mercredi 20 juin 2018

CONTE POUR LES ENFANTS SAGES...... ET TOUS LES AUTRES - Qui a volé les nuages ?


Qui a volé les nuages ? La fin de l'histoire !!!


L’éléphant avait stoppé le mouvement de ses oreilles et relevé légèrement sa trompe.
Le singe avait arrêté de s’épouiller.
La gazelle et le zèbre avaient redressé la tête.
La lionne regardait, attendrie, son petit qui, à ses yeux, était un génie.
Et l’hyène, attendait la suite des évènements, s’interrogeant toutefois comment il était possible de dérober des nuages.

Les animaux n’osaient formuler leurs craintes !
En effet, les seuls à pouvoir effectuer un pareil larcin ne pouvaient être que ......

« Les Esprits de la savane ! » s’écrièrent-ils ensemble.

Alors là ! Si vous saviez ce que cette exclamation générale a déclenché !
Oui ! Oui ! C’est ça !
Les rires incontrôlés de l’hyène qui s’étouffait :
« Toc, toc, toc ! criait-elle hilare. Esprits êtes-vous là ? 
-          On ne rit pas avec les Esprits, ils ont tout pouvoir sur notre vie ! s’étrangla de rage l’hippopotame. Avec une pareille attitude, nous ne sommes pas prêts de voir tomber la pluie !
-          Sauf si..... poursuivit l’hyène, toujours aussi enjouée.
-          Sauf si quoi ? interrogea la gazelle qui craignait les Esprits de la savane.
-          Sauf si les Esprits se sont envolés avec les nuages ! s’esclaffa l’hyène.

Le singe écoutait tous ces échanges, des plus inintéressants,  toujours perché sur une des branches du baobab plus que centenaire. D’un air singulièrement sérieux, il précisa :
« Et il parait que ce sont les singes qui font des singeries. A partir d’aujourd’hui, je propose que le mot  « singerie » soit remplacé par « hyènerie » ! »

L’hippopotame poussa un grognement tel que les branches du baobab plus que centenaire tremblèrent d’effroi.
« Ah non ! Cela suffit ! Tout ce galimatias ne fera pas revenir les nuages, ne fera pas tomber la pluie, n’empêchera pas que nous mourrions de faim et de soif. L’instant est grave ! Plus d’enfantillage !
-          Moi, je sais ! dit le petit lionceau. Je sais comment faire tomber la pluie !
-          Comment cet avorton, à peine né, peut-il savoir, ce que nous, ses aînés, ignorons ? lança l’éléphant.
-          Parce que c’est un génie, rétorqua la lionne, furieuse que l’on s’autorise de traiter son chérubin adoré, d’avorton.
-          Génies ! Esprits !.... Ah ! Quelle panoplie ! hurla l’hyène. Nous voyageons en plein mystique !

Mais, le petit lionceau ne se laissa pas intimider. Il désigna un objet, reposant près du tronc du baobab plus que centenaire.

Un bâton de pluie !

« Mais, c’est évident, lança avec emphase l’hippopotame. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! »

« Et alors ? » Me direz-vous.
Et bien voilà !

Il fallut manipuler, pendant de longues heures, cet instrument symbolique....
Oui, de longues et pénibles heures, pour qu’apparaissent, à l’horizon, quelques nuages vaporeux qui apportèrent une pluie diluvienne, inondant tout, et qui repartirent, en d’autres lieux, aussi soudainement qu’ils étaient apparus......
Volés, sans doute, à nouveau, par les Esprits de la savane !

jeudi 14 juin 2018

Avez-vous déjà déjeuner dans une gargote ?


Une gargote.


Ce mot évoque un lieu, triste lieu d’ailleurs, sombre, sale, sentant la vinasse, le tabac froid et les diverses émanations des corps, situé dans une ruelle malfamée ou sur un chemin retiré et où l’on pouvait se restaurer. Enfin, je dis bien « pouvait », mais en raison de la description ci-avant, pour manger en un lieu pareil, il fallait être très affamés ou encore, peu regardants.

Cette gargote (1680) était tenue par un gargotier (1642) - ou une gargotière – maître des lieux qui servait un gargot (1665), sorte de ragoût qu’il cuisinait lui-même et qu’il servait parfois, à quelques gargots (1794) de passage.
Petite précision, pour une bonne compréhension du texte :
Un gargot désignait aussi un marchand-grossiste en porcs.

Le verbe « gargoter », en 1594, avait le sens de « bouillonner ».
Donc un bon gargot devait bouillonner longtemps. De ce fait, les ingrédients réduits en bouillie, le consommateur ne savait pas réellement ce qu’il avait dans son assiette. D’ailleurs, c’était peut-être mieux ainsi, car si il avait su, aurait-il osé manger ?
Pas terrible tout cela !

Vous avez suivi ?

-=-=-=-=-

Ma grand-mère (toujours elle) me grondait souvent, car j’aimais jouer avec l’eau et évidemment, j’en renversais partout.
Savez-vous ce qu’elle me disait ?
Non, bien sûr !
Elle me disait : « As-tu fini de faire du gargot ! »
Et à bien y réfléchir, le mot « gargot » était juste et approprié, car mes mains, remuant l’eau, effectuaient une sorte de « bouillonnement ».
Bouillonnement, bouillon, gargoter, gargot......

Elle avait du vocabulaire, ma grand-mère !


  Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

HISTOIRE DE VILLAGE - Une certaine nuit à Ecquetot.


Il y a parfois de mauvaises rencontres .....



Le chemin commençait à lui sembler bien long. Pourtant, il l’avait fait à maintes reprises, ce trajet. Mais, sans raison apparente, une angoisse l’étreignait, aussi était-il sur ses gardes et impatient de regagner au plus vite son logis.
La clarté d’une lune blafarde, masquée au gré de la progression des nuages, projetait des formes fantasmagoriques sur le sol, transformant l’ombre du moindre petit bosquet ou des plus petits arbres, en monstres gigantesques et menaçants.

« Voyons, se rassura Ismaël Gustave Barge, tu vas point être effrayé comm’ une fillette !! Bientôt, tu s’ras ben au chaud dans ton lit ! »

La vue des premières masures d’Ecquetot lui donna un regain de courage, aussi força-t-il le pas.
Toutefois, la perspective d’être bientôt chez lui ne le rassura pas pour autant. Au creux de  son estomac, l’angoisse, déjà très  poignante, montait en intensité.
Lorsqu’il s’engagea dans la rue du Bout de la Ville, menant au Centre Bourg d’Ecquetot, instinctivement, Ismaël ralentit son allure, cherchant protection dans les coins d’ombre. A quelques mètres de lui, des voix d’hommes l’avaient mis en alerte. Une mauvaise querelle, apparemment, opposait des individus, et Ismaël ne souhaitait nullement y être mêlé. Ce qu’il souhaitait ardemment, en cet instant présent, c’était la chaleur d’un bon lit. Et puis, ce n’était pas son affaire.

Se cachant dans un renfoncement que lui procurait une haie, Ismaël observait, et surtout, attendait que les deux hommes qui, à quelques mètres de lui, s’expliquaient hautement, aient achevé leur querelle et s’en aillent, pour poursuivre sa route en toute quiétude. Mais, leur discussion animée n’en finissait pas. Et, à ce que Ismaël comprenait, il était question d’argent.
L’argent ! Toujours l’argent !
Mais, le discours de part et d’autre des deux protagonistes était tellement confus qu’il était bien difficile au pauvre Ismaël qui à cette heure avancée de la nuit n’avait qu’une idée en tête, aller se reposer, d’en comprendre les tenants et les aboutissants.

Ce fut à ce moment que l’un des deux hommes se retourna et l’aperçut. Se dirigeant vers cet espion pris en flagrant délit de surveillance, furieux, l’homme que Ismaël reconnut pour être Jacques Hilaire Duval, fonça sur lui, l’air belliqueux.

« Ah ! Tu nous espionnes, hein ? A la solde de qui ? Mais, je vais t’en donner moi ! Tu ne sais pas à qui t’as affaire ! »

Puis, Jacques Hilaire Duval leva vers Ismaël une main armée d’une lame, prêt à frapper. Ismaël eut le réflexe d’arrêter la main de son agresseur, puis, le saisissant par son abondante chevelure, le fit tomber.
Le second homme, ne voulant pas que la bagarre s’envenime, s’était élancé afin d’arrêter Jacques Hilaire Duval, mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’était que son intervention avait fait diversion, donnant ainsi au sieur Duval le temps de se relever et de mettre sa menace à exécution en enfonçant la lame de son couteau dans le flanc gauche d’Ismaël.

