mercredi 12 novembre 2025

Quel micmac !

 

 Micmac, nom masculin apparu début du XIIe siècle sous l’orthographe : micquemacque.

Ce ne fut que vers 1640 qu’il prit la forme orthographique que nous lui connaissons : micmac.

 


D’où vient ce mot ?

·         De l’ancien français :

o   mutemacque (1462) : rébellion, émeute.

·         Du néerlandais :

o   Meutemacre (milieu XVe siècle) : mutin, séditieux.

o   Locution néerlandaise : muyte maken : faire une émeute  ( muyte : émeute – maken : faire).

o   Muytemaker : émeutier

 

Le mot micquemacque évolua en micmac, prenant la forme de beaucoup d’autres mots, jouant avec les voyelles i et a tels : cric-crac, fric-frac, tic-tac, zigzag...... tout en gardant son sens originel d’intrigue, manigance, mais aussi, par extension, celui de grand désordre (1876).

 

Micmac peut être employé pour :

Agissement, brouillamini, chaos, désordre, embrouillamini, embrouillement, emmêlement, entremêlement, explication peu claire ...

 


 

Une tribu indienne constituant la plus grande et la plus importante tribu indienne des Provinces maritimes du Canada (Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard) porte le nom de Micmac ou Mi’kmaq. Une tribu apparemment amicale puisque Micmac signifie, dans leur langue, frère ou ami.









Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

dimanche 9 novembre 2025

Le vampire

 


Une autre figure d’Halloween.

 

Le mot vampire :

  • ·         Emprunté à l’allemand vampir (1738).
  • ·         Emprunté lui-même au serbe vàpîr.
  • ·         ... au tchèque upir.
  • ·         ... au russe upyr.

Tous ces mots venant du même mot turc uber : sorcière.

 

Le vampire, fantôme sortant la nuit de son tombeau pour sucer le sang des vivants.

Il est souvent représenté, canines proéminentes, lèvres dégoulinantes de sang.

 





 le vampire est également une espèce de chauve-souris d’Amérique du Sud ou Centrale (1763), suçant le sang des animaux pendant leur sommeil.

 

En 1756, il s’agit d’une personne qui s’enrichit, par des gains illicites, au dépens du peuple.

  • ·         De là l’origine du verbe vampiriser (1795) : exploiter quelqu’un et l’adjectif : vampirique.
  •        En 1835, vampire nomme un assassin, coupable de nombreux crimes.
  •        En 1907, le vampire est un voleur qui profane les tombes.

 

Il existe aussi la vamp (1921).

Surnom attribué à l’actrice Theda Bara, jouant les femmes fatales, au temps du cinéma muet à grand renfort de mines exagérés.

Par extension, dans le sens général, une vamp qualifia les femmes irrésistibles.

 

Theda Bara, une actrice américaine du cinéma muet, née le 29 juillet 1885 à Cincinnati, dans l'Ohio, décédée le 7 avril 1955 à Los Angeles, en Californie. Elle fut l'une des actrices les plus populaires de son temps et l'un des premiers sex-symbols de l'écran. Elle tourna 43 films entre 1914 et 1926, mais un incendie détruisit la quasi-totalité (35 en tout) de ces tournages.

 Le verbe vamper (1923) : séduire par des allures de vamp vient du verbe anglais : to vamp (1904)

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du


                                                                     « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 


Halloween !!

 

Qui dit « Halloween », pense aussitôt à sorcière !!

 Le mot sorcière – nom et adjectif – est attesté dans notre vocabulaire vers 1160.

Il s’agissait d’UNE sorcière, car le sorcier, lui, est apparu plus d’un siècle plus tard, vers 1283.

 

Sorcière, du latin populaire :

  • ·         Sortiarius : diseur de sorts
  • ·         Sortiaria : sorcière
  •        (sors – sortis : oracle, prophétie)

On employait aussi :

  • ·         Sorcelière, au XIIe siècle.
  • ·         Sorceresse, au XIIIe siècle.

 

La sorcière est une personne à qui on attribuait un pouvoir surnaturel dû, bien évidemment, à un pacte avec le diable.

 

Le sorcier (1635) est un homme et plus spécialement un artiste qui captive par son adresse, son art.

Pas de mention de pacte avec le diable le concernant, seulement un artiste, un illusionniste en quelque sorte.

Quelle injustice !!

 

Revenons à la sorcière.

·         Vers 1579, le terme nomme une femme laide et méchante.

·         Vers 1718, on parlait, mais très peu, d’un vieux sorcier.

 

Quelques locutions : 

·         Il ne faut pas être grand sorcier pour faire quelque chose...(1656) : il ne faut pas être intelligent.

·         Ce n’est pas sorcier : ce n’est pas compliqué.

 

Les cercles, plus ou moins réguliers sur le chapeau de certains champignons, sont appelés ronds de sorcières.

 

Quelques dérivés du mot sorcière :

  • ·         La sorcellerie (1459) – écrit sorcerie vers 1130 et sorcelerie vers 1220 – croyance superstitieuse ou pratique du sorcier.
  • ·         Ensorceler – verbe XIIIe siècle – ennorcerer vers 1188 : soumettre à l’action d’un sortilège humain.
  • ·         Ensorceleur (ensorceleuse) 1538 : sorcier enchanteur.
  • ·         Ensorceleresse – fin XIVe siècle : personne qui séduit.
  • ·         Un ensorcellement (1393) : maladie de langueur dont les médecins n’en connaissaient pas l’origine et ne pouvant, de ce fait, le guérir.
  • ·         Ensorcelant (ensorcelante) 1605 : fascinant, envoûtant.
  • ·         Désensorceler 1538 : action de soustraire quelqu’un à une forte emprise.
  • ·         Un désensorcellement.
Une sorcière, en fait, n’était autre qu’une vieille femme vivant seule, car souvent veuve, en dehors du village. Connaissant la science des plantes, elle confectionnait des remèdes contre les maladies.

Aucun sortilège dans tout cela, seulement les médisances colportées par la rumeur.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

Un cellérier

 

 

Quelle est la signification de ce mot ?

Vous avez trouvé ?

 

Et si je vous dis que :

Cellérier vient de cellarium.

 

Alors, une idée ?

Cellarium : garde-manger, office.

De cella également. 

·         Cella : petite chambre, magasin, mais aussi chapelle d’un temple, cellule de moine.

 

Je pense que vous avez deviné.

 

Cella =  chambre à provisions, pièce fraîche pour conserver des denrées.

Cella et cellarium (de même origine) : noms pour désigner un cellier.

 

Alors, bien évidemment, un cellérier (1175) est le préposé au soin du cellier, dans un couvent. L’économe responsable du cellarium.

Un cellérier (une cellétière) est un mot un peu vieilli. Aujourd’hui, nous parlerions plutôt d’un intendant, un économe.

 

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

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                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

Un essart

 


 

Un nom masculin, présent dans notre vocabulaire depuis l’année 1120.

Il provient du bas latin exsartum : défrichement.

Exsartum, participe passé du verbe exsarire : défricher.

 

Exsarire :

·         Ex : préfixe

·         Sarire : sarcler

 

Un essart est donc une terre déboisée pour être ensuite  défrichée, sarclée et ensemencée ...

 

Si le mot n’est plus utilisé, on le trouve toutefois dans de nombreux noms de lieux.

Pour exemples :

·         Les Essarts en Charente.

·         Les Essarts dans l’Eure.

·         Les Essarts dans le Loir-et-Cher.

·         Les Essarts-le-Roi dans les Yvelines.

·         Les Essarts-le-Vicomte dans la Marne.

·         Les Essards-Taignevaux dans le Jura.

·         Les Plains-et-Grands-Essarts dans le Doubs.

·         ......


 

Au XVIIème siècle, on trouve le mot essartis.

Au XXème siècle, le mot essart est employé pour nommer un trou où se logent des crustacés.

 

·         Essarter (1172)              : terme d’agriculture.

·         Un essartage (1783)      : action d’essarter.

·         Un essartement (1611) : action d’essarter.

 


                                                                                                   Pour cette petite histoire autour d’un mot,

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                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

Un fourrier


 

Fourrier, nom masculin, dérivé de l’ancien français : fuerre = fourrage.

 

Tout d’abord, le mot désigna un soldat chargé de prélever sur les paysans le fourrage (1280), puis l’officier chargé d’assurer le logement d’un prince et de sa suite (1452) et par extension le sous-officier chargé du cantonnement et de la distribution des vivres, ce qui, en temps de guerre, ne devait pas être aisé.

 

Il y a aussi la fourrière, autre dérivé de fuerre (1225) désignant l’écurie, puis le grenier à fourrage ainsi que le bâtiment où l’on garde des provisions (1319).


 

Mettre en fourrière, locution (1740), a signifié garder un animal ayant occasionné des dommages, jusqu’au paiement de ceux-ci par le propriétaire.

 

Une fourrière, à partir de 1839 : lieu où sont gardés les animaux errants ou les véhicules saisis pour infractions.

 

 

Sur les fiches militaires, notamment celles de la période de la guerre de 14/18, le terme « agent fourrier » était largement mentionné et pour cause : durant cette période tragique de l’histoire mondiale, de nombreux chevaux furent réquisitionnés pour monter au front, il fallait donc du fourrage pour les nourrir.

L’agent fourrier se chargeait aussi du ravitaillement des hommes, ravitaillement qu’il essayait de se procurer dans les fermes proches, bien que celles-ci manquaient souvent du nécessaire.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

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                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

Une forfanterie

 


Un nom féminin dérivé de :

·         forfant, forfante (1546) = coquin

Venant également de l’ancien français :

·       Forfaire (verbe – 1080) = faire du mal – faire du tort.

Un mot pas trop sympathique !

 

Et puis, petit à petit, le mot évolua.....

·   1582, une forfanterie se voulait être une     tromperie.

·         1600, elle désignait un acte de violence.

·         Au XVIème siècle, une vantardise.

·        À partir de 1669, une forfanterie s’employa          pour qualifier le caractère d’une personne vantarde.

Plus de violence, simplement du « m’as-tu-vu » !!

 

Le fanfaron s’applique à fanfaronner (il ne sait que faire cela d’ailleurs). Une forfanterie digne de la commedia Dell’arte !

 

Petite précision :

Le Soldat fanfaron : comédie de Plaute mettant en scène un soldat vaniteux, s’attribuant des exploits guerriers sortis de son imagination. Fanfaron n’a cessé, au cours des siècles, d’inspirer de nombreux écrivains et cinéastes.

 

 

PlauteTitus Maccius Plautus, né vers254 avant J.C. et décédé en 184 avant J.C. 

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

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                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert