mercredi 4 mars 2026

Une zizanie

 

Zizanie, nom féminin apparu vers 1291.



Cette zizanie vient du bas latin ecclésiastique zizania signifiant : ivraie et au sens figuré : jalousie.

 

Employé d’abord dans la langue biblique pour : mauvaise herbe, la zizanie prit un temps le sens figuré de méchanceté (1474). Ce sens a totalement disparu.

Reste toutefois cette locution (1489) : semer la zizanie : semer la discorde.

 

Vous connaissez sans aucun doute ce film, la zizanie, dont les interprètes principaux sont Annie Girardot et Louis de Funès.

Les deux personnages, mari et femme, sont en total désaccord !

Je dirai même que cette mésentente sème une vraie pagaille !!!  

 

Pas de zizanie en ce qui concerne cet article. Nous n’allons tout de même pas avoir des mots pour un mot !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 27 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoist – Les incidents de la fin d’année 1848 - 4

 

Alphonsine était maintenant au moulin des Dolléans.


Après quelques semaines, c’était même devenu la routine.

Debout dès l’aube et couchée fort tard, elle passait son temps entre les différentes tâches qu’on lui avait attribuées.

Elle s’occupait aussi des jeunes enfants du meunier, Marie Zoé, François Damien et Narcisse Alexandre.

Les moissons avaient été faites, le foin était rentré, les premiers froids avaient surpris par leur intensité, Noël approchait.

 

Un matin après la mi-décembre, le meunier Dolléans constata un vol de foin dans la grange. Il alla aussitôt en informer le maire du village. Les soupçons se portant tout de suite sur un domestique[1] de ferme, les autorités procédèrent à une perquisition au domicile du jeune homme.

Perquisition n’ayant rien révélé de flagrant.

 

Comment avait-on soupçonné ce journalier ?

Tout simplement sur le témoignage d’Adolphine qui avait aperçu l’homme entrer dans la grange, la veille du forfait, à la nuit tombée.

 

Sans preuve, pas d’arrestation. L’affaire s’arrêtait là.

Par prudence, le meunier Dolléans licencia son domestique. Aurait-il pu conserver sa confiance à son employé après cette suspicion ?

 

Deux jours après les faits, un incendie se déclara dans une des dépendances du moulin.

Heureusement, le feu fut vite maîtrisé et les dégâts minimes.

 

Pour le second méfait, il y avait assurément un mobile. Un domestique renvoyé, poussé par la vengeance et allumant un brasier : ce ne pouvait être que le voleur de foin.

Cette fois, l’arrestation mena à un jugement et à la condamnation du coupable à une peine d’un mois d’emprisonnement.

Le calme semblait enfin revenu au sein du foyer Dolléans.

 

Sauf que ce ne fut pas le cas, car des phénomènes d’une étrangeté diabolique se produisirent.

La jeune Adolphine attirait les objets à elle.

·         Un collier de cheval venant se placer sur ses épaules,

·         Des corbeilles de pain lui tombant sur la tête,

·         Un sac vide la coiffant ou se collant à son corps sans qu’on ne puisse l’ôter,

·         Les meubles dansant, changeant de place,

·         Un peloton de fil venant se loger dans son dos,

·         Toutes sortes d’objets tels, bouts de chandelle, morceaux de viande, pris de frénésie.

Une vraie farandole d’objets dans les pièces où se trouvait la jeune fille.

 

À bien réfléchir, les mêmes phénomènes qui s’étaient produits lorsqu’Adolphine vivait encore chez son père quelques années auparavant.

La première fois, n’était-ce pas en raison d’une révolte contre sa belle-mère et la naissance de ses nouveaux frères et sœurs ?

En ce début janvier 1949, fallait-il prendre en compte les événements du mois précédent au moulin qui avaient choqué, perturbé la jeune fille ?

Savants, prêtres et journalistes allaient se pencher sur le cas « Adolphine Benoist »......



[1] Je n’ai pas retrouvé le nom de l’accusé ni dans les articles de journaux, ni dans les registres d’écrou.

mercredi 25 février 2026

Zigouiller

  


Le verbe zigouiller est attesté dans notre langage depuis la fin du XIXème siècle (1895).

Un mot dialectique venant du Poitou et signifiant :

·         Couper avec un mauvais couteau.

o   Zigue-zigue : mauvais couteau.

 

On trouve aussi une variante dans le verbe zigailler : couper maladroitement – scier mal.

 

Zigouiller, un mot familier, qui n’est plus réellement employé.

 

Avant de disparaître, il a pris, peu à peu, le sens de tuer quelqu’un avec un couteau et enfin de tuer tout simplement quel qu’en soient les moyens.

 

Celui qui a zigouillé quelqu’un, a effectué un zigouillage (1934).

 

Petit conseil : Zigouiller, ne surtout pas exécuter cet acte. Pas de violence .... Merci !

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 20 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Besnoît – La remplaçante 3

 


 
Marie Françoise Joséphine Dolléans avait trente-trois ans lorsqu’elle mit au monde un petit garçon, le 24 janvier 1838 à Courbehay[1]. Ce fut Jean Baptiste Dolléans, âgé de quatre-vingts ans, qui alla déclarer la naissance de son petit-fils auquel avait été donné le prénom de Pierre Alphonse.

Marie Françoise Joséphine vivait chez ses parents, elle n’était pas mariée. Pierre Alphonse était un enfant dit naturel.

 

François Louis Damien  Benoist eut-il recours aux services de Marie Françoise Joséphine après le décès de son épouse Marie Françoise Magdeleine, en février 1839 ?

Une marieuse se chargea-t-elle de négocier un mariage entre la jeune femme, pointée du doigt par les voisins en raison de son état de fille-mère et l’homme récemment veuf, recherchant une femme pour tenir son ménage ?

Les questions resteront sans réponse, malheureusement, et je suis la première à le regretter.

 

Tout ce que je peux vous dire avec certitude, c’est que François Louis Damien  Benoist et Marie Françoise Joséphine Dolléans se marièrent le 23 octobre 1839 à Péronville.

  

Adolphine vit sa maison envahie, non seulement par la remplaçante de sa maman, mais également dut subir l’arrivée d’un « petit frère » qui n’en était pas un.

Et ce ne fut pas tout !

Deux enfants naquirent à la suite du remariage de son père :

·         Césarine Joséphine, le 28 juillet 1840.

·         Désiré Alfred, le 19 décembre 1842.

 

À la naissance du petit Désiré Alfred, Adolphine avait huit ans.

Devenue grande sœur, elle devait effectuer des tâches ménagères pour soulager sa belle-mère !

 

La fillette n’acceptait pas sa belle-mère, mais les deux nouveaux bébés qui lui tendaient les bras étaient irrésistibles.

 

Quelques années plus tard, des événements étranges se produisirent au logis. Des objets se déplaçaient tout seuls, uniquement lorsqu’Adolphine se trouvait dans la maison. Ces phénomènes qui ne durèrent pas longtemps furent vite oubliés lorsque le foyer retrouva son calme.

 

Marie Françoise Joséphine Dolléans avait un  petit-cousin[2], Jean François Louis Damien Dolléans  meunier à Guillonville. Il cherchait une domestique de ferme. Alphonsine, à quatorze ans, étant capable de s’occuper de jeunes enfants, d’un potager et d’une basse-cour, il fut acté qu’elle irait au moulin. Elle fit alors son balluchon et quitta le foyer paternel.

 

C’était à l’été 1848, tout se passait très bien jusqu’à.......

 



[1] Courbehay – Eure-et-Loire.

[2] Leurs grands parents : Jean Baptiste Dolléans (1758 – 1838) et Louis (1825 - ?) étaient frères. Fils de Jean Dolléans et Marie  Louise Thomas.

mercredi 18 février 2026

Un zigomar

 


 Le mot zigomar est récent puisqu’existant dans notre langage depuis 1916.

Il est sorti tout droit du roman d’aventures de Léon Sazie « la bande des zigomars »

 

Ce fut donc Léon Sazie qui créa le personnage de Zigomar avec une première parution de ses méfaits en 1909 dans le journal Le matin.

Zigomar, un grand criminel portant une cagoule rouge afin de garder l’anonymat, est le chef d’une bande de malfaiteurs bien connue sous le nom de : la bande à Z.

Tout ce petit monde exerçait leurs criminelles activités à Paris.





Léon Sazie remporta un immense succès dès la première parution, aussi entre 1909 et 1924, il publia six romans. En 1938, sortit un recueil de nouvelles.

Zigomar fut adapté au cinéma par Victorien Jasset, trois films entre 1911 et 1913.

 

Étant donné les informations qui précèdent, vous aurez compris qu’un zigomar est un malfaiteur qu’il faut éviter de croiser.

 

Zigomar donna les diminutifs de zig et zigoto.


 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

samedi 14 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoist – l’enfance d’Alphonsine 2

 

Jean François Louis Damien Benoist naquit en septembre 1797 à Villamblain dans le Loiret. Il épousa une jeune fille, Marie Françoise Magdeleine Bellenoue, née à Péronville en novembre 1794.

La future travaillait à Epieds dans l’Eure, comme servante domestique.

Les noces furent célébrées le 3 juillet 1821 à Péronville où les jeunes époux vinrent s’installer.

À cette époque, l’ouvrage ne manquait pas, il fallait des bras pour les travaux des champs.

 

Le foyer Benoist accueillit son premier enfant neuf mois plus tard, le 30 avril 1822. Ce fut une fille, baptisée, Prudence Eugénie.

Arrivèrent ensuite :

·         Magloire désiré, le 29 février 1824.

·         François Honoré, le 1er avril 1826.

·         Victoire Honorine Clémence, la 1er octobre 1829.

·         Et enfin, Désirée Armandine Adolphine, le 27 janvier 1834.

 

En sa qualité de dernière-née, Adolphine restait auprès de sa maman, tandis que les plus grands participaient déjà aux diverses tâches domestiques et agricoles.

 

Toutefois, comme dans beaucoup de foyers, deux enfants quittèrent ce monde.

La petite Prudence Eugénie décéda le 5 novembre 1823. Elle n’avait que sept mois. Puis ce fut Magloire désiré, âgé de dix ans, le 1er septembre 1836.

 

Malgré le chagrin, il fallait avancer. C’était ainsi.

 

Mais le pire, fut le jour où Marie Françoise Magdeleine tomba malade et rejoignit dans le petit cimetière de Péronville, ses deux enfants déjà disparus.

Le 4 février 1839, Jean François Louis Damien Benoist devint veuf, avec à charge trois enfants dont la dernière, Alphonsine, venait de prendre cinq ans.

Victorine Honorine Clémence, l’aînée des enfants encore en vie n’ayant pas encore dix, il était difficile de lui imposer le fardeau de remplacer la mère de famille. Elle était courageuse, Victorine, mais le travail était démesuré pour ses frêles épaules.

 

Dans cette première moitié du XIXème siècle, un veuf avec enfants n’avait d’autres choix que de trouver rapidement une « remplaçante ». Une jeune veuve avec enfants également ou une célibataire n’ayant jamais trouvé de prétendant.

Il y avait, dans les villages, des « marieuses ». C’était à elles que revenait la lourde mission de dégotter la « perle rare ». Ce n’était pas toujours aisé et il fallait souvent négocier.

Parfois, les marieuses ne s’avéraient pas nécessaires, il y avait toujours une cousine éloignée qui, après le décès de la maman, venait au foyer pour aider et prendre soin des petits. Bien évidemment, cette situation faisait jaser... ne laissant qu’une seule issue, le mariage.

 

Qu’en fut-il pour Jean François Louis Damien Benoist ?

mercredi 11 février 2026

Gibbeux (euse)


 

Gibbeux (euse) – adjectif attesté au XVe siècle, emprunté au bas latin gibbosus (bossu) de gibbus (bosse).

 

Gibbeux : qui est pourvu d’une ou plusieurs bosses (1590).

Gibbeux : qui a la forme d’une bosse.

 

Une gibbosité (1490) : bosse produite par une difformité de la colonne vertébrale.

Une gibbosité (1803) : proéminence en forme de bosse.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du


                  
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

vendredi 6 février 2026

Autre cas électrique – Adolphine Benoît – introduction 1

 


Ce qui va suivre a bien failli ne jamais voir le jour faute de renseignements suffisants pour un écrit intéressant et cohérent.

Le cas d’Adolphine Benoist ne comptait que quelques petites phrases dans les journaux, délivrant parcimonieusement des bribes de l’histoire.

Un lieu dans l’Eure-et-Loir, le nom d’un meunier à Guillonville et des phénomènes étranges...

 

Il m’a fallu beaucoup de temps et une immense patience pour recentrer les événements géographiquement, replaçant les personnes dans leur environnement.

Des heures à parcourir listes de recensement et Etat civil. 

 

Après des efforts minutieux et sur-concentrés, je vous emmène à présent dans l’Eure-et-Loir....

 

En ce début d’année 1849, Désirée Armandine Adolphine venait de prendre quinze ans[1]. Dernière-née de Jean François Benoist[2] et de Marie Françoise Magdeleine Bellenque, elle avait été placée l’année précédente, comme fille de ferme,  à Guillonville.

 

Jean François Louis Damien Dolleans était meunier à Guillonville. De son mariage avec Marie Césarine Angélique Gaucheron, célébré le 8 juin 1841 à Guillonville, de nombreux enfants avaient déjà vu le jour, aussi l’aide de la jeune Adolphine s’avérait plus que nécessaire, d’autant plus qu’elle était efficace.

 

Mais avant de vous conter les événements de 1849, je souhaite revenir en arrière jusqu’au temps de l’enfance d’Adolphine.



[1]  Désirée Armandine Adolphine BENOIST - Née le lundi 27 janvier 1834 – Péronville – Eure-et-Loir.

[2] Deux orthographes sur les divers documents : Benoit et Benoist.

mercredi 4 février 2026

Un gibier

 


Gibier, nom masculin, découlant de l’ancien français gibiez (vers 1178).

Aller an gibiers : aller à la chasse.

 

Le gibier, en 1377, désigne la viande d’oiseaux chassés.

Le gibier, vers 1539, nomme l’ensemble des animaux bons à manger, pris à la chasse.

 

Au sens figuré, vers 1480, un gibier est une personne que l’on poursuit.

Toujours au sens figuré, en 1668, le gibier de potence qualifie un malfaiteur digne d’être exécuté.

 

De gibier découle :

·         Giboyer – verbe – orthographié au XIIIe siècle : giboïer : chasser les oiseaux.

Ce verbe giboyer prend le sens de chasser en général au XVIe siècle.

 

En 1679, le chasseur utilisait de la « poudre à giboyer » : poudre de chasse.

 

Un giboyeur, nom ancien du chasseur, en usage à partir de 1581, est sorti de notre vocabulaire.

Par contre, l’adjectif Giboyeux (euse) (attesté depuis 1700) est toujours utilisé pour qualifier un étang, un fleuve, une mer ou encore une forêt riche en poissons et en gibier.

 

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

 

mercredi 28 janvier 2026

Une giberne

 



 

Ce nom féminin, une giberne (1573), est probablement issu du bas latin zaberna (IVe siècle).

Giberne eut avant deux orthographes différentes :

·         Gabarna.

·         Gaberina.

 

Une giberne, sorte de bissac, de gibecière.

·         En 1448 : équipement militaire consistant en une boite recouverte de cuir pour mettre les cartouches.

·         Au début du XXe siècle : sac de l’écolier.

 

Pour cette petite histoire autour d’un mot,

Je me suis aidée du

                   « Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

Autre cas électrique – Honorine Seguin[1]

 

 

Elle s’appelait Honorine Seguin. En 1857, elle avait été placée en apprentissage chez une lingère de La Haye (Indre-et-Loire).

La jeune fille possédait beaucoup d’intelligence et avait reçu une grande éducation morale.

 

 

Cela commença au début du mois de décembre 1857...

Alors qu’Honorine, âgée de treize ans et demi, travaillait à côté de sa maîtresse, la table devant laquelle elles se trouvaient fit un grand bond. Les deux femmes, effrayées, se reculèrent, mais la table ne s’arrêta pas, elle suivit la jeune apprentie dans tous ses mouvements, avant de se renverser.

Mais la table ne fut pas la seule à réagir à l’approche d’Honorine. Tous les meubles (tables – chaises, bois de lit...) réagissaient de même.

 

Le docteur G. Pineau, afin de faire le constat des phénomènes, se déplaça auprès de la jeune fille le 10 février 1858.

 

Lors de la première rencontre, Honorine s’assit sur une chaise auprès du docteur et plaça une autre chaise en contact avec le bas de sa robe qui traînait sur le parquet.

Après une heure, le jupon de la jeune fille se gonfla[2], touchant un des barreaux de la chaise vide qui à ce contact commença à bouger.

Ce qui fut le plus étonnant, ce fut que cette chaise semblait obéir aux ordres de la demoiselle.

 En voilà quelques exemples :

Demande d’Honorine :

·         Va te placer là : la chaise glisse sur le parquet et va se positionner à l’endroit désigné.

Autre commandement :

·         Lève-toi sur deux pieds : la chaise se lève et demeure en équilibre.

Puis encore plus surprenant :

·         Frappe dix coups d’un de tes pieds de devant : la chaise les frappe.

·         Marque la mesure pendant que je vais chanter : la chaise bat la mesure.

 

L’expérience dura deux heures.

 

Les effets dits « électriques » diminuèrent jusqu’à disparaître complètement au bout de trois mois.

 



[1] Je n’ai malheureusement pu trouver aucun renseignement sur les personnes de ce récit. Certains noms de lieux n’étant que des quartiers ou des hameaux et certaines villes ayant fusionnées. Pas toujours facile de tracer certaines familles dans ces conditions.

[2] Un vent électrique selon le docteur G. Pineau.

mercredi 21 janvier 2026

Qui était le docteur Dominique François Jean Arago ?

 


Au cours des divers articles concernant Angélique Cottin, un nom revient continuellement, celui du docteur Arago.

Personnage important, suffisamment pour s’y attarder un instant.

 

Voilà ce que j’ai découvert.

 

Dominique François Jean Arago a vu le jour le 26 février 1786 à Estagel dans le Roussillon, de l’union de ses parents François Bonaventure et Marie Anne Agathe, née Roig.

 

Qui étaient ses parents ?

·         François Bonaventure Arago (1754 – 1814) :

o   Propriétaire terrien.

o   Maire d’Estagel et juge de paix de canton en 1790.

o   Directeur de l’Hôtel de la monnaie à Perpignan en 1795.

·         Marie Anne Agathe Roig :

o   Fille d’un paysan aisé.

 

 

Excellent élève, Dominique François Jean Arago se vit ouvrir, après ses études, les portes d’une brillante carrière.

 

·         Études secondaires au collège communal de Perpignan.

·         En 1803, il a alors dix-sept ans, il entre à l’École Polytechnique.

·         En 1805, il est nommé secrétaire-bibliothécaire de l’Observatoire de Paris.

·         En 1806, il est envoyé à Majorque pour poursuivre le relevé du méridien de Paris.

·         C’est la guerre d’Espagne, il est fait prisonnier et interné au château de Bellver[1]. Il s’évade et rejoint Paris en 1809.

·         Le 18 septembre 1809, il est élu membre de l’Académie des sciences. Il a alors vingt-trois ans.

·         En 1809 et pendant les vingt années suivantes, il exerce comme professeur-adjoint, puis professeur à l’École Polytechnique.

·         En 1816, il crée un cours d’« arithmétique sociale » : calcul de probabilités, d’économie mathématique et de démographie.

·         En même temps, il dépend du Bureau des longitudes à l’Observatoire de Paris.

·         En 1822, il est membre titulaire du Bureau des longitudes à l’Observatoire de Paris.

·         En août 1829, décès de son épouse, Lucie Carrier-Besombes, fille d’un ingénieur des Ponts-et-Chaussées.

·         En septembre 1830, il est élu conseiller général de la Seine.

·         En juillet 1831, il est élu député des Pyrénées-Orientales.

·         En 1834, il est promu directeur du bureau des observations à l’Observatoire de Paris.

·         En 1843, il devient directeur de l’Observatoire de Paris, poste qu’il garda jusqu’à son décès.

·         Après la révolution de 1848, il devient ministre de la Guerre, de la Marine et des Colonies (gouvernement provisoire de la Seconde République).

·         Après le coup d’Etat du 2 décembre 1851 – début du Second Empire – il démissionne de ses fonctions.

 


Vie de famille :

Dominique François Jean Arago est l’aîné de sa fratrie. Après lui virent le jour cinq autres garçons.

Tout comme lui, ses frères font également de brillantes carrières.

·         Jean (1788 – 1836) : général au service du Mexique.

·         Jacques (1790 – 1855) : écrivain et explorateur.

·         Victor (1792 – 1867) : aucun renseignement.

·         Joseph (1796 – 1860) : militaire.

·         Etienne (1802 – 1892) : écrivain et homme politique.

 

Le 11 septembre 1811, Dominique François Jean Arago épouse Lucie Carrier-Besombes, fille d'un ingénieur des Ponts et Chaussées. Trois fils naquirent de leur union : 

·         Emmanuel (1812 - 1896) : avocat et homme politique républicain, ministre pendant le siège de Paris en 1870.

·         Alfred (1815 - 1892), peintre et inspecteur général des beaux-arts.

·         Gabriel (1817-1832).

Un de ses petits-fils, Pierre Jean François, fils d’Emmanuel, est élu député des Alpes-Maritimes  sous la Troisième République.

Fin de vie : 

Souffrant de diabète, Dominique François Jean Arago décède le 2 octobre 1853.

Lors de ses obsèques, plusieurs dizaines de milliers de personnes assistèrent au passage du cortège entre l’Observatoire et le cimetière du Père-Lachaise où il repose.

 

Hommages :

 

 « Il est impossible d’être plus pittoresque, plus grand, plus beau même, que ne l’est François Arago à la tribune, quand une véritable passion l’emporte, [...] qu’il attaque les violateurs de la charte royaliste ou défende la Constitution républicaine. [...] C’est qu’Arago est non seulement la science, mais encore la conscience ; non seulement le génie, mais encore la probité !»

Alexandre Dumas

 

« Arago fut le grand évocateur de la génération scientifique du siècle ».

Félix Mornand.

 

« Une des étoiles de ce siècle vient de s'éteindre, il me semble que la mort d'Arago est une diminution de la lumière ».    

Victor Hugo

 



[1] Le  château de Bellver ( « château belle vue »), situé sur l’île de Majorque, sur une colline recouverte de pins, date du XIXe siècle. Il  était l’une des demeures des rois de l’île. Le château devint une prison militaire en 1717. En 1808, François Arago y a été tenu prisonnier lors de la Guerre d’Espagne. Au XIXe siècle, une usine de fabrication de pièces de monnaie y a été installée.