jeudi 30 août 2018

Des mots toujours des mots..... j’en ai à revendre !!




En cette fin de mois d’août, alors que se profile à l’horizon la rentrée automnale, pensant comme beaucoup, que la fraîcheur venant, il va falloir penser à remettre une « petite laine », j’ai fait du tri dans mon armoire.

Alors là ! Que de frusques !

 « Frusque » de « frusquin ».  Origine incertaine, mais, car il y a toujours un « mais », ce mot viendrait, peut-être, d’un adjectif utilisé vers 1360, « frisque » qualifiant un individu « pimpant », bien mis. « Frisque », mot étant, lui-même,  l’altération d’un autre adjectif « fresche », ancien féminin de frais.
Mais..... Il serait peut-être également issu ce « frusquin », de l’italien « frisco » provenant de « frustulum » - en latin – désignant des morceaux : pièces de vêtement, pièces d’outillage, pièces de monnaie......

Que peut-on tirer de tout cela ?
·         Un homme bien  frisque attire le regard.
·         L’air devient frais et la température fresche.
Petite parenthèse : le mot « fresche » (de frusquin désignant des morceaux dont des pièces de monnaies) est employé en argot pour désigner l’argent.
·         Mon armoire contient un frusquin pêle-mêle qu’il faut que je range : pulls, jeans, chemises, gilets et saint-frusquin....
Ce saint-frusquin-là n’a rien de religieux, depuis 1740, il se place à la fin d’une énumération non achevée, prenant la signification de notre usuel « Etc.. ».

Les frusques, nom féminin pluriel, datent de 1790. Pas celles rangées de mon armoire, non !
C’est un mot argot désignant les habits, mais pas des habits neufs, loin de là, mais plutôt des hardes.


Harde !
Depuis 1480, se dit de l’ensemble des effets personnels, quel que soit leur état.
Vers 1771, à l’usage et avec l’usure, ces hardes prirent l’apparence de pauvres vêtements usagés, voire en lambeaux.

Heureusement, je n’en suis pas encore là avec mes frusques.

Prenant de l’âge, moi qui marche tout le temps pieds nus, je pense que je vais enfin m’acheter des pantoufles !


Des pantoufles !
1480 – Chaussures à semelle épaisse et à haut talon portées par les élégantes.
1490 – Chaussons souples placés à l’intérieur des chaussures.

Petite question : Les élégantes mettaient-elles des pantoufles dans leurs pantoufles ?

Vers 1800, la pantoufle devint le symbole de la bourgeoisie tranquille, selon Baudelaire.

Mais aussi le symbole de la bêtise. (Rien à voir avec Baudelaire)
·         « Raisonner pantoufle » : bavarder sans suite
·         « Raisonner comme une pantoufle » : raisonner comme un pied.
De là, vous vous en doutez, l’expression : « Etre bête comme ses pieds ».

Alors, si vous n’avez pas encore la migraine, je peux ajouter :
·         Un pantouflier ou une pantouflière (1765) est une personne qui fabrique et/ou vend des pantoufles.
Une activité donnée souvent, par l’intermédiaire d’un fabricant, aux XVIIIème et XIXème siècles, aux personnes purgeant une peine d’emprisonnement.
·         Pantoufler(1676) : Parler sans arrêt
·         Pantouflard(e) : nom et adjectif. Individu aimant être peinard et se la couler douce.

Un pantouflard, pantouflier, pantoufle pour vendre ses pantoufles.

Ils ne sont pas « baths », ces mots ?
Bath !?
Nous verrons ce mot la semaine prochaine !
Patience ! Patience !

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