samedi 27 décembre 2025

Avez-vous déjà dégusté un sashimi ?

 

Sashimi, un mot qui évoque le Japon !

Sashimi :

  • ·         Sashi : percer.
  • ·         Mi : chair.

Il s’agit d’un plat traditionnel japonais constitué de poisson cru découpé en lamelles, petites barres, en dés, en vagues (normal pour du poisson !) accompagné de sauce de soja, de lamelles de gingembre confit dans du vinaigre et de radis.

Le bon goût japonais met un point d’honneur à présenter ce plat d’une manière à flatter l’œil avant de régaler les papilles.

À mettre, peut-être, au menu du réveillon de la Saint-Sylvestre ?

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                                                                                                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 19 décembre 2025

Un saupiquet


Saupiquet, un terme apparu vers 1380, provenant du verbe saupiquer : piquer avec du sel.

Saupiquet vient de l’ancien provençal salpicar (vers 1220), composé de :

·         Sau = sel et piquer.

Un saupiquet est une sauce piquante accompagnant du gibier, du bœuf. Ce mot désigna ensuite le plat lui-même.

 

Différentes orthographes :

  • ·         Saulpicquet (au cours du XVe siècle).
  • ·         Sopicquet (vers 1490).

 

Mais, un saupiquet fut attribué, au sens figuratif, à :

  • ·         Un homme subtil, éveillé (vers 1460).
  • ·         Un mauvais tour (vers 1550).

 

Il y a aussi cette expression datant de la fin du XVIe siècle : « gras en saupicquets » qui se traduit pas l’adjectif : grivois.

Un seul dérivé :

Le verbe saupiquer : donner un goût piquant à quelque chose (1611).

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Aujourd’hui, certaines conserves portent le nom d’une entreprise : SAUPIQUET.

Voici en quelques lignes son histoire :

Ce fut en 1891 qu’Arsène Saupiquet crée sa propre conserverie spécialisée dans la sardine, société anonyme de conserves à la marque « Saupiquet » qu’il implante à Nantes.

En 1989, la société cède à sa concurrente Bonduelle son activité conserve de légumes ainsi que sa filiale Cassegrain, permettant de se recentrer sur son activité principale : la conserve de poisson.

En 1990, la société compte neuf usines dans l’ouest de la France

Fin 1999, la marque Saupiquet est rachetée par le groupe italien Bolton Group.

Entre 1987 et 2010, l'entreprise est passée de dix à un seul site de production, situé à Quimper et qui transforme des filets de maquereau ou de sardine.

L'usine de Quimper ferme ses portes le 20 décembre 2024, la production relocalisée en Espagne et au Maroc.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

jeudi 11 décembre 2025

Angélique Cottin devant les médecins.

 

« Et v’là qu’ ça la r’prend ! » s’exclama une ouvrière en voyant le tour devant lequel se trouver Angélique Cottin se renverser à nouveau.

Oui, ça continuait et de plus en plus.

 

Les parents d’Angélique furent bien évidemment informés.

 Par la rumeur tout d’abord, avant la contremaîtresse.

 

Madeleine Françoise, la mère, s’exclama en se signant : « C’est-y qu’ l’Angélique s’rait possédée du démon ? »

Jean Louis, le père, qui ne croyait pas à toutes ces fadaises de bonnes femmes, levant les yeux au ciel, préconisa de consulter un médecin.

Sage décision.

Les médecins locaux qui examinèrent les premiers la jeune fille, conseillèrent aux parents d’aller consulter quelques savants à Paris.



 

Quant au curé, il refusait toujours l’exorcisme, car tout comme Saint-Thomas avant lui, il souhaitait voir les phénomènes afin de juger de visu. Après, il aurait, éventuellement, recours aux prières appropriées.

Il vit, le curé, le lendemain, les pelles, les pincettes, les tisons, les livres s’envoler à l’approche d’Angélique, même la paire de ciseaux, attachée à sa ceinture, se redresser et se libérer de son cordon.

Pour lui c’était évident, sa jeune paroissienne était atteinte d’un mal physique inconnu qui n’avait rien à voir avec une possession diabolique.

 


La maison de la famille Cottin n’avait jamais connu de pareils passages. On venait du village, mais aussi des villes environnantes pour prendre des nouvelles, mais surtout pour voir et raconter. En quelques jours, plus de mille personnes avait défilé dans l’humble demeure.

Angélique était devenue une attraction.

 

Devant tout ce bouleversement, il fut décidé d’accepter l’avis des médecins et d’aller à Paris.

Ce fut ainsi qu’Angélique quitta son petit village. Fière mais aussi inquiète, elle était toutefois joyeuse d’entreprendre un si grand voyage. Pensez donc, elle que l’on disait être « d’une intelligente bornée » se rendre dans la grande, très grande ville.

 

 À Paris, la famille rencontra le docteur Cholet dont le cabinet se situait à l’Hôtel de Rennes, dans la rue des Deux Ecus.

Puis ensuite, Monsieur Arago accueillit la famille à l’observatoire, en présence de Messieurs Mathieu, Laugier et Goujon.

Angélique fut soumise à diverses expériences et tous ces hommes savants, après une demi-heure, constatèrent les faits suivants :

·         Angélique, de la main gauche attirait une feuille de papier placée sur le bord d’une table.

·         À l’approche de la jeune ouvrière, un guéridon fut projeté violemment contre le mur, alors qu’Angélique se retrouvait par terre à l’autre bout de la pièce.

·         Une chaise sur laquelle avait pris place la jeune fille fut entraînée dans une danse folle.

 


Les hommes de science notaient ce qu’ils voyaient en essayant de découvrir s’il n’y avait pas quelques supercheries.

Mais non ! Rien !

Après chaque phénomène, la pauvre Angélique semblait épuisée, déchargée de toute énergie. Ses membres la faisaient atrocement souffrir.

 

Le docteur Tanchon entreprit lui aussi quelques expériences telles :

·         Une chaise tenue par des forts de la Halle sur laquelle la patiente était assise, ne pouvant se mouvoir en raison de la force des hommes, se brisa entre leurs mains.

·         Une table à manger, un guéridon, un canapé d’un bon poids furent repoussés violemment lorsque les vêtements d’Angélique les touchèrent.

Autre constatation et pas des moindres : lorsque la jeune fille se trouvait isolée du sol par du verre, du taffetas gommé, de la cire ou tout autre substance non-conductrice de l’électricité, aucune manifestation ne se produisait.

 

Après conciliabule avec ses confrères, Monsieur Arago demanda à l’Académie de nommer une commission afin de procéder à des « expériences complètes et rigoureuses ».

 

Angélique qui s’était réjoui de découvrir la capitale commençait à déchanter, car devenue en peu de temps une bête de foire examinée et testée par des savants qui, devant son cas, semblaient démunis.

La presse s’était également emparée de son histoire qui faisait la une des journaux.

Angélique commençait à regretter sa vie calme d’antan, l’atelier et ses compagnes.

mercredi 10 décembre 2025

Minauder

 



Minauder : faire des mines.

Avoir une attitude maniérée, affectée.

Faire l’agréable, faire de petites manières pour avoir un air charmant.

 

En 1680, minauder à la forme pronominale (se minauder) signifiait : se moquer.

Une minauderie (1580).

Une personne minaudière (1691) : terme littéraire.

Minaudièrement : d’usage littéraire également.

Un personnage minaudeur ou une personne minaudeuse (1950).

 

Des mots quelque peu maniérés qui ne s’emploient plus guère.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

vendredi 5 décembre 2025

Angélique Cottin - Mi-janvier 1846

 

Dans l’atelier de tissage de gants de filet de soie, des rires et des chants s’élevaient de temps à autre, mais la contremaîtresse n’y voyait pas malice, tant que l’ouvrage était effectué.

Les quatre jeunes filles, dont faisait partie Angélique Cottin, et qui avaient le même âge, travaillaient ensemble depuis bien longtemps. Plus tout à fait des enfants, pas encore des femmes, elles prenaient la vie comme elle venait avec le plus d’optimiste possible malgré les difficultés qu’elles voyaient au quotidien dans leur entourage.

Dehors, il faisait déjà nuit, une nuit sans lune ni étoile en ce début d’hiver.

Huit heures du soir. La fatigue se faisait lourdement sentir. Les yeux commençaient à brûler. Les doigts devenaient gourds.

Alors toutes les quatre s’encourageaient, la journée n’était pas encore tout à fait terminée.

Tout à coup, le guéridon en chêne, commun aux quatre ouvrières, servant à fixer l’extrémité de la trame du tissu qu’elles étaient occupées à filer, s’agita et se déplaça.

Effrayées, les tiseuses se mirent à crier en s’éloignant.

Remises de leur effroi, trois d’entre elles revinrent à leur poste. Angélique attendit un peu avant de s’asseoir à nouveau devant son métier, mais aussitôt en place, le guéridon s’agita de nouveau, repoussé violemment par une force inconnue, avant de se renverser, entraînant dans sa chute la jeune Angélique.

 

Malgré l’étrangeté du phénomène, il n’était plus l’heure de se poser des questions. Le travail cessa.

On verrait demain matin.

 

Angélique passa une nuit très calme et dormit d’un trait, aussi fut-elle reposée le lendemain à son réveil,  lorsqu’elle se remit à son ouvrage.

Mais.....  Aussitôt assise, le phénomène se reproduisit.

Angélique fut donc séparée de ses compagnes et pour éviter un autre « renversement », l’extrémité du gant sur lequel la jeune fille œuvrait fut attachée au moyen d’un petit clou à une huche à pain pesant pas moins de soixante-quinze kilogrammes.

La huche, pourtant très lourde, se souleva à plusieurs reprises.

 

Stupéfaction générale.

Que se passait-il ?

Le diable avait-il investi l’atelier, ensorcelant la pauvre Angélique ?

 

Et voilà que le bruit s’enfla, sortant de l’atelier et parcourant le village.

Angélique était ensorcelée !!

 

On alla quérir monsieur le Curé pour qu’il fasse des prières et pourquoi pas aussi un exorcisme, mais celui-ci refusa tout d’un bloc, renvoyant la jeune fille aux médecins.

 

Que dirent ces hommes de science confrontés à ces faits dépassant l’entendement ?

mercredi 3 décembre 2025

Un panneau ! Quèsaco ?

Un panneau, nom masculin, de panel (1160-1174), venant du latin populaire pannelus, dérivé de diminutif de pannus : morceau d’étoffe.

 

Un panel ou pannel – fin du XVIe siècle – désigne divers objets en tissu :

  • ·         Coussinet de selle (1160 – 1174).
  • ·         Morceau d’étoffe utilisé comme guêtre          (1160 – 1174).
  • ·         Morceau d’étoffe en couture (1213)

 

À  partir de 1213, un panneau désigne une partie de surface rigide en architecture, en menuiserie...

Aujourd’hui, il est utilisé pour un panneau de carrosserie, un panneau préfabriqué, un panneau de signalisation....

 

Dans le langage de la chasse, un panneau est un filet tendu entre deux arbres ou piquets pour prendre du gibier (1285). D’où l’expression « donner dans le panneau » : se laisser tromper (1642).

De nos jours, l’expression a un peu changé, nous disons : « tomber dans le panneau ».

Un chasseur, en 1798, panneautait. Il posait des panneaux.

Un panneautage (1847), terme de chasse, orthographiait à l’origine : pannotage.

 

Panneauter est aussi un terme d’horticulture (1845) : couvrir des plants de panneaux.

En décoration, l’adjectif pannelé (ée) – 1936 – indique que le décor est revêtu de panneaux.

 

Mais en premier, n’oubliez pas ce conseil : évitez de tomber dans le panneau !

 


Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert







samedi 29 novembre 2025

La famille Cottin

 


 

Le temps s’écoulait avec ses joies et ses peines.

 

La petite Désirée Madeleine Charlotte, née le 10 juillet 1830, décéda un an plus tard, le 7 août 1831.

Il en fut de même pour sa sœur, Madeleine Joséphine qui s’éteignit à l’âge de deux ans. Née le 20 mars 1838, elle ferma ses petits yeux, le 19 février 1841.

 

Quant aux autres enfants, aussitôt qu’ils étaient en mesure de le faire, ils entraient dans des ateliers ou des manufactures ou encore dans une ferme comme aides aux cultures ou aux travaux ménagers.

