vendredi 25 septembre 2026

1er juin 1870 En feuilletant la gazette.

 

Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.

Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.

Ce jour-là,  dans le Jura.

 

Il faisait nuit.

Victor Dubief, rênes en mains, guidait le cheval qui avançait doucement.  La route étant dangereuse car longeant un précipice d’environ quinze mètres,  le moindre écart de l’équidé pouvait être fatal.

La vigilance était donc de rigueur.

Derrière lui, dans le char où avaient été installés, face à face, deux bancs, les voyageurs discutaient de la bonne journée qu’ils venaient de passer.

 

Malgré toute l’attention du conducteur, le drame se produisit.

Le char se renversa, entraînant dans sa chute le conducteur, les passagers et le cheval.

 L’article mentionne que la voie était en réparation en raison d’un récent éboulement de roches et que ce chantier n’était nullement signalé comme le voulait la loi.


Le cheval, surpris, fit un écart qui ébranla le véhicule.

 

Le bilan de cet accident fut lourd :

Deux morts :

  • ·         Victor Bourgeois, horloger, âgé de cinquante-quatre ans.
  • ·         Jacqueline Colin, son épouse, âgée de cinquante-et-un ans.

Malgré leurs  blessures, ils furent reconduits chez eux à Morex, où ils décédèrent peu après :

  • n  Jean Victor Bourgeois décéda le 22 mai 1870 à dix heures du soir. Né à Villard-saint-Sauveur dans le Jura, il avait cinquante-huit ans et exerçait le métier d’horloger.

Il était le fils d’Emmanuel Bourgeois et de Claudine Aimée Lacroix.

  • n  Jacqueline Colin  rejoignit son époux quelques heures plus tard, le 23 mai 1870 à trois heures du matin.

Âgée  de cinquante-sept ans, elle était la fille de Joseph Marie Emmanuel Colin et Jeanne Claudine Odobez.

 Jean Victor Bourgeois et Jacqueline Colin  s’étaient unis le 5 mars 1842 à Morez.

  • ·         Henri Bourgeois, leur fils, eut deux blessures graves à la tête.

Blessures graves en effet, car il décéda des conséquences de celles-ci.

  • n  Charles Henri Bourgeois, né le 10 février 1844 à Morez, est décédé dans cette même ville le 30 décembre 1872 à quatre heures du soir, à l’âge de vingt-huit ans.

Commis négociant, célibataire, fils des défunts Jean Victor Bourgeois et Anne Joséphine Colin.

 


  • ·         François-Léopold Henri, horloger, vingt-six ans, n’a eu qu’un poignet foulé, le gauche, ainsi que la lèvre supérieure coupée.
  • ·         Jeannette Coliget, âgée de quarante-huit ans et demeurant à Genève, eut de petites écorchures au visage et,  surtout, ce qui était plus important, une jambe fracturée.
  • ·         Sa fille, Clarisse Bourgeois, vingt-cinq ans : contusions aux reins et au ventre, ainsi que le bras droit fracturé.

 

  • ·         Victor Dubief, âgé de vingt-sept ans, marchand de vin à Morex, s’en sortit, comme par miracle, sans aucune  égratignure.

n  Victor Dubief avait vu le jour à Morez, le 4 avril 1844 à trois heures de l’après-midi, du mariage de Pierre Joseph Dubief, instituteur, et de Marie Françoise Guy, sans profession.

 

 Le cheval succomba.

Le char fut réduit à un tas de petit bois.

 


Une journée qui aurait pu être un merveilleux souvenir et qui se termina tragiquement.

 

                                                                                À la semaine prochaine pour un nouvel article.

 

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