Un moment, saisis par ce geste criminel, les deux hommes observèrent Ismaël qui, plié en deux, regardait d’un air incrédule le sang couler de la plaie, avant de prendre la fuite.
A peine revenu de son étonnement, malgré la douleur lancinante que lui procurait la blessure, Ismaël regagna péniblement son logis, ne pouvant se redresser, la main gauche plaquée sur la plaie qui saignant abondamment.

Seul chez lui, Ismaël sentait son angoisse s’accroitre de plus bel. Et si Jacques Hilaire Duval, de peur d’être inquiété par la justice, venait achever le travail commencé, afin de le faire taire, définitivement !
Ismaël se voyait déjà allongé, baignant dans son sang, au milieu de sa chambre. Agonisant ! Mort !
Alors, un sursaut de courage mena ses pas vers la demeure du sieur Allix, maire d’Ecquetot. Devant le logis, Ismaël cogna des deux poings sur la porte, afin d’éveiller les habitants. Au bout de quelques minutes, une voix cria de derrière les volets du rez-de-chaussée.
« Qui va là, à cette heure de la nuit ?
-          C’est Ismaël Barge, m’sieur l’maire !
-          Ismaël ! Mais, t’es pas fou de me réveiller à pareille heure !
-          C’est que j’ suis blessé !
-          Blessé ! En pleine nuit ? Tu pouvais point dormir, comme tout le monde ?
-          C’est qu’ j’aurai ben voulu ! C’est l’ Jacques Duval. I’ m’a planté !

A cette dernière phrase, la porte s’ouvrit, découvrant Monsieur le Maire dans une tenue peu digne de sa fonction, mais compatible avec l’heure avancée de la nuit.
Monsieur le Maire était en chemise !

Devant le côté ensanglanté de Ismaël, le maire alla réveiller sa domestique afin qu’elle donnât les premiers soins au blessé. Celle-ci arriva échevelée, les yeux bouffis, et baillant à s’en décrocher la mâchoire.
Puis, le sieur Allix, maire, écouta le récit de la mésaventure et de l’agression que son hôte de la nuit venait de subir. Ismaël relata donc tout avec moult détails, tout en en ajoutant un peu, toutefois, mais pas plus qu’il n’en fallait..... Il fallait rester dans le plausible.
Trop de détails nuisent à la vérité. Pas vrai ?

Lorsque Ismaël Barge eut achevé de rapporter les évènements dont il avait été victime, le maire déclara :
« Nous ne pouvons rien faire pour l’instant. Dans quelques heures, le jour se lèvera et nous tirerons cette affaire au clair. »

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Jacques Hilaire Duval avait vu le jour à Canappeville, le 25 juin 1828. Il exerçait le métier de tailleur d’habits. Sa mère, Henriette Barge, était décédée alors qu’il n’avait pas encore onze ans.
Garçon ombrageux et turbulent, il avait été confié à son oncle, Auguste Hubert Duval qui habitait Ecquetot.
Ce fut donc pour cela que le lendemain matin, le maire, accompagné du garde-champêtre, alla quérir le dit sieur Duval Jacques Hilaire, chez Auguste Hubert Duval son oncle, afin qu’il soit entendu par le maire sur les faits qui s’étaient produits la nuit précédente, faits rapportés par le blessé et plaignant, Ismaël Gustave Barge.
Ce fut Hilaire Chrétienne Darcy qui leur ouvrit la porte. Elle semblait de fort méchante humeur.
Sur la demande des deux hommes, elle alla réveiller son neveu qui, visiblement, n’avait pas pris le temps de se dévêtir avant d’aller se coucher.
Après un bref entretien, sur les évènements de la nuit, le maire conclut :
« Alors, vous ne niez pas l’agression de cette nuit ?
-          Bah non ! mais, j’ me souvens de ren !
-          Pouvez-vous nous remettre le couteau avec lequel vous avez frappé Ismaël Barge ?
-          Quel couteau ? J’ai point d’ couteau !
-          Où l’avez-vous caché ou jeté ?
-          J’ sais point moi !
-          Cette arme était bien à vous ?
-          J’sais point non plus ! J’ai un couteau, oui, mais j’ sais point où i’ s’ trouve !
-          Puisque c’est ainsi, nous le découvrirons bien. Nous allons perquisitionner le domicile de votre oncle où vous logez actuellement.

Au mot « perquisition », Hilaire Chrétienne Darcy se rembrunit de plus belle et commença à émettre quelques oppositions.
Elle dut pourtant se résigner, affichant, tout de même, son mécontentement à cette intrusion dans sa vie privée.
« C’ gamin, i’ nous apporte que des ennuis ! J’ savais qu’en l’ prenant, c’était point une riche idée ! »

Elle regardait, tout à tour, les deux représentants de l’ordre fouiller ses affaires et son neveu, d’un œil noir ! Furieuse, elle ne put s’empêcher de lancer :
« Et c’est qui, qui va ranger tout c’ désordre, hein ? Vous croyez qu’ j’ai qu’ ça à faire ? »
Puis elle quitta la pièce, y revenant quelques minutes plus tard, en s’écriant :
« C’est y pas ça qu’ vous cherchez ? »
Dans sa main, se trouvait un couteau dont la lame était maculée de traces de sang.

L’affaire était réglée.
Cet objet était la preuve que Jacques Hilaire Duval était bien le coupable.

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La plainte n’alla pas plus loin.
Tout cela n’était qu’une affaire de famille comme il y en avait tant !

Les familles Barge, Darcy, Duval et Mettayer avaient, toutes, un lien de parenté, à divers niveaux.
Dans les villages, on ne va pas chercher bien loin pour se marier. Pas vrai ?

D’ailleurs, pour vous le prouver, je peux vous attester que :

Jacques Hilaire Duval épousa, le 2 décembre 1865, à Ecquetot, Désirée Ephémie Mettayer, fille de François Vincent Mettayer et Marguerite Darcy.
Qui étaient les témoins ?
Pierre François Mettayer et Benjamin Théophile Mettayer, deux des frères de la mariée.


Ismaël Gustave Barge, né le 13 mai 1825, à Ecquetot, fils de Louis Modeste Barge et Agathe Aimée Augustine Martin, était un petit neveu de Henriette Barge, mère de Jacques Hilaire Duval.

Alors ?  C’était bien une histoire de famille ? Oui ? Non ?

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Et comme il est fortement conseillé de ne jamais se mêler des histoires de famille, laissons-les tous à leurs querelles, se critiquer, se rabibocher, s’insulter, se poignarder et s’inviter...... et ainsi de suite.......
N’est-ce pas cela le plaisir de la famille ?



Ecquetot, une plainte trouvée dans les pages du registre
des délibérations du Conseil Municipal.
Un évènement qui s’est produit
le 10 juin 1850, à deux heures du matin.

mardi 12 juin 2018

CONTE POUR LES ENFANTS SAGES ....... ET TOUS LES AUTRES - Qui a volé les nuages ?



Chapitre 2

Une petite voix se fit alors entendre, tellement petite qu’elle faillit ne pas être perçue...... et je peux vous assurer que cela aurait été fort dommage !
« Maman, qui a volé les nuages ? »
Qui avait formulé cette question ?
Les animaux se regardèrent, interrogateurs.
A qui appartenait cette toute petite voix.
A la gazelle ?
Apparemment, non, car elle montrait le même étonnement que les autres animaux.

Alors, apparut, de dessous le pelage de maman lionne, un tout petit nez, tout rose, armé de longues moustaches, et deux petits yeux pétillants de malice.

« Voler les nuages ! s’esclaffa l’hyène. La girafe, à la rigueur, pourrait les atteindre, et encore ! »
Elle se roulait à nouveau dans la poussière, qui se répandit, en nuages, sur les autres animaux.
Puis, elle ajouta :
« Ou peut-être encore le singe ! Pour atteindre les nuages, il faut être vraiment malin ! Malin comme un singe ! »

« Mais, il a raison, ce petit, s’écria l’hippopotame, dans un grognement presque féroce, sensé faire taire les rires excessifs de l’hyène, pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! »
Tous les regards allaient du ciel à l’hippopotame, en passant par le petit lionceau.
« Bah voyons, c’est évident ! poursuivit l’hippopotame. Bah oui ! La pluie tombe bien des nuages ! Et depuis bien des jours, les nuages ont disparu ! »

Visiblement, c’était une évidence, mais que pouvait-on  faire ?


Prochainement........  le chapitre 3.


mercredi 6 juin 2018

UN MOT UN PEU VOLEUR !


Un mot que j’ai chapardé dans les pages de mon dictionnaire !

D’où vient ce mot, « chaparder» !
·         Peut-être de « Chapar », en sabir algérien ?
·         Peut-être aussi du provençal « acapa » ?
Les deux mots signifiant « dérober ».

Peu importe d’ailleurs, car ce mot est toujours employé de nos jours pour parler de petits larcins, de petits vols d’objets sans grande valeur.

Une chaparderie (1863) devint un chapardage (1871), mais son auteur fut toujours un « chapardeur » ou « une chapardeuse » (1859).

Je viens d’employer un autre mot..... « larcin ».....

Tiens, tiens !! Encore un petit vol ?  

Oui, mais un « larcin » ne fut pas toujours un « larcin », il ne le devint qu’à partir de 1246. Avant, et cela depuis 1130, c’était un « larrecin », du latin « latrocinium », en clair pour ceux qui n’aurait pas de décodeur : « Vol à main armée, brigandage ».
En fait, ce mot perdit de sa violence avec le temps et prit la même valeur que « chapardage » : « vol d’objet de peu de valeur, en cachette, furtivement ».

Attendez un peu !
Saviez-vous qu’il existait des « larcins d’amour » ? Joli ! Non ?
Et oui, mesdames, et ils existent encore ces larcins-là, et ils existeront dans les temps à venir.

Les « larcins d’amour » sont les « faveurs obtenues auprès d’une femme » !!
Ne sentez-vous pas dans cette locution une légère, très légère, résistance féminine à se livrer ?
Ne leur vole-t-on pas, à ces femmes sages, pudiques et réservées, leur assentiment, malgré les règles de la bienséance ?

Là où je m’insurgerai toutefois, dans le cas présent, c’est que le larcin est désigné comme vol de peu de valeur !!
Dans un « larcin d’amour », vol consenti et accepté, certes, « l’objet volé » me semble, toutefois, inestimable...... d’autant plus dans les siècles passés.....



  Pour cette petite histoire autour d’un mot,
Je me suis aidée du
« Dictionnaire historique de la langue française » Le Robert

HISTOIRE DE VILLAGES.... HIER ET AUJOURD'HUI !


Excès de vitesse !

Il fallait si attendre.
Depuis que circulaient ces nouveaux engins automobiles, la vitesse dans les communes allait devenir un vrai problème.
A croire qu’ils étaient fous ces automobilistes. Fous de vitesse et cherchant à aller de plus en plus vite.
Il était certain que des accidents allaient se produire, des accidents mortels, bien sûr !

Alors les maires prirent les dispositions qui s’imposaient.


En mai 1911, monsieur le Maire de Villettes et son Conseil Municipal  décidèrent de concert :
« Considérant que la traversée de la commune, vu les nombreux détours que présente la voie de communication, est assujettie à des accidents nombreux sus à la trop grande vitesse des automobiles, le Conseil Municipal décide que sur tout le parcours de la commune, l’allure ne pourra désormais dépasser huit kilomètres à l’heure. Les procès verbaux seront dressés par les autorités compétentes contre les délinquants. »


Dans une commune voisine, celle de Saint-Aubin-d’Ecrosville, l’inquiétude fut similaire, mais quarante ans plus tard, sûrement en raison de la multiplication des engins de toutes sortes circulant sur les routes.

6 avril 1950 - Saint-Aubin-d’Ecrosville.
« Arrêté du maire sur la vitesse des véhicules automobiles dans la commune.
1.      La vitesse des autos ne pourra dépasser 40 kms/h sur le territoire de la commune.
2.      La vitesse des poids lourds (camions – tracteurs) ne pourra dépasser 25 kms/h sur le territoire de la commune.
3.      Le garde-champêtre est chargé de veiller à l’application dudit arrêté. »

En juin 1950, le Préfet à qui avait été soumis cet arrêté l’approuva entièrement.

Ce problème ne serait-il pas toujours d’actualité ?
Et à bien y réfléchir, depuis quelques décennies, la vitesse autorisée dans la traversée des villes ne souffre pas réellement d’inflation, elle, pas comme le prix du carburant !
La voilà arrivée à 50 kms/h avec des zones à 30 kms/h...... d’ici peu, elle diminuera peut-être encore, sait-on jamais..... jusqu’à arriver à 8 kms/h.
A cette vitesse-là vaut mieux aller à pied........
Chut ! Ne mettez pas cet écrit sous les yeux de n’importe qui..... Il pourrait donner des idées qui risqueraient de fâcher.

Petit article écrit après avoir découvert, dans les anciens registres de
délibérations municipales, que la « prévention routière »
 réduisant la vitesse des véhicules automobiles
n’était pas un fait nouveau.
Ce texte qui j’espère vous amusera,
 est évidemment en lien avec l’actualité,
puisque en juillet prochain la vitesse autorisée,
sur les routes secondaires, va passer
de  90 kms/ h à 80 kms/ h. !!

Comme le disait si bien Jean Yann :
 « Je hais les routes départementales ! »

lundi 4 juin 2018

CONTE POUR LES ENFANTS SAGES...... ET TOUS LES AUTRES - Qui a volé les nuages ?


Qui a volé les nuages ?

Chapitre 1


Un soleil de plomb écrasait la savane.
Dans cette atmosphère lourde et étouffante, même les tam-tams s’étaient tus !
Le silence...... Un silence oppressant !

Sous un baobab, plus que centenaire, prodiguant une légère ombre à peine rafraîchissante, les animaux, atterrés, s’étaient rassemblés.
Le ciel, au-dessus d’eux, immobile, s’étalait en bleu intense jusqu’à l’infini.
Pas le moindre petit nuage cotonneux annonciateur de quelques petites gouttes de pluie.
Rien que ce bleu déprimant, desséchant, assoiffant.....

La mare, non loin de là, au plus bas de son niveau, montrait un bord sec et craquelé. L’hippopotame ne pouvait plus s’y baigner, l’eau n’atteignant à peine que le bas de son ventre.
Bientôt, les animaux mourront de soif !


Voilà pourquoi les animaux, sous le baobab plus que centenaire qui, protecteur, étirait ses branches pour accroître l’ombre autour de son tronc, s’étaient réunis en un « palabre », afin de débattre sur la situation dramatique et de trouver, au plus vite, une solution.
Mais, sous ce soleil harassant, l’énergie manquait.
Tous ces animaux étaient..... Comment dire ? « Ramoumous » ?
Oui, c’était cela ! Au ras du sol et mous !
Oui, mous, à tel point qu’ils adhéraient à celui-ci !

L’éléphant éventait la petite communauté d’un mouvement continuel et régulier de ses larges oreilles, mais cette action épuisante pour l’animal, ne procurait qu’un léger souffle tiède, insuffisant pour rafraîchir l’atmosphère.

L’hippopotame était de fort mauvaise humeur. Il grognait plus que de coutume. D’ailleurs, était-ce lui qui grognait, ou son estomac qui criait famine ?
« Je vais finir par maigrir avec ce manque de nourriture ! Et qui pense à mes bains de boue ? Hein ! Personne, apparemment ! »

La gazelle d’une voix fluette répondit, agacée :
« Toi ? Mais, il n’y a pas que toi ! Tout le monde à faim ! Tout le monde à soif ! »

Le zèbre confirma les dires de la pauvre gazelle :
« L’herbe est brûlée, partout ! Nous sommes tous dans la même galère ! »

Le singe, perché sur une des branches du baobab plus que centenaire, s’épouillait. Il lança à son tour :
« Et les cacahuètes ? Hein ? Mais, personne ne s’en soucie ! Lorsqu’on les arrache, elles sont toutes grillées ! »

A cette dernière réplique, les animaux entendirent les éclats de rire de l’hyène. Elle se roulait dans la poussière en se tenant les côtes. Quelle hilarité !
L’hyène hurlait :
« Cacahuètes grillées ! Cacahuètes grillées ! Il faut mettre cela sur le marché, on fera fortune ! »

Les animaux excédés, mais sans force pour répondre à cette stupide réflexion, levèrent les yeux au ciel.
Le ciel ! Il les narguait, ce ciel, avec son bleu intense et sans nuage ! 

La savane, écrasée par cette canicule, affichait une telle désolation de sécheresse que les animaux en auraient pleuré. Il n’y avait, en fait, que l’hyène qui riait !

Après avoir énuméré les conséquences de ce désastre.
Après avoir lancé aux esprits de la savane leurs doléances.
Les animaux s’interrogèrent sur la façon de remédier à ce fléau.