Un petit tour au fil des pages de la presse d’antan.
Non pas celle des Grands Evénements, mais celle des faits divers et des cancans.
Ce jour-là à Amiens.
Le 6 mars 1912, par exemple, un petit article relatant le suicide d’un jeune sous-officier de 26 ans.
Chagrin d’amour, supposa-t-on.
Pas moi ! Je me suis tout de suite demandé :
Mais qui était ce jeune homme du nom d’Henri Masson ?
Par curiosité, je me suis penchée sur son histoire, sur sa vie écourtée.
Heureusement, nous possédons de nos jours la possibilité de remonter le temps sans bouger de notre fauteuil.
- · La fiche militaire d’Henri Masson donne beaucoup de renseignements et notamment :
Henri Masson de la classe 1906.
Né à Charly-sur-Marne dans l’Aisne, le 12 août 1886 et résidant dans sa ville natale.
Il était le fils de Baptiste Albert Masson et de Louise Léa Charpentier.
Il exerçait le métier de maréchal-ferrant.
Il possédait des yeux gris-bleu et des cheveux noirs.
Pas très grand, puisqu’il ne mesurait qu’un mètre 51.
Petite précision : il avait une cicatrice à la main droite, suffisamment importante pour être notifiée.
- · Côté familial : ses parents, mariés le 11 septembre 1882, avaient demandé le divorce qui fut prononcé le 1er août 1894.
Son père, Baptiste Albert Masson, jardinier, décéda le 24 novembre 1899 à l’âge de 41 ans.
Remariage de Louise Léa Charpentier deux ans après la dissolution de son mariage par divorce, en décembre 1896, avec Georges Couvreur, maréchal-ferrant.
Était-ce avec son beau-père qu’Henri Masson avait appris le métier de maréchal-ferrant ? Sans aucun doute.
- · Côté armée : Ce jeune homme fut appelé sous les drapeaux, le 9 octobre 1907. Première étape : seconde classe dans le 72e régiment d’infanterie.
Ayant une bonne instruction, puisque notée « 3 » sur sa fiche militaire, Henri fut nommé au grade de caporal, le 26 septembre 1908.
Réengagé pour deux années le 16 juillet 1909 – à compter du 1er octobre 1909 - il passa au grade de sergent, le 18 juin 1910.
La vie militaire devait lui convenir, car il signa de nouveau pour deux années, le 24 avril 1911 – prise en compte à partir du 1er octobre 1911.
Pourquoi cet acte désespéré et dramatique du 4 mars 1912 à Amiens ?
Pourquoi Henri Masson s’était-il donné la mort ?
Chagrin d’amour ?
Henri Masson n’ayant laissé aucune lettre, nous ne le saurons jamais.
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