mercredi 10 juin 2020

HISTOIRE VRAIE - DES SIÈCLES D'EMPOISONNEUSES

LES EMPOISONNEUSES
L'AFFAIRE LACOSTE


Chapitre 5

Vinrent alors à la barre, imposant leur savoir :
·         M. Lidange, médecin,
·         L. Pons, pharmacien,
·         M. Bouton, médecin,
Tous trois précisèrent que le 18 septembre, accompagnés de M. le juge d’instruction, ils avaient prélevé des matières sur le cadavre de Henri Lacoste en vu de les analyser.
Ce fut ainsi qu’ils découvrirent dans le foie et les muscles des cuisses la présence d’arsenic.

·         MM.Pelouze, Devergie et Flandrin, chimistes de Paris,
·         M. Filhol, professeuer de chimie à Toulouse,
·         MM. Champardon et Molas, médecins à Auch,
Lors d’une contre-expertise, en étaient arrivés à la même conclusion.

Après l’audition des experts, le juge se tournant vers la veuve lui demanda :
« Vous dites, que votre mari ne consultait jamais de médecin ?
-          Il n’aimait pas les médecins, affirma-t-elle, il s’adressait plutôt à un artiste vétérinaire.

A cette réponse, des rires fusèrent dans la salle et le juge eut quelques difficultés à imposer le calme.

« Bon, passons ! poursuivit ce dernier. Donc, votre mari n’a jamais consulté de médecin ?
-          Si une fois, je crois, il s’était fait saigner par le docteur Vignes, à Tarbes.

Les questions s’orientèrent ensuite sur le désir d’héritier qui taraudait le défunt et des bruits, ici et là,  affirmant qu’il entretenait quelques relations extraconjugales avec des servantes,  dans ce but, justement.
Mme veuve Lacoste démentit ce que colportaient les rumeurs, certifiant que son mari était incapable de tels actes.

« Et cette servante que vous avez renvoyée, n’était-ce pas en raison des relations intimes qu’elle entretenait avec votre époux ?
-          Non, je l’ai renvoyée  en raison  de son langage et de ses manières, trop libres, qui ne me convenaient pas.

Concernant la présence d’arsenic dans le corps de son regretté défunt, la veuve Lacoste l’apprit en même temps que tout le monde. Elle en fut d’ailleurs la première surprise.

M. Lasmolles[1], officier de santé, fut appelé à déposer.
« Le samedi 20 mai, je fus appelé par Mme Lacoste pour son mari. Après examen, je suis reparti sans rien lui prescrire. M. Lacoste qui avait eu beaucoup de fièvre le mercredi, n’en avait plus et je n’ai rien trouvé de flagrant. Je pensai qu’un grand repos était le seul remède. Je fus rappelé le samedi soir, l’état du malade ayant empiré. En si peu de temps, je m’en suis étonné.
M. Lacoste avait un bouton au-dessus de la lèvre et cela le préoccupait, alors je lui ai prescrit une « pommade dessicative ».
                -  Avait-il d’autres maladies secrètes, demanda le juge.
-  Il en avait eu, il y a longtemps, une bonne année environ, il avait pris des « antivénériens ».
-  Croyez-vous à un empoisonnement ?
-  Je ne le crois pas.
   
M. Devergie, chimiste de Paris, fut de nouveau appelé.
« Certaines médecines prescrites contiennent-elles de l’arsenic ?
-          Eh bien, je ne les nommerais pas, mais dans ce cas, elles ne se prennent pas par cuillerées. Si c’était le cas en ce qui concernait M. Lacoste, les doses auraient été infimes et n’auraient pas provoqué de vomissements.

M. Félix Dupouy, âgé de 50 ans, officier à la retraite et ami du défunt.
Henry Lacoste lui avait confié, quinze jours avant son trépas, être dans un martyre[2]. Il lui avait également parlé d’un voyage qu’il souhaitait faire faire à sa femme à Bordeaux, dans les Pyrénées ou encore en Suisse.

M. G. Lespère, 74 ans, propriétaire à Bassones.
Il avait reçu en confidence, le désir du sieur Lacoste de refaire le testament déjà établi en faveur de son épouse.
Cet homme assurait toutefois que le couple Lacoste faisait bon ménage.

M. Laffon, percepteur à Caseaux d’Andresse, déclara :
« Le jour de la foire de Riguepeu, le 16 mai, j’avais de l’argent à remettre à Henry Lacoste. Nous nous rendions à la mairie et en chemin, Lacoste m’a dit qu’il éprouvait des douleurs à l’estomac et des frissons. Il devait être deux heures de l’après-midi. Il paraissait ne pas être bien. Il avait vraiment mauvaise mine. Ce jour-là, je ne lui remis pas l’argent, il préféra rentrer chez lui. »

Les questions portèrent ensuite sur le couple Lacoste qui selon le percepteur s’entendait bien, sauf une brouille pour une servante.

« Et M. Meilhan, poursuivit le juge, avait-il bonne réputation ?
-          Pas trop bonne, répliqua le témoin, on a parlé d’une fille morte à la suite d’un avortement provoqué par une potion donnée par Meilhan.

Pour le sieur Laffon, un empoisonnement était impensable.


Puis ce fut au Capitaine Mothe, un vieillard de 74 ans, de venir à la barre.
A la question : « Connaissez-vous Meilhan ? »
Il répondit avec un fort accent : « Meilhan ! Si je le connais ? C’est mon meilleur ami ! »
Et à partir de là, l’assistance présente apprit que le jour de la foire avait été l’occasion aux deux très bons amis de passer du temps ensemble. Ils avaient dîné en tête-à-tête et étaient allés se promener. Sur la foire, le capitaine avait fait l’acquisition de deux chapeaux. Ce fut en fin d’après-midi qu’ils s’étaient séparés, la pluie commençant à tomber.

Malheureusement, il y avait quelques petites variantes entre la première déposition du capitaine et celle qu’il venait de faire. Le juge le lui fit remarquer, à quoi le témoin répliqua : « ça, c’est la mémoire !!! »
Un petit faux-pas qui pouvait, cependant, avoir des conséquences sur le verdict final........

Joseph Sabatier, 68 ans, chapelier.
Le jour de la foire de mai, il s’était rendu au débit de boisson Lescure et n’avait pas vu Meilhan, par contre Lacoste était présent.

Alors, pourquoi Lacoste avait-il dit avoir bu un verre avec Meilhan ?


L’audience s’acheva sur le témoignage du chapelier.
Le public quitta la salle d’audience avec toujours en tête ce qui venait d’être dit et notamment « les maladies cachées » du sieur Lacoste.
-          Des dartres sur lesquelles il appliquait une pommade, non identifiée.
-          Une hernie provoquant des maux de ventre et assurément également des vomissements.
-          Les remèdes pris en secret et dont l’épouse ignorait tout.

Enfin, toute sorte de questionnements propres à animer les conversations de la soirée dans les nombreux foyers de la contrée.



[1] On trouve également dans les divers documents consultés l’orthographe : Lasenolle.
[2] Rien dans le témoignage de cet homme sur la cause du martyr, mais il s’agissait sûrement de la « stérilité  présumée » de son épouse. Le voyage prévu étant une cure.

UN GANDIN




Gandin ..... Pas flatteur.....


Si nous nous attardons sur le langage du début du XVIIIème siècle, un « gandin » était un niais, un nigaud. Ce mot venait du Dauphiné.
Gandin, à cette époque, possédait son féminin, « Gandina » qui se transforma un peu plus tard en « Gourgandine »
Le verbe « gandir », en ancien français, peut être traduit par « s’échapper, se sauver, s’esquiver ».
Là, par contre, je ne vois pas le rapport avec « gandin » !!!! Mais, tout comme moi, vous savez que la langue française prend souvent des chemins de traverse.






Un siècle et demi plus tard, ce mot qui avait été légèrement oublié réapparut à la faveur d’une pièce de théâtre de Théodore Barrière, « les Parisiens » dont le personnage principal, un jeune homme de 28 ans, homme de lettre, se nommait, Paul Gandin.
Ce personne campait, avec beaucoup d’ironie, un jeune élégant et un tantinet ridicule, comme ceux qui, sous le Second Empire, fréquentaient les boulevards et notamment le boulevard de Gand, rebaptisé depuis, boulevard des Italiens.





Louis Théodore Barrière naquit  entre 1821 et 1825 à Paris, ville où il décéda le 16 octobre 1877. C’était un auteur dramatique très prolifique.
Il a donné au théâtre, seul ou en collaboration, un grand nombre de drames et de vaudevilles, dont plusieurs ont obtenu un grand succès.
Par décret en date du 10 août 1858, Louis Théodore Barrière fut promus à l’ordre de « Chevalier de la Légion d'honneur », et par décret en date du 4 mars 1874, « Officier de la Légion d'honneur au titre du ministère de l'Instruction Publique ».
«  Les Parisiens » - pièce en trois actes, fut représentée pour la première fois le 28 décembre 1854, sur les planches du théâtre du Vaudeville à Paris.

Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert


jeudi 4 juin 2020

HISTOIRE VRAIE - DES SIÈCLES D'EMPOISONNEUSES


HISTOIRE VRAIE
LES  EMPOISONNEUSES

Affaire Lacoste -  Vergès

 


Chapitre 4

La première audience[1] débuta par l’exposé des faits, puis l’interrogatoire des accusés.
Honneur, si on pouvait dire, à Joseph Meilhan petit homme à la chevelure grise coupée ras, aux yeux ronds et vifs, au teint coloré,  à l’esprit vif et rusé, qui déclina son identité.

Il précisa qu’avant de s’établir, il y avait six années déjà, à Riguepeu, il demeurait à Breuzeville dans la commune de Saint-Chabans où il exerçait comme instituteur.
Mais avant, bien avant, il avait servi dans l’armée où il avait roulé sa bosse. Quand à Carcassonne, le représentant du peuple lui avait signifié son congé, il décida de se rendre à Bordeaux et d’entreprendre des études en pharmacie. Suite à cela, il embaucha à l’hôpital militaire de Bayonne où il exerça quelque temps. Il revint alors chez lui, à Vic-Fezensac, où il apprit le décès de ses parents.
Comme il fallait bien vivre, il ouvrit un commerce de grains, se maria et eut un fils, un seul, pour lequel il se sacrifia, l’envoyant à Paris étudier la pharmacie. Lorsque ce fils revint, diplôme en poche, en père attentionné, il l’établit à Vic-Fezensac.
Il lui avait tout donné à son fils, jusqu’à son dernier sou, contre promesse d’une rente de cent-cinquante francs.
Un peu maigre toutefois, d’autant plus que ce fils qui avait toujours eut ce qu’il souhaitait demandait toujours de l’argent à son père. Alors, Meilhan avait pris un poste d’instituteur qui lui rapportait deux-cents francs par an et une indemnité de logement de quarante francs, sommes auxquelles venaient s’ajouter les indemnités des parents pour l’instruction de leurs enfants, soit entre deux et trois francs par élève et par mois. Des élèves qui ne fréquentaient pas régulièrement l’école, en fonction des travaux saisonniers. Bien sûr, il y avait aussi la classe d’adultes le soir, mais les grands élèves n’étaient pas plus assidus que les mouflets.

Les questions du juge se firent plus précises lorsqu’il évoqua un fait qui s’était produit au moment de l’installation de Meilhan à Riguepeu, lorsque celui-ci demeurait à l’auberge Lescure. A ce moment-là, une des filles Lescure était décédée et l’on chuchotait, un peu fort toutefois, que cette jeune fille était enceinte et que son décès était survenu suite à une fausse-couche. Une fausse-couche provoquée par une potion abortive qui aurait été fournie, justement, par le sieur Meilhan en personne.
A cette accusation à peine déguisée, Joseph Meilhan répliqua :
« On dit tant de choses. Mais on peut dire ce que l’on veut.
- Pourtant, poursuivit le juge, n’est-ce pas à la suite du décès de sa fille que Lescure vous a chassé de chez lui ?
- Pour sûr ! Il était comme cela Lescure. Un jour, il s’en prenait à sa femme, un autre, à quelqu’un d’autre, et ce jour-là, ce fut à moi. Et voilà qu’il me chasse, venant le lendemain me sauter au cou  et me demander de revenir chez lui. Un impulsif !
- N’était-ce pas sur l’intervention de Mme Lacoste que Lescure est revenu vous voir ?
- Je n’en sais rien !
-     De quelle façon êtes-vous entré en relation avec la famille Lacoste ?
-     C’est venu comme ça. On a discuté avec Lacoste, puis il m’a invité, une fois, deux fois... rien de mystérieux !
-     Vous souvenez-vous avoir vu M. Lacoste le 16 août, à la foire ?
-     Je ne l’ai pas vu ce jour-là. J’ai passé la journée avec le capitaine Mothe.
-     Donc, vous n’avez pas bu un verre ensemble ?
-     Puisque je ne l’ai pas vu.....
-     Quand vous avez appris la maladie de Lacoste, puisque c’était un ami, pourquoi n’êtes vous pas allé prendre de ses nouvelles ?
-     Mme Lescure que j’avais rencontrée m’avait dit qu’il ne voulait voir personne.
-     Pourtant, le lendemain du décès, vous mangiez à la table de la veuve.
-     Je n’étais pas le seul. C’est une habitude par chez nous, après un décès.
-     Mais vous y étiez aussi le surlendemain.... Une autre habitude, sans doute ! Passons..... Pourquoi cette pension viagère de quatre-cents francs signée de la main de Mme Lacoste ?
-     C’est bien embrouillé tout cela....
-     En effet ! Quels étaient les rapports d’argent entre vous et Mme Lacoste ?

En effet, bien embrouillé tout cela !
Contre une somme de mille-sept-cent-soixante-douze francs, remise à Mme Lacoste, celle-ci avait signé un billet à ordre de la même somme au nom de Meilhan.
Pourquoi ce versement ?
Un placement selon Joseph Meilhan.
D’autre part, il y avait, en effet, cette pension viagère dont la véracité pouvait être certifiée par le maire de la commune, d’un montant de quatre-cents francs et signée « Euphémie Lacoste ».
L’accusé s’en expliqua  en affirmant que ce document était un faux écrit et signé de sa main.
En fait, c’était très simple. Son fils le sollicitait toujours et encore dernièrement afin de subvenir aux besoins de l’un de ses enfants qui se trouvait au séminaire de Vic-Fezensac. Il ne se sentait plus très jeune, Meilhan, et il fallait bien qu’il pensât à ses vieux jours, lorsqu’il ne pourrait plus travailler.
Alors, cette pension viagère  n’était autre qu’un stratagème face aux demandes financières incessantes de son unique fils.
Ainsi, il justifiait qu’il n’avait plus un sou, toutes ses économies placées contre cette rente.

Ce fut avec cette question que s’acheva l’interrogatoire de Joseph Odillon Meilhan.


Euphémie Lacoste fut ensuite introduite dans le box des accusés pour être interrogée à son tour.
De taille moyenne et très élégante, le léger voile noir transparent recouvrant son visage laissait transparaître des traits dignes et des yeux expressifs et beaux.
Comme l’avait fait précédemment Joseph Meilhan, Euphémie Lacoste déclina son identité.

Elle précisa qu’avant son mariage, elle demeurait avec ses parents à Mazerolles, et que sa fortune s’élevait à douze-mille francs. Cette union avec le sieur Lacoste, elle ne l’avait pas souhaitée, loin de là, la décision en venait de ses parents.

N’y aurait-il pas eu un amoureux, avant ces épousailles ? Un amoureux qu’elle aurait continué à voir....
-           Non, démentit-elle. Ni avant. Ni après.
Mais cette jeune femme ne nia nullement avoir eu quelques rapports amoureux avec un jeune homme de Tarbes, environ six à huit semaines après son veuvage.

La jalousie de son époux ?
-          Je faisais en sorte de ne pas le contrarier, répondit-elle.

L’avarice de son époux ?
-          Je ne manquais de rien, affirma-t-elle.

Le juge en vint au jour de la foire.
Euphémie Lacoste  précisa que ce n’était pas le jour-même que son mari s’était plaint de maux de tête et de ventre, mais le mercredi. C’était elle qui l’avait soigné. D’ailleurs, il ne voulait personne d’autre et surtout pas de médecins. Il les avait en horreur. Elle l’avait soigné avec de la mauve, de la limonade et de la gomme.
Son mari prenait des médecines depuis plusieurs années, souffrant de dartres et d’une hernie. Mais elle ne pourrait dire qu’elles étaient ces médecines et où son époux se les procurées, car il les prenait en cachette.

Concernant les mille-sept-cent-soixante-seize francs, elle les avait reçus en liquide contre un billet de même valeur.
La rente de quatre-cents francs ? Elle n’était pas au courant.

Revenant sur la résidence des époux Lacoste  à Tarbes, le juge demanda quelques précisions :
« Pourquoi avoir quitté le logement juste après la mort de Lacoste ?
-          Il était trop petit, aussi j’en ai trouvé un autre, plus vaste et  plus à mon goût.

D’ailleurs, l’information  des soirées animées et de la venue d’un jeune homme dans les lieux émanait de la femme du propriétaire, madame Fourcade.

La séance prit fin et fut suspendue pendant une heure, dans l’attente de la lecture des analyses post-mortem, effectuées par les différents experts.



[1] Sources : journal « la démocratie pacifique » - juillet 1844.

Chiquenaude ou pichenette ?



Une chiquenaude

Ce mot s’écrivait, vers 1530, « Chicquenode », avant de devenir, « Chiquenaude ».
Il serait un dérivé de « chiquer » pour : « Donner un petit coup »... et plus exactement « un léger coup donné par la brusque détente du doigt médian ».
Bien entendu, il fut facile,  depuis ce XVIème siècle, de « chiquenauder ».

Mais alors, qu’en est-il de la « pichenette » ?
La pichenette apparut plus tardivement dans le vocabulaire, vers 1820. D’origine obscure, elle pourrait venir du provençal « pichouneto », diminutif de « pichouno », employé dans cette question :
« Veux-tu une petite....... », le mot « gifle » restant sous-entendu.

Ce mot, rapproché du picard « piquenotte » ou « piquenaude », finit par l’identifier à « chiquenaude ».


Saviez-vous qu’il existait un jeu  nommé « chiquenaude » ?

Ce jeu remonte au temps de Napoléon Bonaparte.
Le soir, entre deux batailles, dans les bivouacs, les soldats reprenaient souffle.
Et pour passer le temps, jouaient aux dés, aux cartes...
Les mises d’argent n’étaient pas autorisées.
Alors, il fut inventé ce jeu de la « chiquenaude » qui ne nécessitait  pas d’argent.
En effet, la règle stipulait que le gagnant avait le droit, et il le prenait, de gifler le perdant !


Saviez-vous également que Napoléon Bonaparte aimait les jeux et que, souvent, il se mêlait aux soldats pour une ou deux parties.
Ses soldats le laissaient-ils gagner, par respect ?
A-t-il joué aux jeux des « chiquenaudes » ?
Rien ne permet de le dire,  mais, si ce fut le cas et qu’il avait perdu, le gagnant avait-il osé le gifler ?


Allez, un dernier petit mot...... comme cela ..... pour conclure.
Les jeux d’argent étaient  interdits dans les bivouacs. Trop de bagarres en raison des tricheurs ou des mauvais perdants.
Alors, les soldats misaient avec des cailloux ou …… des haricots secs !!

« La fin des haricots », expression bien connue encore de nos jours, s’imposa peu à peu dans le langage courant pour désigner la « mise hors-jeu » de celui qui ne possédait plus......... de haricots.



Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert


mercredi 27 mai 2020

Pourquoi chicaner ?






Il est, apparemment, possible de « chicaner » depuis 1461, date à laquelle ce mot commence à être utilisé.
Mais d’où vient ce verbe ?
Difficile à dire !!

Il est probablement issu de :
« Tchikk » onomatopée exprimant la petitesse, accentuée par un petit geste de mépris de la main.
Et de « ricaner ».
En fait, « Chicaner » exprime l’idée de dispute pour des riens, pour des broutilles.

Mais avant de passer dans le langage courant, « chicaner » était un terme juridique ayant pour signification : Poursuivre en justice, mais pas dans le sens d’obtenir un accord amiable, bien au contraire, mais dans celui d’embrouiller à loisir l’affaire judiciaire.
Ce sens, utilisé au début du XVIIème siècle, n’a plus cours aujourd’hui.

Ce n’est que vers 1657 que le terme est couramment employé pour : querelle – se chamailler.

Une chicane (1582) nomme une querelle, certes, mais aussi le milieu juridique dans son ensemble – on peut noter là, une petite note humoristique.
Vers 1675, regard tourné vers le palais de justice, on parlait des « gens de Chicane »....




Une chicane désigne, depuis 1931, un circuit tortueux  que l’on qualifie  aussi  de « en zigzag ».



Chicaner possède aussi ses dérivés.
Des adjectifs, comme :
·         Chicaneur (euse)- vers  1460
·         Chicanier (ière) – avant 1573

Et des noms comme la « chicanerie » qui, au XVème siècle, s’orthographiait « chiquanerie ».....

Voilà ce qui clôt mon petit article, merci de ne pas me chercher chicane pour ce mot.....  



Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert