Un gringue, vers 1878, désignait un pain.
Gringue vient de grignon (1564) : morceau de pain.
Du verbe grigner :
grignoter.
Mais quel rapport existe-t-il avec cette locution : faire du
gringue qui, en fait, peut se traduire par :
·
faire l’aimable (1901) ?
Peut-être en raison des pêcheurs qui confectionnaient des petits
pains d’appât – faisant ainsi « l’aimable » pour amadouer le poisson.
Par extension, faire du
gringue prit, après 1911, le sens de : faire la cour à une femme.
Ne trouvez-vous pas ce rapprochement un peu tiré par les
cheveux ?
Enfin, on sait bien qu’il suffit de peu de choses pour qu’un mot
change de sens.
Et puis, n’y a-t-il pas qu’un pas entre les petits pains, appât
pour la pêche, et le déploiement de charmes masculins pour appâter la gente
féminine.
Une phrase lancée par plaisanterie, sur la place du marché, devant
l’étal d’une jolie poissonnière, entre deux amis, par exemple.
« As-tu fini de lui faire du gringue ? »
J’extrapole, bien sûr, mais l’idée m’amuse !
Pour
cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire
historique de la langue française » Le Robert
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