

  •  ·         Toussaint Sivi – sans profession – veuf – 63 ans.

Jules Sivi – journalier – fils – 20 ans.

 

D’autres sources ont apporté d’autres informations :

Adolphe Litté  (Charles Martin Adolphe)

Né le 17 février 1826 à Offranville (76) – fils de Martin et Marie Marguerite Souillard.

Marié le 18 mai 1853 à Foucarmont (76) à Adelphine Rignon – née le 1er novembre 1825 au lieu-dit Romaine à Ponthoile (60) – décédée le 24 décembre 1871 à Blangy-sur-Bresle.

L’acte de mariage stipule que le couple reconnaissait un enfant de sexe féminin, né  le 2 mars 1852 à Nouviou (80). La petite fille, prénommée Clémence Adelphine Augustine, fut reconnue par ses deux parents, le jour de leur union.

Adelphine Rignon, épouse Litté, était décédée à l’hospice de Blangy, le 24 décembre 1871, à 7 heures du matin. Louis Marc Antoine Dailliers, administrateur de l’hospice, et Eugène Dajon, médecin dans l’établissement, déclarèrent le décès.

Adolphe Litté quitta ce monde après son épouse. Je n’ai trouvé ni la date, ni le lieu.

 

Toussaint Adolphe Sivi

Né le 31 octobre 1903 à Abbeville (80).

Fils d’Augustin Sivi et Marie Françoise Sauzel.

Marié le 7 avril 1825 à Blangy-sur-Bresle à Laurentine Désirée Beaurain.

  

Un petit mot pour finir :

  • Le Moulin aux Armures existait déjà en 1658.
  • Au 19ème siècle, il servait de moulin à tan – broyage de l’écorce de chêne pour tanner le cuir.
  • À la fin du 19ème siècle, il devint une centrale électrique.
  • Aujourd’hui, ne subsistent de cette centrale que les deux vannages et deux turbines.

 

Un petit article qui a pu apporter beaucoup de renseignements.

J’espère que les explications vous ont amusés.

Un bretteur ou une bretteuse

 


Bretteur (euse) :


Nom et adjectif (1653), dérivés de brette – nom féminin (XVIe siècle) : ancienne épée longue et étroite.

 

Brette – féminin de bret : breton.

Issu du latin populaire brittus, lui-même issu du latin classique britto – brittoms, attribué aux Bretons des îles (Grande-Bretagne) ou de l’Armorique.

 

Un bretteur désignait une épée, mais aussi celui qui se battait souvent à l’épée, qui aimait ferrailler.

Puis, en 1690, un bretteur devint quelqu’un qui ne vivait que de violence et fréquentait des lieux de débauche.

La totale !

 

Il y a également le verbe bretter (1611), donnant l’adjectif bretté.

Ce verbe pourrait être un dérivé de brette, en raison de la lame dentée de l’épée, et c’est pour cela que bretter s’employait pour rayer, strier avec un outil dentelé.

 

Dans un autre domaine, on trouve :

·         Une bretture (1611) : instrument utilisé par les tailleurs de pierre.

·         Breteler (1690) verbe : se servir d’une bretture.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                            Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert