mercredi 6 novembre 2019

HISTOIRE VRAIE - LES EMPOISONNEUSES


Des siècles d’empoisonneuses....................



L'AFFAIRE LAFARGE


Chapitre 4


Les deux époux s’étant rapprochés, avaient convenu de faire établir des testaments léguant leur fortune réciproque à l’autre en cas de décès. Une manière de préserver l’être aimé, puisque l’amour commençait à naître.
La vie s’écoulait donc dans un quotidien apaisé.
Marie Fortunée aux soins du ménage.
Charles travaillant à un brevet d’invention concernant un procédé permettant de réduire fortement les frais de chauffage dans la fabrication du fer.
Le brevet au point, Charles se rendit à Paris, en novembre 1939, afin de déposer son brevet d’invention, et régler les problèmes financiers que les transformations de la forge allaient engendrer.
A Paris, il s’installa dans un hôtel de la rue Sainte-Anne, à l’enseigne « Hôtel de l’Univers ». Un établissement soigné et confortable pour un moyen séjour, tout en étant d’un prix raisonnable.

Sa première démarche fut de s’empresser de modifier son testament, annulant sa femme comme bénéficière et le refaisant en faveur de sa mère et sa sœur. Et bien sûr, sans en parler à son épouse.
N’y avait-il pas une relation amoureuse, entre les époux ? La modification de cet acte atteste toutefois une certaine hypocrisie du côté du mari, très intéressé par la dot de son épouse !!
Puis Charles Lafarge s’occupa de ses affaires.

Marie Fortunée profita de l’absence prolongée de son mari pour faire un grand ménage. La bâtisse était infestée de rats, plusieurs de ses effets avaient ainsi été détériorés. Aussi chargea-t-elle un domestique engagé par son époux, du nom de Denis Barbier, homme au passé douteux,  de se rendre à Uzerche, pour se procurer de la mort-aux-rats chez le pharmacien Eyssartier.


Marie Fortunée écrivait quotidiennement à Charles, des lettres pleines de tendresse et afin de lui faire plaisir, fit venir, au Glandier, une certaine demoiselle Brun douée pour le dessin, afin qu’elle réalisât un petit portrait d’elle.
Aussitôt la miniature achevée, elle la fit parvenir à Charles accompagnée de gâteaux à la crème.
Le colis fit un voyage de quatre jours avant de parvenir à son destinataire, le 18 décembre 1939.

Les gâteaux ne devant plus être de première fraîcheur, Charles Lafarge fut aussitôt pris de douleurs abdominales, de vomissements et de migraines.
Pensant à une indisposition passagère, il poursuivit ses démarches, mais son état l’obligea à rentrer plus tôt que prévu en Corrèze.
Avant de quitter la capitale, Charles Lafarge, reçut d’un notaire de Soissons une somme de vingt-cinq-mille francs[1]. Un emprunt sur les biens de son épouse qui lui avait signé une procuration à cet effet.


Ce fut en piteux état que Charles arriva au Glandier le 3 janvier 1840. Le médecin, Monsieur Bardou, appelé en urgence, ne diagnostiqua qu’une angine et une inflammation de l’estomac. Il préconisa beaucoup de repos. Marie Fortunée confectionna elle-même, laits de poule et divers autres remèdes qu’elle savait bons dans ce cas précis, comme des tisanes de fleurs de mauves, et aussi effectuées avec des racines de guimauve et du bouillon blanc.
La vie de la maison ne tournait qu’autour du malade. Madame Lafarge-mère se lamentait, son fils avait été empoisonné à Paris par ses ennemis. Elle en était sûre.
« Tout comme mon pauvre mari, pleurait-elle.  Il a été empoisonné par un rival, lors d’un déjeuner. Le poison ? Dans un morceau de nougat ! Les mêmes symptômes que ceux de mon Charles. »
Le docteur Bardou démentit. Il avait lui-même soigné Monsieur Lafarge-père avant sa mort. Aucun signe de poison.
«  Ce ne sont que craintes chimériques », avait-il ajouté.



Mais, malgré les soins attentifs de son épouse, l’état de Charles ne cessât de s’aggraver et le médecin, appelé de nouveau, restait impuissant. Il finit donc par demander l’avis d’un de ses confrères. Ce fut le docteur Massenat qui vint au chevet du malade. Rien de bien inquiétant, selon lui, les vomissements n’étant que le résultat du mouvement spasmodique de l’estomac.

Marie Fortunée, bien qu’atteinte également de maux de ventre et de vomissements, passait ses jours et ses nuits auprès de son mari. Sa belle-mère également. La fatigue et l’angoisse aidant, les deux femmes finirent par échanger des mots aigrelets....
Peu à peu, Madame Lafarge-mère, jusqu’ici affable et aimante envers sa belle-fille, se déchaina en reproches et accusations. Soupçonneuse, elle épiait la jeune femme et entraîna dans son espionnage sa fille Marie Joséphine Pouch-Lafarge, épouse Buffière, et les domestiques de la maison.
A chaque fois que Marie Fortunée préparait un remède, les yeux qui l’épiaient voyaient de la poudre blanche d’arsenic, toujours et encore. Une réelle obsession.

Alors, quand après quelques jours d’horribles souffrances, Charles Lafarge rendit l’âme, le 14 janvier 1840, à six heures du matin, madame Lafarge-mère fit courir dans tout le pays, allant jusqu’à prévenir le procureur du roi que c’était sa belle-fille qui avait assassiné son enfant chéri.



[1] Cette somme ne fut pas retrouvée dans les bagages de Charles Lafarge. Madame Mère affirma qu’il n’y avait que trois ou quatre mille francs.



Un mot de deux syllabes !! GA - DIN !!




Prendre un gadin !!

Ce mot, « gadin », est synonyme de « chute », mais je ne vous apprends rien, car vous le saviez.
Mais, saviez-vous que l’on ne pût prendre un gadin qu’après 1914 ?
Eh oui ! Uniquement depuis les progrès en matière d’aéronautique, avec les premiers avions qui essuyèrent quelques chutes en leurs débuts.
« Gadin », mot argotique, fut employé, en premier, par les pionniers de l’aviation.

D’où provient ce mot ? Mystère !

Mais ce que je peux vous apprendre, c’est que avant, le avant d’avant, vers 1867, « Gadin » désignait la tête ou encore un vieux chapeau, avant de signifier « prendre un coup sur la tête ».

Après les avions, entrons dans le domaine équestre.
« Faire gadin-gadouille », toujours en 1914 – 1915, c’était tout simplement « tomber de cheval ».
Gadouille ? Dans la boue et le crottin ?

Ma grand-mère, elle, employait la formule, « prendre une gamelle » ou encore «se ramasser une gamelle ».
Dans la même idée, il y a « prendre une bûche », « se ramasser une pelle »....

Pour comprendre le pourquoi de ces expressions, il faut s’imaginer la scène suivante :
Un individu se penche en avant pour ramasser la gamelle, la pelle, la bêche... et brusquement, un étourdissement l’éblouit, le fait vaciller, et ne pouvant rétablir son équilibre tombe en avant (avant de saisir la gamelle, la pelle, la bûche......), et ainsi se cogne la tête sur le sol. Un coup sur la tête ! Nous voilà donc bien proche de notre « gadin ».

Bon, avec tout cela, faites tout de même attention de ne pas vous prendre une gamelle, une bûche, une pelle, un gadin....
Enfin, faites attention à vous et n’allez pas tomber dans la gadoue en ces jours pluvieux automnaux, et surtout n’allez pas vous faire mal !!

Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert



mercredi 30 octobre 2019

Bonir ? Quel est ce mot ?


J’ai nettement l’impression qu’il y aura toujours des mots entre nous !

Et aujourd’hui : Bonnir !

Bonnir ?
Que signifie le verbe « bonnir », écrit également « bonir » ?

Ce mot d’argot est attesté depuis le tout début du XIXème siècle, mais son origine reste un mystère.
Ce qui est certain, c’est que « bonir » était employé pour « dire », « en raconter » et de là, « en raconter de bonnes », de bonnes histoires, bien entendu !

De « bonir » découlent :
·         Un boniment :
Propos flatteurs sur un spectacle ou un article avec force bagout pour que le  badaud s’arrête, écoute et, séduit, entre dans la tente pour voir le spectacle, achète le produit vanté.
·         Un bonisseur (1820 – 1840)  ou un bonimenteur (plus tardif – 1894) :
Forain qui débite son « boniment » pour attirer les clients.
·         Bonimenter :
Un verbe que ma grand-mère aurait traduit par « faire l’article », et que l’on pourrait définir ainsi : vanter à l’excès une marchandise, un spectacle...

Un bon bonisseur bonimente, et son boniment arrête le chaland qui passe, accroché par tant de bagout.
Un bonimenteur est donc un beau-parleur qui vous ferait accepter n’importe quoi. Mais attention, méfiance, dans bonimenteur se trouve le mot « menteur » !


Que pensez-vous de reprendre le mot « bagout » ou « bagou », cité plus haut ?

« Bagout », un nom masculin, attesté déjà au XVIème siècle et découlant du verbe « bagouler » (railler grossièrement), qui est le combiné de « bavarder et goule ».
·         Goule : bouche au XIIème siècle.
Avoir du bagout, une expression familière pour désigner un bavardage volubile, mêlé d’effronteries, avec un petit soupçon de désir de tromper son interlocuteur.
Ce qui nous ramène, ne trouvez-vous pas, au discours du camelot ou de notre bonimenteur.


HISTOIRE VRAIE - LES EMPOISONNEUSES



Des siècles d’empoisonneuses....................


L'AFFAIRE LAFARGE



Chapitre 3


Le Glandier, une triste demeure en vérité, sur laquelle planaient bien des deuils....

Jean-Baptiste Pouch-Lafarge, le père de Charles Joseph, était décédé six années plus tôt, à l’âge de soixante ans, le 25 septembre 1833, dans cette demeure du Glandier[1], lors d’un court séjour campagnard. Un coup terrible pour son épouse,  Marie Julienne Adélaïde Pontier qui, aussitôt son veuvage, vint s’installer définitivement dans cette demeure austère et sans confort.

Etait-ce pour aider sa mère à tenir cette grande maison que  Charles Joseph Pouch-Lafarge convola en justes noces avec Marguerite Félicie Coinchon Beaufort, le 15 décembre 1834 ?
Marguerite Félicie, native[2] de Saint-Poutçain-sur-Sioule dans l’allier, vint vivre au Glandier, juste après son mariage. Elle devait y décéder sept mois plus tard, le 30 juillet 1835. La jeune femme n’avait que vingt-neuf ans.
Aucune mention de ces premières épousailles et du veuvage de Charles Joseph Pouch-Lafarge, sur l’acte de mariage Lafarge/Capelle, du 11 août 1835.
Etait-ce un oubli de l’employé aux écritures ?
Charles Joseph Pouch-Lafarge avait-il omis de préciser ce « léger détail » ?

D’autres personnes vivaient dans cet ancien monastère, Jean Baptiste Léon Buffière et son épouse Marie Joséphine Pouch-Lafarge, sœur de Charles Joseph.
Le couple avait une petite fille, Marie Joséphine Elodie, née le 2 juillet 1838. Une enfant chétive et à la santé des plus fragiles. Il avait eu aussi l’immense chagrin de perdre leur second enfant, Joseph[3], en décembre 1838, à l’âge de cinq mois.

N’ayant plus que ses enfants, Adélaïde Marie Julienne Joséphine Pontier, veuve Pouch-Lafarge, aurait tout donné pour leur bonheur, aussi accueilla-t-elle du mieux possible, Marie Fortunée, sa nouvelle belle-fille, tout en sachant que la vie au Glandier n’était pas des plus faciles, d’autant plus que l’argent manqué.

-=-=-=-=-=-

Une arrivée plus que remarquée que celle du jeune couple, et qui jeta un froid supplémentaire sur la demeure déjà glaciale, surtout que Marie Fortunée, enfermée dans sa chambre, s’obstinait  à ne vouloir en sortir. De l’autre côté de la porte, Charles, las de tambouriner des deux poings, en était venu aux supplications.
Il comprenait, disait-il, mais il allait tout faire pour que les choses s’arrangent.


Dans la chambre, Marie Fortunée avait fait le point, et sa révolte passée, finit par se résigner.
Avait-elle un autre choix que de s’adapter ?
Venant de se marier, il aurait été malvenu qu’elle retournât chez son oncle qui l’aurait assurément renvoyée chez son mari.
Elle ouvrit donc la porte et laissa entrer son époux, lui tendant fermement le document qu’elle venait de lui écrire[4], confession fausse et hâtive que seule la colère lui avait dicté.......
Après une franche et orageuse explication, les époux décidèrent de faire de leur mieux pour une meilleure entente. Peu à peu, ils se rapprochèrent.


Mais n’allez pas croire que tout allait pour le mieux. De petites scènes éclataient pour tout et pour rien, occasionnées lors des états d’ébriété avancés de Charles, lors de diners en société, à propos de la domestique[5] de Marie Fortunée, une jeune fille frivole à la tête un peu folle, en raison de l’état peu soigné de Charles, et pour bien d’autres broutilles.

La jeune femme s’habitua à sa vie au  Glandier, et même à son état d’épouse.
Elle écrivit[6] à Monsieur Garat :
« ... j’ai adopté ma position bien qu’elle se trouve extérieurement fort déplaisante. Mais avec de la force, de la patience et l’amour de mon mari, je puis en sortir...... »

Puis  à Madame Montbreton :
« ... si l’arrivée me serra fortement le cœur, je suis plus forte maintenant..... Lorsque je sens une larme qui coule froide sur mes joues alors que seule, dans une grande chambre déserte, je mets vite mon chapeau et je vais admirer les plus belles prairies, les sites les plus délicieux qui m’entourent et qui sont à moi avec leur verdure et leurs torrents..... »
Parlant de sa belle-mère :
« .... Sa mère est une excellente femme qui se mettrait au feu pour son fils, qui m’accable de caresses, qui a de l’esprit et de l’éducation étouffés sous les soins minutieux du ménage...... »

Ces courriers semblent prouver que Marie Fortunée avait trouvé sa place au sein de sa belle-famille et auprès de son mari. Elle prit la maison en main, y apportant quelques modifications, quelques arrangements. Elle s’intéressa également au travail de la forge, accompagnant parfois Charles qui se débattait dans ses affaires qui allaient fort mal et qui demandait, parfois, conseil à son épouse. Ce qui ne fut pas du goût de tout le monde et attira quelque jalousie sur la jeune femme.

 ................  à suivre ..................


[1] Jean Baptiste Pouch Lafarge assurait la fonction de Juge de Paix. Sur son acte de décès, il est noté « décédé en sa maison de campagne ». Le Glandier, n’était donc pas sa résidence principale. Sur certains actes on trouve : Le Galandier.
[2] Date de naissance : 16 mai 1806.
[3] Le petit Joseph naquit le 18 décembre 1838 et décéda le 29 mai 1839.
[4] Cette lettre, Charles n’en fit cas, mais elle ressortit à un autre moment, que nous verrons bientôt.
[5] Domestique du nom de Clémentine Servat
[6] Courriers trouvés dans le journal « le Gaulois » en date du 16 décembre 1882

samedi 26 octobre 2019

Découverte, d’au-delà des océans !!!



 
Je viens de découvrir, grâce à Laurette Mas-Camille, auteure de « Les dames du parc » (entre autres), quelques mots créoles dont un m’a particulièrement interpelée au point de vouloir aussitôt vous en faire profiter.

Mais dans ce désir de partage, n’y voyait aucune malice de ma part, ou alors si peu !!!

Il s’agit du mot « makrelle » !

Qu’est ce qu’une makrelle en Créole ?
Une femme curieuse, une commère plutôt, toujours à l’écoute de ce qui se passe chez les autres pour aller au plus vite raconter, médire…….
Une commère, quoi, dans toute sa splendeur !

Ne trouvez-vous pas que  mot, « makrelle »,  possède une consonance proche d’un autre mot, français celui-là ?…..
Oui ! C’est tout à fait cela : « Maquerelle » ! Maquerelle ayant pour masculin Maquereau.
Mais, vous ne savez sûrement pas que vers 1278, ce mot, français, s’orthographiait : Makerele, donnant au masculin, maquereaus.

D’où vient ce mot ?
Du néerlandais « makelâre », dont la traduction donne : courtier – intermédiaire, et du verbe « makeln », toujours en néerlandais, que l’on peut traduire en : trafiquer – maquiller.

En français, un maquereau désigne le tenancier d’une maison de tolérance, et non celui qui vit des revenues des gagneuses arpentant le bitume, ce dernier étant dénommé « souteneur » !
Aujourd’hui, il est surtout utilisé comme insulte !

Et puis, il y a tous les mots dérivés, comme toujours :
·         Un maquerellage (XIIIème siècle) qui vers 1538 perdit un « l » pour devenir un maquerelage.
·         Et devint un « maquereautage », vers 1867.
·         Le verbe « maquereller », d’un emploi très rare, qui, en 1549, était employé pour « placer dans une maison de tolérance ».

Tout compte fait, je préfère la makrelle créole, même avec sa curiosité excessive !!!
Beaucoup plus sympathique, enfin, cela dépend pour qui !

mercredi 23 octobre 2019

HISTOIRES VRAIES - LES EMPOISONNEUSES


L'AFFAIRE LAFARGE

Chapitre 2


Un voyage qui ne fut pas de tout repos, en raison des routes défoncées et des étapes dans des auberges plus ou moins confortables.
Un voyage très fatigant et déjà ponctué de réflexions et de disputes conjugales.
Les deux jeunes gens ne se connaissaient que depuis peu de jours et, en si peu de temps, n’avaient pas pu évaluer le réel caractère de l’autre.
Marie Fortunée était un tantinet précieuse et délicate.
Charles était d’un caractère rustre au langage peu raffiné.

La première étape, à Orléans, fut le théâtre d’une première scène. La jeune madame Lafarge, courbatue, fiévreuse, migraineuse, demanda aussitôt arrivée à l’auberge la possibilité de prendre un bain.
Mais, prête à se dévêtir et à entrer dans l’eau chaude réconfortante, la jeune mariée demanda à son époux de sortir de la pièce.
Pudeur de jeune femme que le mari ne comprit pas.
Ce dernier, se voyant exclu, s’emporta violemment dans un vocabulaire des plus fleuris, allant jusqu’à traiter sa jeune épousée de « bégueule » !
Quelle inconvenance !

Il alla même à ajouter : « Qu’est-ce que c’est que ces singeries ! Je vais vous  mettre au pas ! »

Déjà, Marie Fortunée regrettait cette union avec cet homme mal dégrossi, au physique qu’elle jugeait repoussant et qui lui faisait honte en public avec ses débordements démonstratifs de tendresse, aux baisers trop sonores et aux rires extrêmement bruyants. Elle aurait souhaité beaucoup plus de délicatesses et d’attentions amoureuses.

Il y a des rêveries qui sombrent dans le cauchemar le plus horrible.
Le château du Glandier en vue, la déception fut à son comble.

Marie Fortunée s’attendait à découvrir un domaine pittoresque avec parc et jardins fleuris, chevaux de selle et de trait.
Comme lui avait expliqué son époux, en ajoutant qu’il y avait un voisinage proche, composé de personnes de qualité et que sa famille était enchantée de sa venue.
Dans ce paradis, avait-il ajouté, ne manquait qu’une salle de bain, la sienne, pour son propre usage, dont l’installation ne serait tarder.

C’était bien ce que Charles lui avait raconté.
Il avait été jusqu’à lui affirmer qu’il était l’heureux propriétaire du « château de Pompadour » en Corrèze !

La vérité, là devant ses yeux, était bien autre !

Abandonné et saccagé au moment de la Révolution, le Glandier, n’était en réalité qu’un ancien monastère, que la famille Lafarge avait acquis en 1817. Demeure austère au milieu de nulle part, sans aucun voisin à des lieues environnantes.....

Le découragement saisit d’autant plus Marie Fortunée lorsqu’elle entra dans cette demeure sans cœur et sans chaleur. Une succession de pièces froides et tristes, d’une grande saleté, délabrées et démeublées. Marie Fortunée se sentit trahie, trompée.

Adieu parc, jardins fleuris, balades à cheval, réceptions grandioses.......
Comment allait-elle pouvoir vivre dans un pareil taudis ?
Non, ce n’était pas possible !

L’accablement se mut rapidement en révolte, elle alla s’enfermer dans la chambre qui avait été préparée pour le jeune couple, prit une feuille, un encrier et une plume et se mit à écrire......


.

..............  à  suivre ..................

mercredi 16 octobre 2019

Etes vous rogneux ?


Rogner !!

Un verbe qui au XIIème siècle se disait « ruignier »
Rogner ! Exprime le grognement. « Rognnnnnnn !! ».
Rogner ! Terme utilisé pour montrer le mécontentement, la colère. « ROGNNNNNNNNN ! ».
1556, « rogner » était employé pour « ronchonner entre ses dents ».
1611, « rogner » devint « rongnoner ».

Rongnoner !!! N’était-ce pas ce mot qu’utilisait ma grand-mère lorsque, petite, je bougonnais dans mon coin.
Bon, petite précision tout de même, ma grand-mère n’est pas née au XVIIème siècle !
Mais n’était-ce pas une confusion de sa part avec un autre verbe, celui du parler normand : « Rognonner », chantonner entre ses dents.
La question restera posée, ma grand-mère n’est plus là pour y répondre.

Revenons à « Rogner ».
De ce verbe découlent :
·         La rogne, la rongne en 1501, désignant une longue discussion pénible, une négociation ombrageuse.
·         Chercher rogne, en 1701, équivalait à chercher noise, chercher querelle.

« Etre rogneux »  apparut en 1867. Une personne rogneuse, à cette époque, affichait un caractère hargneux, agressif.


Et puis avec le temps, au fil des années, ne reste plus, depuis 1888, que l’expression « être en rogne » qui, synonyme de  ronchonner, bougonner, grogner, indique la mauvaise humeur, l’insatisfaction.
En clair, comme le disait si bien ma grand-mère, « être bâton merdeux » !
Vous savez ce bâton qu’on ne sait pas comment prendre pour ne pas s’en mettre plein les mains !!!!

Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert