mercredi 8 août 2018

HISTOIRE DE VILLAGE - Histoire d'eau......


A l’eau ! A l’eau !

L’eau est précieuse. Sans elle, pas de vie possible.
Dans notre pays, aujourd’hui, il n’y a qu’à tourner le robinet pour qu’elle jaillisse et coule à volonté.

Mais, il n’en a pas toujours été ainsi, car dans les villages de campagne, l’eau n’est arrivée dans les maisons qu’après la Seconde Guerre Mondiale.
Avant, elle était tirée à la pompe ou au puits.

Remontons encore le temps jusqu’à la fin du XIXème siècle et arrêtons-nous sur le plateau du Neubourg.
Aucun cours d’eau.
Pour le ravitaillement en eau, pour les bêtes[1], les gens, les besoins quotidiens et la lessive, des citernes, recueillant l’eau pluviale, et des mares.
Des mares, justement, il y en avait, dans chaque village, un grand nombre et de tailles différentes.
Des mares communes, certaines réservées aux bêtes, d’autres pour la lessive, d’autres encore pour le quotidien de la population.
Des mares privées sur les terres des plus grosses propriétés, qui, parfois, étaient mises à disposition par le propriétaire, à ses proches voisins.

Cette eau indispensable à tous devait être protégée de toute pollution, aussi les maires prenaient les dispositions qui s’imposaient.
Pour preuve, ci-dessous, un arrêté municipal publié et affiché en décembre 1892.


Police Municipale
Arrêté concernant l’écoulement des eaux ménagères et des purins sur la voie publique.
...................
Considérant que les eaux ménagères et les purins emportés par les eaux pluviales des dépôts de fumier, boues et immondices formés dans les cours, salissent la voie publique et sort entraînés dans les mares communes et particulières ; qu’il importe de préserver les chemins et les mares, en général de l’influence insalubre de ces divers écoulements, arrête :
Article 1
Il est interdit aux propriétaires ou fermiers de la commune d’Ecquetot de laisser écouler hors de leurs propriétés et sur la voie publique, les purins et en général les eaux sales.
Article 2
Les contraventions aux dispositions qui précèdent seront constatées par des procès- verbaux et poursuivies conformément aux lois.

Le présent arrêté sera publié et affiché aux lieux accoutumés.
Fait à la mairie d’Ecquetot, le 22 décembre 1892.


Les articles de cet arrêté en disent long sur les fermes de cette époque.
Le tas de fumier qui trônait au milieu de la cour, non loin de la maison d’habitation et des bâtiments de la ferme. Ce fumier composé en grande partie de la paille souillée provenant des étables, sur lequel on venait déverser le contenu des seaux de nuit ou des pots de chambre et qui dégorgeait un liquide noirâtre et nauséabond dégoulinant sur le sol de terre battue jusqu’au chemin traversant le village.
Quel bouillon de culture grouillant de bactéries !
Quelle odeur alléchante !
Certes, c’était ainsi et personne n’y prêtait attention.
Oui, mais ces souillures, ingurgitées avec l’eau, provoquaient des dysenteries, maladie responsable d’une mortalité importante, notamment chez les jeunes enfants[2], les vieillards et les personnes fragiles.

Monsieur le garde-champêtre, en poste à cette époque, eut donc la charge de surveiller et de verbaliser......

Arrêté municipal trouvé dans
les registres de délibérations d’Ecquetot.


[1] J’ai noté, intentionnellement, les bêtes avant les hommes, car dans mes fermes elles étaient une priorité.
[2] En effet, il n’était pas rare que le lait des biberons, par souci d’économie, soit coupé avec l’eau puisée dans la mare.

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