Dans le dernier chapitre, nous avons rencontré
plusieurs personnages.
Il m’est apparu important de vous en parler plus
amplement.
Pierre Daniel Huet, Évêque
d’Avranches
Né le 8 février 1630 à Caen. Décédé le 26 février 1721 à Paris.
Issu d’une famille de confession protestante, Pierre Daniel Huet
perd ses parents alors qu’il n’a que cinq ans. Il est alors adopté par l’épouse
du mathématicien Gilles Macé.
Élève brillant, Pierre Daniel fait ses études au collège
des Jésuites de Caen et aussi auprès du pasteur Samuel Bochart.
À l’âge de vingt ans, il est reconnu comme un des savants les
plus prometteurs. Pierre Daniel s’installe alors à Paris en 1651 et rencontre
Gabriel Naudé, bibliothécaire du Cardinal Mazarin qui deviendra son ami.
Quelques dates importantes de la vie de Pierre Daniel Huet :
·
1662 : il est membre de
l’Académie royale des Belles-Lettres de Caen.
·
1662 : il crée une académie
de physique à Caen.
·
1670 : Bossuet, précepteur
du Dauphin, le prend à ses côtés comme sous-précepteur.
·
30 juillet 1674 :
l’Académie française lui ouvre grand ses portes.
·
1684 : il entre dans les
ordres.
·
1685 : il est nommé Évêque
de Soissons.
·
1692 : Évêque d’Avranches.
·
1699 : il emménage à
l’abbaye Saint-Étienne de Fontenay au sud de Caen.
Pierre Daniel Huet, savant, théologien averti, philosophe
polémique, mondain, grand exégète et apologiste des Écritures, Académie
française....., décède le 26 février 1721 à Paris
Nicolas Joseph Foucault
– Marquis de Magny
Fils
de Joseph Foucault (Secrétaire du roi,
Grand maréchal féodal de l’abbaye de Saint-Denis en 1650, conseiller d'État,
secrétaire du conseil, directeur des finances et intendant de Caen) et de Marie
Metezeau, Nicolas Joseph Foucault voit le jour le 8 janvier 1643 à Paris.
Diplômé en
philosophie et en droit, il débute au barreau de la manière la plus brillante.
Il obtient rapidement la place de procureur-général aux requêtes de l’hôtel,
puis au grand conseil pendant trois ans, comme avocat-général. Le Roi le
distingue et lui accorde la charge de maître des requêtes.
Dans les différentes
généralités où il réside (Montauban, Pau, Poitiers, Caen), il exerce la
fonction d’intendant de la généralité. Dans ces villes, il fait construire des
ponts et des routes, fonder des hôpitaux, des écoles et des chaires publiques.
En 1705, il favorise le réveil de l’Académie des sciences, arts et
belles-lettres de Caen.
Louis XIV, au vu des longs services de Nicolas Josep
Foucault, l’appelle à Paris, et le nomme conseiller d’État. Il devient aussi
chef du conseil de Madame.
Il meurt, âgé de
soixante-dix-huit ans, le 17
février 1721.
Tout
au long de sa vie, il a réuni une bibliothèque exceptionnelle.
Guillaume
Mauquest de la Motte
Baptisé le 27
décembre 1655 à Valognes – Décédé le 27 juillet 1737 dans cette même ville.
Fils de François
Mauquest et de Perrette Le Quertier, Guillaume Mauquest de la Motte est baptisé
le 27 décembre 1655, par Nicolas Morin, prêtre-vicaire de Valognes, et nommé
Guillaume par Guillaume Giot et Marguerite Le Chevalier, ses parrain et
marraine.
Guillaume Mauquest
de La Motte fait ses études de médecine à Paris et étudie plus spécialement
durant cinq ans la chirurgie à l'Hôtel-Dieu. Après ses études, de retour à
Valognes (Manche), il exerce pendant plus de cinqtante ans le métier de
chirurgien et d'obstétricien. Il acquiert rapidement une grande réputation et
une clientèle à sa mesure.
Instruit, habile,
soigneux, d'une immense probité, il s'impose vite à l'attention de tous, à celle
des malades, mais aussi à celle de ses confrères, deux médecins, MM Doucet et
Bérot, et trois chirurgiens, MM. des
Roziers, Frémont et La Perronnière.
Sa réputation
s'étend bien au-delà de Valognes : Falaise, Avranches, Pont-l'Évêque,
jusqu'à trente lieues de distance qu’il parcoure à cheval.
Ses
ouvrages sont le fruit de ses expériences professionnelles et sont plusieurs
fois réédités :
·
Traité d'accouchements (naturels, non naturels, et contre nature,
expliqués dans un très grand nombre d'observations, et de réflexions sur l'art
d'accoucher).
·
Traité de chirurgie.
Guillaume
Mauquest de la Motte épouse le
10 avril 1684, Marguerite Laisné. Il a 27 ans, elle 25.
Sept
enfants naissent de leur union, mais aucune trace de cinq d’entre eux.
Seulement deux retrouvés dans les actes :
·
Catherine Léonore Mauquest de la Motte. Elle épouse,
le 14 février 1723, Sébastien Le Barrier, chirurgien juré à Saint-Lô. Elle
décède dans les trois années qui suivent cette union.
·
Jean-François, né le 23 mai 1698, ne montre aucun
goût pour la médecine et encore moins pour la chirurgie. Il décède le 17
octobre 1754 à Valognes.
Dans ses mémoires, Guillaume Mauquest parle des plaies de la langue « très
incommodes mais faciles à guérir » et voilà ce qu’il a écrit dans l'Histoire
des Pratiques superstitieuses. (In-folio -Tome XI) :

« Je vis encore une
guérison de cette partie assez prompte, qui fut en la personne d'une espèce de
Prophétesse, qui vouloit établir en ce païs les fondemens d'une secte et qui
s'étoit attiré par là un grand nombre de partisans de tout âge et de tout sexe
; elle se nommoit Marie Bucaille et avoit des extases et des révélations
merveilleuses avec des transports de son corps en plusieurs endroits, dans le
tems même que la Justice informoit contre elle, et qu'elle étoit étroitement
renfermée dans un cachot où je l'allai voir plusieurs fois, pour remédier à ses
infirmités. La Justice, l'ayant trouvée criminelle, la condamna, pour
l'expiation de ses crimes, à être flétrie avec les verges par trois jours
consécutifs, à faire amende honorable et à avoir la langue percée avec un fer
rouge par la main du bourreau : ce qui fut exécuté ; ensuite je ne donnai qu'un
peu de miel rosat pour lui appliquer dessus la plaie, dont elle fut
parfaitement guérie en très peu de tems, sans qu'il lui en restât aucune
incommodité. »"
Guillaume
Mauquest de la Motte, chirurgien, obstétricien au diagnostic sûr, possédait une
maîtrise opératoire exceptionnelle. Un praticien très réputé et en avance sur
son siècle.
Je vous
donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle aventure....