 

Angélique était, quant à elle, employée dans un atelier de tissage de gants de filet de soie pour dames. Cet atelier se trouvait dans un bourg voisin de Bouvigny.

C’était une jeune fille âgée de treize ans, de petite taille, très robuste et d’une apathie extrême tant au physique qu’au moral.

Tout commença le 15 janvier 1846 alors que cette jeune fille était à son ouvrage.

mercredi 26 novembre 2025

Il ne faut pas médire !

 


Médire
orthographié mesdire en 1160 et composé de :

·         mes et dire : dire du mal.

Dire de quelqu’un le mal qu’on sait ou qu’on croit savoir, mais ce mal, dit à propos d’une personne, peut être aussi (souvent ?!) infondé.

 


Alors, dans ce cas, ne vaut-il pas mieux se taire que de « mal dire » ?

 

Mot découlant de ce verbe :


  • Une médisance : action de médire ou encore parole médisante.

Diverses orthographes de ce nom féminin :

  • ·         Mesdiz vers 1160.
  • ·         Mesdisance vers 1559.

 

Avant de « mesdire », mieux vaut tourner sept fois sa langue dans sa bouche ». Conseil de sagesse.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

jeudi 20 novembre 2025

Bouvigny près la Perrière dans l’Orne.

 

Puisque Noël approche, je pourrais commencer cette nouvelle histoire par : Il était une fois ....




Alors, il était une fois, un petit village du nom de Bouvigny[1], situé dans le Perche.

Là habitait une famille sans histoire comme beaucoup d’autres, vivant chichement de leur labeur et élevant leurs enfants.

Joie et peine.

Bonheur et malheur.


 

Jean Louis Cottin était né à Bellavilliers le 26 février 1805. Sixième d’une fratrie de dix enfants, il avait appris, très jeune,  le métier de sabotier. Un apprentissage qui lui permettait de ramener un peu d’argent au foyer parental.

 

À l’âge de vingt-trois ans, il épousa une jeune fille de La Perrière, Madeleine Françoise Doluvet.

C’était le 1er juin 1828.

Très vite, le foyer accueillit un premier enfant.

 

N’avaient-ils pas, ses parents, pris un petit acompte ?

Isidore Jean naquit, en effet, le 13 septembre 1828.

Sept autres suivirent :

Désirée Madeleine  - Angélique – Pierre François – Henry François – Madeleine Joséphine – Louis Édouard et Joséphine Angélique.

Les cinq premiers ont vu le jour à La Perrière, au hameau de Bouvigny.

Les deux suivants  poussèrent leur premier cri à Saint-Hilaire-sur-Risle.

La petite dernière  arriva en décembre 1849 à Saint-Jouin-de-Blavou.

 

Je vous invite, dès la semaine prochaine, à entrer dans ce foyer, pour une nouvelle histoire-vraie...



[1] Bouvigny d’abord village, fut ensuite un lieu-dit  avant d’être aujourd’hui intégré à la commune de La Perrière dans l’Orne.

mercredi 19 novembre 2025

Avez-vous des migraines ?

 

Issu du bas latin médical, hemicrania (hemi : demi – crania : crâne) : mal de tête

Mais emprunté au grec, hemikrania : moitié de tête.

 

Il s’agit là d’un terme médical, désignant un mal affectant un seul côté de la tête.

 

En 1690, une migraine était un dépit. « Donner la migraine » signifiant : agacer, ennuyer.

Aujourd’hui, ne dit-on pas « Tu me prends la tête ! » ?

De 1240/1280 à la fin du XIVe siècle, une fièvre migraine n’était autre qu’un mal de tête, une céphalée.

 

Petite précision :

Lorsque vous souffrez d’une céphalée, vous avez mal dans toute la tête.

Une migraine, elle, ne touche que la moitié de votre cerveau.

Dans les deux cas, la douleur n’est pas moindre.

 

 Un migraineux (ou une migraineuse - 1890) migraine (verbe migrainer – 1882). Il existe donc un verbe "migrainer". Le savoir ne soulage nullement la douleur.

!

 

Pas de réel remède pour ce mal qui touche moitié ou totalité du crâne. Sauf un repos dans le noir et ne pas, pour un temps, se prendre la tête.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert