mercredi 9 novembre 2022

Malingre

 

En 1249, ce terme est employé comme nom propre : Malingres. 

1598, malingre devient un adjectif.

 

Ce mot est d’origine incertaine, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, il viendrait peut-être, toutefois :

Du croisement de :

  • ·         Mal : malade

Et

  • ·         De l’ancien français, Heingre ou haingre qui en 1080 signifiait : chétif – maigre.

 

Ou bien encore, pourquoi pas :

  • ·         Du latin, malignius : malin

Et

  • ·         Du latin, linicus : mince

Dont d’assemblage donne : malignicus.

 

 L’adjectif malingre est d’abord utilisé pour : mauvais ou en mauvais état, puis vers 1677 pour : qui a du mal à reprendre des forces après une maladie ou un accident. Vers 1690, malingre signifie : délicat – chétif.

 

Des mots découlent de malingre, comme, cet autre adjectif : malingreux et malingreuse au féminin.

Avant d’arriver à cette orthographe, il s’écrivait :

  • ·         Malingos, vers 1225.
  • ·         Malingous, vers 1278.

Un qualificatif donné aux mendiants feignant la maladie pour obtenir quelques pécules.

 

Malingreux n’est plus utilisé de nos jours.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

mercredi 2 novembre 2022

Les derniers condamnés à mort dans l'Eure et en Seine-Maritime - François Firoteau - épilogue


Troisième condamné, un nommé François Firoteau

Epilogue

 

 

Bien mal acquis ne profite jamais...... nos deux assassins furent très vite interceptés par la maréchaussée.

 

 

Le procès à la Cour d’Assisses d’Evreux en date du 16 avril 1891

Pendant le procès, les deux hommes se tenaient l’un à côté de l’autre dans le box des accusés.

Firoteau avait une attitude décidée. Il reconnut son crime et ne chargea pas son complice Vatinel qui lui semblait atterré.

 

Ils étaient jugés pour homicide volontaire sur la personne de François Taurin Chauvin, tentative d’homicide sur la personne  de la veuve Buisson[1]  et bien entendu pour vol.

 

Les jurés ne mirent pas très longtemps à délibérer.

François Firoteau fut condamné à la peine capitale.

Quant à son complice, Raoul Robert Vatinel, par une erreur lors des débats, ayant obtenu les circonstances atténuantes, il n’écopa que d’une peine aux travaux forcés à perpétuité.

 

 

Exécution de François Firoteau

Condamné à mort, le supplicier fut digne jusqu’à son dernier souffle.

Avant de partir pour l’échafaud, dressé sur le pré du Bel-Ebat à Evreux, il s’entretint avec l’aumônier de la prison, lui certifiant :

« Vous verrez que je suis un homme. J’ai commis un crime, il est juste que j’expie. Je me montrerai courageux jusqu’au bout. »

 

Monsieur Deibler, exécuteur des hautes œuvres, effectua sa besogne.....  

L’acte de décès de François Firoteau indique qu’il est décédé à 3 h 58 du matin. Son corps repose au cimetière d’Evreux.

 

 

Raoul Robert Vatinel

La fiche du bagne de Vatinel nous apprend beaucoup sur lui et notamment, comme mentionnées plus haut, ses diverses condamnations.

Mais aussi :

Raoul Robert Vatinel avait vu le jour le 3 avril 1866 à Vernon. Ses parents étaient François Vatinel et Désirée Léonie Fremin.

Célibataire, il était de confession catholique.

Ses cheveux étaient châtains, ses yeux bleus, son nez petit et sa bouche également. Il possédait un visage ovale et un menton rond, son teint était coloré.

Il possédait sur le bras gauche, un tatouage, représentant une pensée.

Condamné aux travaux forcés, il partit vers la Guyane sur le bâtiment Ville-de-Saint-Nazaire. Il débarqua le 5 octobre 1891 et fut interné au Maroni deux jours plus tard, le 7 octobre 1891.

 

Les nouveaux bagnards effectuaient les travaux les plus durs. Le climat était très difficile à supporter et la plupart mourait dans l’année suivant leur arrivée, souvent de maladie.

Raoul Robert Vatinel décéda au Maroni le 11 décembre 1891, deux mois après son arrivée.

 



[1] La veuve Buisson n’avait été qu’assommée et bien que très choquée s’était remise de cette agression.

Le mortier

 

Un mot toujours en usage aujourd’hui.

 

Mortier vient du latin mortarium, et désignait en 1160, un récipient servant à piler une matière telle une pommade.

En 1191, ce mot fut attribué à une coiffe garnissant le heaume des chevaliers.

1175, il était un luminaire se trouvant dans les églises, petit vase contenant de l’huile ou de la cire qui, allumée, éclairait comme une veilleuse.

 


Ce ne fut que vers 1668, que le mot mortier nomma l’agglomérat dont on se servait pour relier les pierres d’une construction entre elles.

 



Mais ce terme était employé dans d’autres domaines.

A partir de 1461, un mortier était une toque portée par certains dignitaires tels :

  •          Le chancelier de France.

 ·     Les magistrats de la Cour des comptes ou de la cour de cassation.

  •      Les présidents des parlements qui se voyaient de ce fait appelés :  présidents de mortier ou à mortier.

 





Vers 1450, un mortier faisait partie de l’armement comme pièce d’artillerie de gros calibre d’où l’expression : « faire tirer le mortier ».

Aujourd'hui, son calibre s’est réduit, un mortier est devenu une arme à tir portative utilisée dans l’infanterie.




Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert


mercredi 26 octobre 2022

Les derniers condamnés à mort dans l'Eure et en Seine-Maritime - François Firoteau - quatrième partie

 


Troisième condamné, un nommé François Firoteau

Quatrième partie

 

 

Il fallait, un gros coup... un seul.... un dernier.....

 

Un gros coup, ça c’était certain, qu’il ne fallait pas louper.

 

 

Dehors, tous deux, le 12 décembre 1890, Firoteau et Vatinel mirent au point ce qui devait être leur dernier méfait.

Premièrement : trouver une cible.

Leur choix se fixa sur la Ferme des Barrières Rouges à Breteuil dont le propriétaire se nommait  François Taurin Chauvin.

François Taurin Chauvin, né le 4 mai 1816, avait, toute sa vie, travaillé sur sa terre. Très estimé, il avait été élu conseiller municipal de la ville. Depuis son veuvage, son épouse Julie Joséphine Lérot étant décédée le 28 février 1885[1], sa maison était tenue par une servante âgée de soixante-quatre ans, la veuve Buisson. Un jeune domestique de vingt-six ans s’occupait des plus durs travaux de la ferme.

 

Pour nos deux larrons, cette propriété présentait l’avantage de n’avoir aucun voisin proche et l’on disait aussi que son propriétaire possédait une certaine aisance.

 

A la faveur de la nuit, les deux compères se faufilèrent dans une des dépendances attenantes au logis, attendant le moment propice. A l’aube, alors qu’ils s’apprêtaient à commettre leur larcin, ils entendirent des pas. C’était la servante qui descendait à la cave.

Mais pourquoi se levait-elle si tôt ?

 

Afin de neutraliser la femme, ils l’assommèrent avec un bâton.

La route étant libre, ils s’introduisirent dans le logis. Tout semblait calme. Le sieur Chauvin devait encore dormir.

Non, pas vraiment, car apparut, sur le seuil de la cuisine, François Taurin Chauvin encore tout ensommeillé.

Les deux bandits, surpris, s’élancèrent sur lui et se servirent du même bâton que précédemment afin de le neutraliser. Mais, le coup fut plus fort, beaucoup trop fort et l’homme tomba sur le sol, succombant aussitôt.

 

Firoteau et Vatinel étaient bons pour la guillotine.

Il leur fallait prendre au plus vite l’argent et se carapater.

Ils trouvèrent rapidement une somme de deux cents francs, l’empochèrent et prirent la poudre d’escampette.

 

Bien mal acquis ne profite jamais...... nos deux assassins furent très vite interceptés par la maréchaussée.

 



[1] Les époux s’étaient unis le 24 juillet 1839 à Saint-Denis-du-Béhélan (27).

 

Une histoire de mansarde !

 


Une mansarde

 

Ce nom fut donné, à partir de 1650, aux combles aménagés « à la Mansarde », du patronyme de l’architecte François Mansart.

 


Qui était François Mansart ?



Fils d’Absalon Mansart et de Michelle Le Roy, son père était maître charpentier au service du roi Louis XIV et ses grands-parents, côté maternel, architectes et ingénieurs, ayant œuvré sous le règne de  Louis XIII.

Né le 23 janvier 1598 à Paris, il était le sixième enfant d’une fratrie de sept.

François Mansart est considéré comme le principal précurseur de l’architecture classique française.

Il travailla toute sa vie à l’édification de palais – châteaux -  hôtels particuliers – maisons – édifices religieux.... Un travail de Titan.

Il ne s’est jamais marié et n’a eu aucune descendance.

Il décéda de maladie le 23 septembre 1666 à Paris.

 

 Une mansarde ?

Comble brisé dont chaque versant possède deux pentes, le brisis et le terrasson, articulés par la ligne de bris.

Ce nom fut également attribué à la pièce aménagée.

 


Balzac emploie dans ces écrits le terme suivant  « chambre mansardée », vers 1844.

 

Toutefois, Mansart ne fut pas le premier à utiliser ce procédé de construction qui porte aujourd’hui son nom. Il y eut avant un certain Pierre Lescot ......

Pierre Lescot, né en 1515 à Paris et décédé le 10 septembre 1578 à Paris, architecte français, ayant initié un style d’architecture classique. Il a, entre autres, rénové la façade du Louvre. 

 

Si vous dormez dans une mansarde, vous aurez à présent une petite pensée pour François Mansart avant se sombrer dans le sommeil.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

mercredi 19 octobre 2022

Les derniers condamnés à mort dans l'Eure et en Seine-Maritime - François Firoteau - troisième partie


Troisième condamné, un nommé François Firoteau

Troisième partie

 

 

Après cette errance professionnelle, François Firoteau décida de signer un engagement dans l’armée pour une période de cinq années.

 

 

Jusqu’à présent, François Firoteau ne s’en était pas trop mal sorti, mais un petit, tout petit, dérapage changea le cours de sa vie.

 

Trois timbres.

Trois timbres-poste........

 

François Firoteau vola trois timbres-poste !

Et pour cela, il fut condamné à trois années d’emprisonnement dans un pénitencier militaire en Afrique.

Trois années pour trois timbres !

Une année par timbre !

C’était terriblement cher payé !

 

Revenu à la vie civile avec sur les épaules une condamnation pour vol, les portes se fermaient lorsque François Firoteau cherchait de l’embauche.

Il avait pourtant payé sa dette par trois ans de pénitencier et personne ne voulait lui tendre la main pour l’aider à repartir.

 

Des années de galère qui le renvoyaient régulièrement sous les barreaux.

Jusqu’à cette incarcération à la Maison Centrale de Beaulieu où, pendant son séjour, Firoteau fit la connaissance d’un autre détenu, Raoul Robert Vatinel.

 

Raoul Robert Vatinel, un jeune homme de vingt-quatre ans, ayant déjà un lourd passé.

Sa carrière de délinquant commença alors qu’il n’avait pas encore quinze ans.

·         Novembre 1881 : première peine d’emprisonnement de dix jours pour vol.

·         1883 : quatre mois de prison.

·         Fin 1883 – début 1884 : Incarcération de six mois.

·         A partir d’octobre 1884 : condamnation de cinq ans d’emprisonnement.

·         Novembre 1990 : un mois à purger à la prison de Beaulieu.

Toutes ces peines pour un seul motif, le vol, sauf la dernière dont le motif était « vagabondage et outrage à agent ».

Une forte tête, ce Raoul Robert.

 

 

Tous deux discutaient en attendant leur sortie. Il leur fallait trouver le moyen de gagner « honnêtement » leur vie.

Ils en avaient des idées, surtout François Firoteau.

« Il faudrait acheter une machine à battre. La location de cette machine dans les campagnes permettrait de gagner de l’argent.

-          Oui, avait répondu  Raoul Robert Vatinel, c’est une excellente idée sauf que .....

-          Sauf que quoi ? avait lancé Firoteau.

-          Qu’on a pas les ronds !!!

-          Oui, mais on pourrait les voler, les ronds.....

-          Volé et se retrouver en prison !!!

-          Une dernière fois, en faisant gaffe de ne pas se faire pincer. T’as une autre idée pour trouver de la tune ?

 

Vatinel n’avait pas l’idée de génie permettant de trouver rapidement de l’argent. Il n’avait pas non plus envie de se retrouver derrière les barreaux.

Il fallait, un gros coup... un seul.... un dernier.....

 

Un gros coup, ça, c’était certain.

Un gros coup qu’il ne fallait pas louper.

Quel malotru !

 


Un malotru ou une malotrue            

 

Un mot venant directement du latin populaire :

Male astrucus qui peut se traduire par : né sous une mauvaise étoile ou un mauvais astre.

 

Le mot malotru, fait son apparition dans notre langage vers 1175, sous la forme de malostruz.

 

Au cours du XIIIème siècle, son sens varie un peu, allant vers :

Personne défavorisée sur le plan physique et/ou moral. Ce sens est toujours  le même vers 1690.

 

De nos jours, ce terme est attribué à un individu balourd et grossier, sur le plan uniquement moral.

Ce mot évoque aussi une impolitesse grossière.

 

Un malotru une personne peu fréquentable !!!

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert